Red is still undead

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vendredi, mai 16 2008

DSM-V

Prélude : ceci est un simple copier/coller d'un post écrit sur le forum de l'association trans' Sans Contrefaçon, ce qui explique le style moins travaillé que les autres billets :p

Pour donner un peu de contexte, le DSM (Diagnostic and Statistics Manual) est un outil de classification américain des maladies mentales. La version actuelle est la quatrième (DSM-IV). Parmi les maladies mentales se trouvent le «trouble de l'identité sexuelle» concernant les transsexuels, et le «transvestisme fétichiste» pour les travestis. On aurait pu espérer qu'une réforme de ce système améliorerait les choses de ce côté ; mais c'est mal barré.)


Bon si j'ai bien compris le DSM-IV devrait être révisé dans pas trop longtemps.

J'ai vu un billet ricain comme quoi l'assoce des psychiatres américains (APA) avait choisi des représentants on ne peut plus réacs poaur discuter là-dessus (j'ai trouvé ça via le blog Questioning Transphobia que je trouve intéressant pour suivre un peu ce qui se passe sur les questions trans' outre-atlantique)

Je copie/colle/traduis qu'une partie du post parce que j'ai la flemme, le reste est en anglais mais je vous encourage à lire.

Dans la "Task Force", nommé en tant que "chair" (responsable?) des Troubles Sexuels et d'Identité de genre, nous trouvons le Dr. Kenneth Zucker, du fameux Centre for Addictions and Mental Health (CAMH, auparavant le Clarke Institute) de Toronto. Dr. Zucker est connu pour utiliser des thérapies réparatives (i.e. "ex-gay") pour "guérir" les enfants gender-variant. Nommés dasn son groupe de travail, nous trouvons le mentor de Zucker, le Dr. Ray Blanchard, Chef des services de sexologie clinique au CAMH et createur de la théorie de autogynephilie, categorisée comme paraphilie et définie comme "la tendance paraphile d'un homme à être sexuellement excité par la pensée ou l'image de lui en femme".

Les Drs. Blanchard, Zucker, J. Michael Bailey (dont les traveaux ont même été jusqu'à toucher à l'eugénisme) et un petit cadre d'autres sont les «proposeurs» de diviser la population transsexuelle par l'orientation sexuelle ("transsexuels homosexuels" vs "autogynophiles") et se sont, de manière répété, opposées à la World Professional Association for Transgender Health (WPATH, auparavant HBIGDA), et ont de manière ouvertes «défiés» les Standards de Soins que maintient WPATH (modelé d'après les Standards de Soins originels développés par le Dr. Harry Benjamin) en faveur de techniques de conversion. Les «supporters» de Blanchard et Bailey incluent aussi le Dr. Alice Dreger, qui a re-stigmatisé le traitement des intersexes, le sexologue controversé Dr. Anne Lawrence, et le Dr. Paul McHugh, qui avait commencé sa carrière en lançant une croisade pour fermer la Clinique de Genre à Johns Hopkins University et en étant un de nos plus fervenst détracteurs.

Un danger additionnel dont les communautés gay et lesbienne doivent être informées est que si Zucker et compagnie fixent la thérapie de conversion dans le DSM-V, alors c'est une aussi étape claire et dangereuse vers une légitimisation des thérapies "ex-gay" et de re-stigmatisation de l'homosexualité.

(en m'excusant pour les anglicismes et les erreurs. Le terme "thérapie ex-gay" telle que je l'ai compris désigne une thérapie qui "guérirait" les homos en les rendant hétéros.)

Si je comprends bien le DSM n'est fait que par les psychiatres ricains, contrairement au CIM (classification internationale des maladies) qui vient de l'OMS. Cependant je pense qu'un changement, positif comme négatif, aurait des repercussions qui se limiteraient pas aux states.

Mise à jour du 15 Mai : il y a maintenant une pétition à signer !

Mise à jour du 16 mai: il y a aussi une page avec plus d'infos en français.

mercredi, novembre 21 2007

ENDA

J'avais suivi vaguement, uniquement par blogs interposés, le périple de l'ENDA aux états-unis. L'ENDA c'est une proposition de loi nommée «Employment Non-Discrimination Act» (que je traduirais par loi de non-discrimination à l'emploi), et qui a pour objectif de protéger les personnes LGB(T) dans l'entreprise.

Un débat houleux concernait l'inclusion, ou pas, des personnes trans' dans la formulation de la proposition. Si j'ai bien compris, au départ la proposition incluait les trans', puis les a exclus, puis a nouveau inclus, avant de les exclure finalement juste avant le vote.

(Si j'ai bien compris aussi l'état de cette loi, elle a été approuvée par le congrès, mais il est probable que Bush y mettra son véto.)

Le débat concernant les personnes trans' peut être résumée de manière assez simple : est-ce qu'il faut les exclure pour avoir une mauvaise loi qui ait une chance de passer, ou une bonne loi qui n'en ait presque aucune ? Je vais être radine en liens et me contenter d'un point de vue pro-inclusion des trans' et d'un anti sur l'état actuel des choses.

En gros le débat que j'avais suivi, on peut résumer les arguments suivants de cette façon :

Contre l'inclusion des trans' :

  • inclure les trans' réduit les chances de faire passer la loi ;
  • les trans' n'ont pas vraiment de rapport avec les homos, on sait pas trop pourquoi on se mélange avec eux. En plus eux ils peuvent se marier des fois alors qu'ils fassent pas chier.

Pour l'inclusion des trans' :

  • cette loi sera de toute façon «vétoée» par Bush ;
  • les trans' méritent autant d'être protégés que les homos ;
  • protéger les trans' protège aussi les homos, puisque la non-protection de l'identité de genre pourrait permettre d'exclure un gay effeminé ou une lesbienne butch non pas parce qu'il ou elle couche avec des personnes du même sexe mais parce qu'il n'est pas assez masculin et elle pas assez féminine.

Ce que je trouve intéressant dans ces débats, vu de ce côté de l'atlantique, ce n'est pas de savoir si le congrès avait ou pas une chance de voter cette loi et qui soutient quoi (en particulier il me semble quand même y avoir des enjeux politiciens que j'arrive difficilement à cerner), mais c'est que ça pose la question de la place des trans' dans les luttes LGBT. Même si ce n'est peut-être pas la meilleure manière de l'aborder je trouve que ça a le mérite de parler un peu de la quatrième lettre qu'on oublie la plupart du temps. Pour comparer à la situation française, je n'ai pas l'impression que l'exclusion des trans' de la loi anti-discrimination (qui pénalise les propos homophobes et considère l'homophobie comme circonstance aggravante dans les agressions, mais ne parle absolument pas ni de transphobie ni d'identité de genre) ait suscité autant de polémique en France. Ça ne veut pas dire que les associations prennent moins en compte les droits des trans'. De fait, pas mal d'associations relativement importantes comme Act-up, Sos-homophobie ou l'inter-lgbt ont pris position contre cette exclusion ; et je n'en ai vu aucune s'en féliciter. Cela dit ça reste des communiqués et l'avantage de cette polémique c'est d'exprimer ouvertement un point de vue qui n'est peut-être pas complètement absent chez les militant-e-s gay et lesbiennes et de forcer à ce que le débat ait lieu. Cela dit c'est peut-être aussi une façon de diviser le mouvement (même si j'ai plus l'impression que le clivage est surtout un clivage politique assez classique que l'on pourrait résumer sommairement par «jusqu'au-boutiste versus capitulard» plutôt que trans versus homo), et le fait que finalement les trans n'aient pas été couverts par la loi proposée est évidemment une mauvaise nouvelle.

Vu de France, j'avoue que je ne comprends pas trop ces histoires de congrès et d'amendements de dernière minute. Si j'ai bien compris il n'y a pas l'air d'avoir de mécanisme comme en France où une loi qui passe à l'assemblée peut être amendée par les députés et où du coup cette question serait forcément moins pregnante dans le mouvement LGBT. Pour être clair, il me semble que si ça devait se passer en France, les associations LGBT pourraient toutes soutenir la loi avec l'inclusion des trans', parce que comme elle n'est pas votée en bloc mais éventuellement amendée, des députés gay-friendly mais transphobes pourraient voter uniquement pour tels ou tels articles, ou encore proposer des amendemenst excluant les trans'. Autrement dit, la question de l'inclusion ou pas des trans' serait (et a été concernant la loi française dont j'ai parlé ci-dessus) uniquement dans les mains des députés et pas dans les associations.

Il y a autre chose qui m'interroge, c'est la question basique de la non-discrimination à l'emploi. je ne sais pas du tout comment fonctionne le droit du travail américain, mais il me semble bien préférable pour les travailleurs LGBT comme pour les autres d'avoir une loi cadrant précisément comment un licenciement peut avoir lieu, ce qu'est censé faire le code du travail en France, malgré le travail de la droite pour le démanteler. Laisser la liberté aux patrons de faire ce qu'ils veulent avec leurs employés (notamment avec le CPE/CNE, dont l'un a été refusé par la rue et l'autre par l'OIT) c'est évidemment leur permettre d'exprimer toute leur homophobie, leur transphobie, leur racisme, etc. Empêcher les discriminations au travail est évidemment nécessaire (notamment parce qu'il n'y a pas que les licenciements) mais, comme il est souvent difficile de prouver une discrimination (à moins que le patron soit très con et sorte ce pretexte), le meilleur moyen de protéger les travailleurs les plus vulnérables me semble être de protéger l'ensemble des travailleurs.

Évidemment lutter pour l'intégration d'une loi protégant les personnes homosexuelles est plus facile que de lutter pour avoir une meilleure protection du travail, mais personnellement ça m'a convaincue, si j'avais encore besoin de l'être, des liens entre la lutte de classe et les luttes LGBT.