Red is still undead

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dimanche, août 24 2008

Le meurtrier d'une trans' obtient des circonstances atténuantes

Non, malheureusement, ce billet n'est pas un doublon de celui posté il y a une semaine où le meurtrier présumé d'une trans' avait été acquitté.

Cette fois-ci, c'est en Philadelphie (USA) que le meurtrier d'Alexis King a été condamné pour «manslaughter» et non pas pour «murder» ; le terme «manslaughter» introduisant une notion similaire à des circonstances atténuantes (dûes à des circonstances ou à l'état mental de l'accusé).

Si le juge ne s'est pas justifié sur le verdict, il est probable qu'il ait retenu l'hypothèse de la défense consistant à plaider la «panique trans'», c'est-à-dire le fait de découvrir que la personne avec qui on est en train de flirter est un pénis et de «péter les plombs» en conséquence.

Comme souvent pourtant, cette hypothèse ne tient pas sérieusement la route lorsqu'on regarde les faits : ainsi, le meurtrier prétend que la victime lui aurait attrapé la main pour la placer sur son pénis, tandis que le médecin ayant tenté de la soigner témoigne que son pénis était replié et maintenu entre ses jambes ; le meurtrier décrit un comportement «sexuellement agressif» de la victime qui s'avançait vers lui, pourtant les impacts de balles proviennent du côté et du dos.

Ce que prouve ce verdict, comme tant d'autres, c'est que le simple fait qu'une victime soit trans' est une circonstance atténuante à un meurtre et que nos vies ne valent manifestement pas autant que celles des personnes cisgenres.

(Encore une fois, via Questioning Transphobia)

dimanche, août 17 2008

Le meurtrier d'une trans' sort libre

Kellie Telesford avait été retrouvée morte le 21 novembre l'année dernière. Dernièrement avait lieu le procès de son meurtrier, qui a finalement été acquitté. La raison est que la défense s'est attaquée à la victime, qui se trouvait être une femme trans' de couleur, expliquant par exemple que puisqu'elle était trans', elle avait la force d'un homme et aurait pu se défendre.

Au final la défense a avancé que la victime est morte lors d'un jeu sexuel, malgré le manque d'éléments dans ce sens (miroirs, jouets sexuels, etc.) et les contradictions dans le témoignage de celui que je continuerai à appeler le meurtrier.

Alors ne nous méprenons pas, je suis d'ordinaire tout à fait pour la présomption d'innocence, mais là j'ai comme l'impression que quand on parle de femme trans', et pas blanche de surcroit, on en revient toujours à rejeter la faute sur la victime.

Bref, je suis assez dégoutée par ce que je perçois comme un manque flagrant de justice.

Mise à jour du 20 aout: un article en français est disponible sur le site d'E-llico, C'est à pleurer de voir que le seul article qui parle de ça en français, qui plus est sur un site LGBT, parle «d'un transsexuel» et mélange allégrément masculin et féminin pour parler de la victime...

vendredi, août 15 2008

Transphobie dans la prison de Burgos (Espagne)

Voilà une information que j'ai reçue par e-mail et que je me suis contentée de traduire d'espagnol à français. Cela vient d'une association appelée l'ASAPA et concerne la situation d'une détenue transsexuelle.


LE CENTRE PENITENTIAIRE DE BURGOS MAINTIENT EN ISOLEMENT UNE DETENUE TRANSSEXUELLE, PENDANT QU'ELLE L'OBLIGE A SE DOUCHER AVEC LE RESTE DES PRISONNIERS

O.Q.M est transsexuelle et est détenue dans le Centre Pénitentiaire de Burgos. Depuis son arrivée là-bas, elle souffre d'atteintes à sa dignité personnelle et de manque de respect constants vis à vis de sa condition de transsexuelle.

Malgré l'existence d'une Circulaire spécifique aux Institutions Pénitentiaires vis à vis du respect de l'"Intégration Pénitentiaire des Personnes Transsexuelles" (Circular DGIP 7/2006) cela reste sans application.

Depuis son internement dans la prison pour hommes de Burgos, Kristina (dont l'identité officielle est masculine) a sollicité à d'innombrables occasions qu'on change l'horaire de ses douches pour sauvegarder son intimité et ne pas avoir à utiliser les douches collectives avec tous les détenus, puisque son apparence est féminice ; mais le centre n'a jamais autorisé un tel changement. Paradoxalement, on la maintient en isolement dans les horaires de patio et pour le reste des activités.

Le dernier 31 juillet on lui a refusé le droit à sortir au patio général avec le reste des détenus.

A l'ASAPA (NdT: Asociación de apoyo a presos y presas de Aragón, Association de soutien aux détenu-e-s d'Aragon) nous voulons dénoncer cette situation et rappeler qu'être privé de liberté est suffisamment dépréciateur pour la dignité humaine, les situations de ce type que nous rencontons jour à jour en prison étant complétement inadmissibles.


Il y avait aussi une lettre destinée au directeur du centre pénitentiaire de Burgos que je n'ai pas traduite puisqu'elle est a priori destinée à être envoyée ; mais je la joins ici.


CENTRO PENITENCIARIO DE BURGOS Carretera de Villalar, s/n 09071-BURGOS Fax 947.461.068

A/A DEL DIRECTOR DEL CENTRO PENITENCIARIO DE BURGOS

Desde la Asociación XXXXXXXX, asociación sin animo de lucro, con domicilio en XXXXXXXX, nos ponemos en contacto con usted ya que tenemos conocimiento de la vulneración de derechos que está sufriendo una persona interna de condición transexual trasladada recientemente al Centro Penitenciario de Burgos.

O.Q.M. (Cristina) es una persona transexual, con identidad oficial masculina aunque identidad sexual aparente femenina. A principio del mes de julio de 2008 fue trasladada de la cárcel de Logroño, donde estaba en un módulo de hombres, pero se le habían aplicado las medidas del la circular 7/2006 “Integración Penitenciaria de Personas Transexuales” en cuya disposición segunda se recoge la forma de actuación de actuación de los Centros penitenciarios relativa a los derechos y deberes de estas personas.

Sin embargo en desde su llegada a Burgos, O.Q.M. ha visto vulnerados sus derechos y deberes; pese a estar clasificada en 2º grado por la DGIIPP con fecha 26 de julio de 2008 se encuentra en la galería III, y no sale al patio con los demás compañeros, lo hace sólo con dos personas que tienen restringidas sus salidas al patio por la Audiencia Nacional . Pese a solicitar en varias ocasiones que se cumpliese su derecho de acceder al patio con el resto de compañeros de la galería, el Centro penitenciario se lo ha denegado.

Por otro lado, la interna ha solicitado al centro que le fuese habilitado un horario para poder ducharse separada de los otros internos como le han concedido en todos los centros penitenciarios que ha estado; sin embargo este derecho también le ha sido negado por parte del Centro penitenciario.

Finalmente, la interna nos hace constar a esta Asociación en sus escritos que desde el Centro Penitenciario de Burgos todavía se siguen dirigiendo a ella en masculino, sin respetar la Circular.

Por todo ello SOLICITAMOS a la DIRECCIÓN DEL CENTRO PENITENCIARIO DE BURGOS que de manera urgente adopte las medidas necesarias para cumplir la circular 7/2006 modificando las condiciones de vida de la persona presa C.Q.M., ponga fin a la vulneración de los derechos fundamentales de esta persona y se deje de causar daños a su integridad.

De Zaragoza, para Burgos a x de agosto de 2008

Fdo. X Presidentx de la Asociación XXX

STONEWALL aragón

crica per as disidenzias secsuals y de chenero colectivo por las disidencias sexuales y de género

lundi, juillet 28 2008

Rassemblements pour Rosa Pazos

Un peu en retard, mais pour signaler rapidement qu'aujourd'hui ont lieu en Espagne un certain nombre de rassemblement suite au meurtre de la militante trans' et anarchiste Rosa Pazos, assassinée le 11 juillet à Séville.

Je n'ai pas pu avoir à cette heure la traduction française du communiqué signé par un certain nombre d'organisations LGBTI, aussi je me contente de le résumer et de copier/coller la version espagnole.

Ils exigent notamment un éclaircissement des faits et le traitement du processus sous des conditions respectant la personne assassinée, de la part des autorités et des médias, dont le travail informatif a pour l'heure été offensant et transphobe.

Ils dénoncent la transphobie qui était présente dans la vie quotidienne de Rosa Pazos, notamment le fait qu'elle n'ait pas eu droit à de la chirurgie ou un changement de papiers parce que les personnes souffrant d'un diagnostic de "schizophrénie" ou une autre "maladie mentale" n'ont pas le droit de disposer de leurs corps.

Ils dénoncent aussi la transphobie quotidienne présente dans la rue, les lois, les médias. Ils demandent que l'Administration Publique assume ses responsibilités et effectue un travail sérieux pour l'intégration des personnes trans'.

Ils dénoncent la vulnérabilité dans laquelle se trouve les personnes trans' et la fréquence alarmante des meurtres dans des circonstances "étranges".

Enfin, ils revendiquent que le combat contre la transphobie est une lutte de tous et toutes et que la seule manière de combattre la transphobie quotidienne est d'apprendre à l'identifier et à la dénoncer dans tous les endroits où cette violence est produite.

(Merci aux camarades de la Guerilla Travolaka pour avoir transmis l'information.)


Comunicado por el asesinato de Rosa Pazos

La activista transexual y anarquista sevillana, Rosa Pazos fue asesinada el pasado 11 de julio en su domicilio. Organizaciones de minorías sexuales de todo el estado español han convicado concentraciones para este lunes como repulsa. Adjuntamos comunicado conjunto de estas organizaciones.

"El pasado viernes 11 de julio, Rosa Pazos, activista transexual de 47 años, fue hallada muerta en su domicilio de Sevilla. Tras someter su cuerpo a la correspondiente autopsia, el Instituto Anatómico Forense emitió un informe en cual se expresaba que Rosa había sido objeto de apuñalamiento.

Los grupos y colectivos firmantes de este manifiesto exigimos con carácter de urgencia:

1- El esclarecimiento de los hechos que rodearon la muerte de Rosa Pazos y ello a la mayor brevedad con el fin de evitar difamaciones sobre las causas asociadas a su muerte así como incrementar el dolor que ya de por sí supone para familiares, amigas/os y compañeras/os de Rosa.

2- La implicación en el caso del Fiscal General del Estado, Sr. Cándido Conde Pumpido con el fin de exigir y agilizar el esclarecimiento de los citados hechos.

3- El tratamiento del proceso bajo las condiciones de máximo respeto a la dignidad de la fallecida y de quiénes le rodean, tanto por parte de las instancias policiales y judiciales involucradas en el proceso como por parte de los medios de comunicación, cuya labor informativa sobre el caso de Rosa hasta el momento ha resultado extremadamente ofensiva y transfóbica tal y como se viene denunciando desde el conocimiento de la noticia. El respeto a la identidad de Rosa y a la intimidad de su persona descarta el sensacionalismo de los medios y el talante discriminatorio con el que hasta la fecha se ha abordado la noticia.

Al mismo tiempo, denunciamos la enorme transfobia que rodeó la vida cotidiana de Rosa, así como el hecho de que se le negara su derecho al cambio de documentación y acceso a la cirugía debido a que nuestro sistema de salud entiende que una persona con un diagnóstico de esquizofrenia o cualquier otra "enfermedad mental" no puede decidir sobre su cuerpo o su identidad de género. Esa era la denuncia de Rosa y sin duda también la nuestra.

Las transfobias cotidianas que se encuentran en las calles, en las leyes, en los medios de comunicación, etc, son las que impiden a muchas personas acceder a derechos básicos como el acceso al mundo laboral, el respeto a la propia identidad y el derecho a la autodeterminación del propio cuerpo lejos de la tutela psiquiátrica.

Exigimos que la Administración Pública asuma su responsabilidad y trabaje para la integración laboral y social de las personas trans. Exigimos un trabajo serio, a la altura de la gravedad y la importancia de la situación: no queremos más parches, creemos firmemente que la manera de evitar este tipo de situaciones es trabajar directamente desde la raíz del problema y hacerlo sin excusas. No es una propuesta seria ni consecuente aquella que aprueba una "ley de identidad de género" para evitar la discriminación y al mismo tiempo trata de enfermas a quienes manifiestan una identidad de género diferente a la mayoritaria. Diferente, no por ello patológica. Reivindicamos que se trabaje para deconstruir los estereotipos que asocian la identidad trans con lo extraño, lo monstruoso y lo perverso, por destruir todos esos mensajes que generan odio y nos convierten en marginados y marginadas sociales.

Denunciamos una vez más la extrema vulnerabilidad de nuestro colectivo y la más que alarmante frecuencia con la que nos encontramos casos de personas trans muertas en extrañas circunstancias.

Reivindicamos nuevamente que la lucha contra la transfobia es una lucha de todos y de todas, es un compromiso de quienes queremos construir una sociedad distinta. Que la única forma de acabar con estas discriminaciones y violencias que se visibilizan en las calles de nuestras ciudades, en los despidos, en la exclusión, en las agresiones verbales y físicas es identificarlas en nuestro entorno más cercano y denunciarlas en todo momento. Porque aunque desde los movimientos sociales luchemos para acabar con la transfobia, la verdadera lucha está en nuestras calles, nuestros barrios, nuestras escaleras, donde cada día se vive la violencia.

Por todo ello, los grupos abajo firmantes convocamos a todas las personas el próximo lunes 28 de Julio a las 18 horas para acudir a las concentraciones que tendrán lugar en las diversas ciudades en aras de exigir una investigación transparente de rigor y el cese de la transfobia que ha venido acompañando al tratamiento del caso de la muerte de Rosa Pazos.

Recordamos que los grupos de Barcelona, Bilbao, Donosti, Gastéiz, Galicia, Madrid y Zaragoza aquí firmantes realizamos ya una labor de observación sobre la evolución judicial y mediática del caso con objeto de denunciar cualquier tipo de injerencia o de vulneración que por acción u omisión pueda tener lugar durante el proceso. Así mismo, denunciaremos por los cauces formales pertinentes cualquier tipo de acto que atente contra la dignidad de la fallecida y en particular aquellos de naturaleza discriminatoria que se dirijan contra el respeto a la identidad de género.

BARCELONA - 18:00 - Frente a la sede de Delegación de Gobierno

BILBO - 19:30 - Plaza Circular Abando

DONOSTI - 19:30 - Frente al Boulevar

GASTÉIZ - 19:30 - Plaza de la Virgen Blanca

MADRID - 18:00 - Frente a la sede de la Fiscalía General del Estado (c/ Fortuny, nº4, Colón)

SANTIAGO DE COMPOSTELA - 20:00

CORUÑA - 21:00 - El Obelisco

ZARAGOZA - 20:30 - Plaza de España

SEVILLA - 20:00 - Pza. Barrio de la Barzola

Firman este manifiesto: Acera del Frente, Madrid Guerrilla Travolaka, Barcelona MariBolheras Precárias, Corunha Stonewall, Aragón Medeak, Donosti Mass Medeak, Bilbo Ehgam, Euskal Herria ATA (Asociación de Transexuales de Andalucía) 7menos20, Gastéiz Amasol, Aragón Asoc. madres y padres de lesbianas, gays, transexuales y bisexuales de Aragón ATURUXO (Federaçom de Associaçons LGBT da Galiza) Col·lectiu Gai de Barcelona Emaize, asesoría sexológica del ayuntamiento de Gasteiz Énfasis, Gasteiz Errespetuz-Asociación Vasca de Transexuales (Euskadi) Front d’Alliberament Gai de Catalunya Gaytasuna, Gastéiz Gaztehgam, Euskal Herria Grupo de Respuesta Antipatriarcal, Madrid Liberacción, Madrid Panteras Rosas, Galiza Nomepisesofreghao (feministas desgeneradas), Galiza Centro Social Atreu, Galiza Panteras Rosas, Sevilla Queer Ekintza, Bilbo RQTR, Madrid Towanda, Aragón Panteras Rosa, Portugal

vendredi, juillet 11 2008

Qu'un sang impur n'abreuve pas nos perfusions

Aujourd'hui, j'ai eu le droit à mon premier refus de me prendre mon sang.

(... Ou pas. En fait, je m'étais déjà fait éjecter parce que je venais d'être malade).

Je leur ai demandé directement, histoire de ne pas perdre de temps (je veux bien arriver en retard au boulot pour donner mon sang, mais quitte à ne pas le donner, autant le savoir tout de suite. Ou alors qu'ils me fassent au moins la piqure, histoire qu'on voit la marque et que ça me donne une excuse) : est-ce que vous acceptez les transsexuels ?

La réponse est : non.

Sur ce, l'infirmière a voulu me convaincre de rester pour avoir les explications du médecin, mais comme je devais aller bosser et qu'il fallait attendre, j'ai refusé. Je me disais aussi que je n'aurais qu'à chercher un peu sur Internet pour trouver la raison.

En fait, non. En cherchant "don du sang transsexuel" sur google, on ne trouve que des pages parlant de l'exclusion... des homos. Discrimination d'un côté, invisibilité de l'autre. (MàJ du 11 juillet : et ce billet. Aha !)

Enfin, discrimination... bon, moi en soi je m'en fous quand même un peu de pas pouvoir donner mon sang. Je veux dire, c'est pas dramatique. Maintenant, bon, vu qu'on est en manque de sang, je me dis que c'est con de se baser sur des préjugés pour ça.

Cela dit, je vais essayer de repasser discuter ce soir, parce qu'il y a peut-être des bonnes raisons, pour le coup. Je prends un traitement hormonal et c'est peut-être gênant pour le don du sang ; je le comprendrais tout à fait.

Par contre ça me ferait chier qu'on me considère comme «à risque» du point de vue du Sida parce que je suis trans', alors que, bon, faut être honnête, niveau risque de ce côté là, il n'y en a vraiment pas beaucoup, vu comment ma sexualité est à peu près aussi vive qu'un zombie (et je parle des vrais zombies tout morts et qui avancent pas vite, pas de ceux qui courent, hein).

Post-scriptum: après un coup d'oeil rapide sur les conditions pour donner son sang, il semblerait que certains anti-androgènes posent problème :

Par exemple, le délai d'attente après arrêt de Roaccutane (Acné), de Chibroproscar (Prostate), de Propétia ( repousse des cheveux), peut atteindre 1 mois.

Le Chibroposcar, c'est de la finastéride, et j'ai l'impression que le Propétia aussi (même si je l'ai vu sous le nom de «Propecia»), c'est-à-dire un anti-androgène assez léger. Du coup j'ai du mal à imaginer que l'acétate de cyprotérone (Androcur), qui est beaucoup plus lourd (c'est un castrateur chimique, quoi) ne me vaille pas une exclusion pour le coup assez légitime.

Post-post-scriptum (mise à jour du 11 juillet 2008): après être retournée dans un camion à sang et avoir discuté un peu, la réponse est : non, ça ne vient pas des médicaments, c'est parce qu'on est une population à risques.

Je lui ai demandé si moi, du coup, je pouvais quand même donner vu que, niveau rapport sexuel, ben voilà, euh, on va dire que y'a pas beaucoup de risque : nein.

Du coup, ce que j'en pense :

  • l'idée de population à risque, plutôt que de pratique à risque, je trouve ça idiot. Il me semble que ça manque complètement de finesse.
  • si les trans' sont une population à risque, est-ce qu'il ne faudrait pas axer plus de prévention vers ces personnes plutôt que de laisser quelques associations faire comme elles peuvent ? La seule étude sur la prévalence du Sida chez les trans' en France doit avoir une semaine et a été l'oeuvre d'associations et non pas du ministère de la santé. Donc d'un côté on se sert de la prévalence pour éjecter du don du sang mais de l'autre côté on ne fait rien pour réduire ce taux. Ça me fout un peu en rogne.
  • s'il y a un rejet de la population "trans'", je me demande sur quelle base ça se fait : autant pour les homos il y a un acte clair "relation sexuelle avec une personne de même sexe", autant pour les trans', euh... Si je retourne dans le même camion et que j'explique que je suis juste un mec qui s'habille en jupe parce qu'il a du sang écossais, je peux donner ? (Ah non, le sang du Royaume-Uni n'est pas trop apprécié non plus). Si je rejette l'appellation "transsexuelle", est-ce que je peux donner ? Ou alors c'est le simple fait de porter une jupe ou de parler au féminin quand on a un zizi qui fait rentrer dans une «population à risque» ?
  • ils m'ont quand même proposé une boisson, ce qui prouve qu'ils ne sont pas si méchants que ça, mais tout de même, ça n'empêche pas.

Post-post-post-scriptum (mise à jour du 18 juillet 2008): j'ai eu un témoignage d'au moins une personne trans' ayant pu donner son sang sans problème. Apparemment, il faut juste ne pas y aller avec ses gros sabots et demander «vous prenez les trans' ?». Si on remplit juste le formulaire, ça passe. (Ça dépend peut-être des médecins, aussi.)

mardi, juin 10 2008

Un (autre) mariage annulé

Oui mais attention, c'est pas pareil. Là, je doute que beaucoup ne se mette à râler. Je sais pas pourquoi, je ne dois pas avoir la foi en l'humanité (et très honnêtement, j'ai même pas foi en Rouge, là-dessus).

Donc, il y a aurait eu un mariage annulé parce que le mari s'est révélé transsexuel.

Je dis «aurait» parce que je n'ai vu qu'une source (l'AP), même si l'information a été reprise sur des sites plutôt fiables comme Le Figaro. Bon OK on peut trouver que le Figaro c'est un peu à droite et par conséquent pas tellement fiable vu que c'est la voix du Kapital, mais c'est soit ça soit un blog du Front National (bon, j'exagère un peu, je l'ai vu aussi sur un autre site et sur 20 minutes, mais je retrouve plus).

Donc, conditionnel.

L'article en lui-même est déjà intéressant, je trouve. Prenons le titre :

« Marne: le futur marié était une femme»

Et hop, on est déjà dans le bain de la transphobie journalistique ambiante. Y'a eu quelques articles sur les trans' dernièrement (par exemple sur le licenciement condamné, voire billet précédent) et rien qu'en voyant si les journalistes en parlent dans le bon genre on peut voir la sensibilité.

C'est-à-dire qu'en général les journaux de gauche font une ou deux erreurs en mettant un "il" au lieu d'un "elle" ou vice-versa, souvent sur le mot «transsexuel» (par exemple en parlant d'«un transsexuel» alors que pour le reste de l'article ils disent «elle»).

Pas Le Figaro. À vrai dire, même le texte du blog du Front National est moins pire (bon ils ont juste recopié l'article de «L'union», il faut dire). Tout du long, on a droit à «cette femme» et au féminin.

Bref, le fond de l'histoire, pour ceux qui auraient pas lu: un mariage était prévu, et quelqu'un s'est rendu compte que le mari était en fait de sexe féminin ; et non pas «une femme» comme le sortent les connards de journalistes racoleurs, puisqu'apparemment le subterfuge était parce qu'il ne pouvait pas se payer une opération pour avoir droit au changement d'état-civil légal.

Le maire a donc illico annulé le mariage prévu (qui n'avait pas eu lieu, donc pas besoin de passer devant un juge), et le mari se retrouve accusé de faux et usage de faux.

Alors, bon, pour la femme c'est vrai que c'est pas super cool puisqu'apparemment elle n'était pas au courant. J'espère pour eux que leur histoire ensemble s'arrêtera pas là à cause de ça, parce que si on aime vraiment quelqu'un c'est dommage de s'arrêter à juste une histoire d'organes génitaux.

Mais à vrai dire, ce qui me paraît le plus important, c'est cette histoire de faux et d'usage de faux.

Je pense que, si cette histoire est avérée et n'est pas juste un fantasme cauchemardesque du Figaro (je pense pas que ce soit ça, quand même), nous devrions nous mobiliser là-dessus.

Parce que, oui, il y a «faux» et «usage de faux», ça ne fait pas de doute. Mais ce n'est qu'en réaction à la transphobie de l'état. Ce faux et usage de faux, c'est presque de la désobéissance civile, c'est dire que ton genre n'est pas celui que ce putain d'état a défini pour toi.

Il se trouve que moi aussi, je pourrais être condamnée pour «faux» (pas usage de faux, parce qu'on me demande jamais mes papiers vu que je suis bien blanche) puisque j'ai grossièrement modifiée ma carte d'identité (bon avec un bon avocat le fait que ça soit grossier et qu'on puisse difficilement le prendre pour un vrai devrait m'éviter la prison, mais n'empêche) pour dire que merde, «enlevez votre sexe de mon état-civil», pour reprendre un slogan que j'avais vu sur une pancarte des Panthères Roses.

Alors je ne sais pas si toute la communauté politique se lévera en choeur pour défendre ce gars (ni même s'il voudra se défendre, ce que j'espère, en tout cas pour cette histoire de faux et usage de faux) ; j'en doute un peu, mais je crois honnêtement que le sujet le mériterait.

Un licenciement transphobe condamné

Bonne nouvelle : un employer qui avait licencié une transsexuelle sans autre raison valable que sa «transition» a été condamné par les Prud'hommes. Un article plus complet est sur le blog d'Alain Piriou.

Même si la transphobie n'est pas reconnue par la loi, le jugement se base sur l'égalité entre les sexes : en gros si j'ai bien compris la logique, si le traitement est différent (en l'occurence licenciement) après «changement de sexe», il y une discrimination par rapport au traitement qu'il y avait dans «l'autre sexe» et donc discrimination basée sur le sexe.

C'est plutôt une bonne nouvelle qui tend à montrer que les discriminations transphobes peuvent être partiellement reconnues. Cependant je pense qu'il ne faut pas pour autant abandonner l'idée de faire reconnaître la transphobie comme une discrimination spécifique (bon ok, dans les faits j'ai quand même l'impression que ça fait un bail que la majorité des associations ont abandonné l'idée, si elles l'ont jamais eu, m'enfin bon, on se comprend) : en effet je ne vois pas comment il serait possible par exemple de condamner un propos transphobe (du genre «sale travelo» et compagnie).

Cela dit, ça reste quand même une bonne nouvelle : les trans' ne sont pas aussi sans-droits que certains ne le voudraient.

mercredi, mars 12 2008

Nouvel assassinat d'une trans' au Portugal

Deux ans après l'assassinat de Gisberta, une femme trans a à nouveau été assassinée au Portugal (voir le blog de Stef avec la traduction française du communiqué des Panteras Rosa pour plus d'informations). Une fois encore, le traitement par les médias est honteux.

Un appel à une action internationale est proposée, que je relaie ici.

PORTUGAL , A NOUVEAU UNE TRANS VICTIME DE MEURTRE

APPEL ACTION INTERNATIONALE :

action internationale : au choix le 24, 25 ou 26 mars

Qu'une veillée soit faite , avec des bougies en la mémoire spécialement de Luna et de touTEs les

trans victimes de transphobie. Ce part de nombreux petits ou grands groupes dans de plus de villes (petites au grandes)

possibles. Avec des pancartes , dans les villes où il y a ambassade ou consulat Portugais devant ceux ci ,

dans les villes où il n'y en a pas , sur des places , devant des ministères européens , devant des

hôpitaux psychiatriques ou ,là où transphobie se construit . Nous suggérons ces textes : Luna trans 42 ans brésilienne , prostitituée assassinée a Lisbonne . Statistiquement combien de fois unE trans a plus de risques que vous de agresséE? assassinéE ? Selon les pays la proposition de ce texte : Stop aux lois transphobes a quand une loi contre la transphobie ? ou pour les pays qui n'ont pas encore légiféré la transphobie A quand une loi contre la transphobie ? Cette situation n'est pas propre au Portugal elle est internationale et la lutte doit se faire

ensemble . (Au niveau pratique organiser par petits groupes dans les différents lieux sera plus facile a

organiser que de demander aux personnes de se déplacer vers les ambassades portugaises qui sont

concentrées sans les capitales .) Nous vous demandons de diffuser cette action d'y participer nombreuses et de faire suivre vos

comptes rendus , photos, articles de presse a l'adresse suivante

panteras.lisboa@gmail.com

Voilà je sais pas trop quoi dire d'autre et c'est surtout du copier/coller mais ça me paraissait urgent de relayer

mardi, février 12 2008

Transphobies

Une femme trans' s'est faite assassiner à New York. , dans le Bronx.

Le traitement des journaux est assez formidable.

Par exemple, pour le New York Daily News :

A transgendered prostitute was stabbed to death in the Bronx Saturday by a customer who was apparently surprised by the hooker's true sex

Une prostituée transgenre a été poignardée à mort dans le Bronx dimanche par un client qui a apparemment été surpris par le vrai sexe de la pute

Donc déjà, on sent pas du tout la volonté d'excuser l'acte. Elle était pute, et le client a été supris, donc c'est normal de poignarder, hein ? C'est elle qui l'a trompée.

Mais le pire est à venir.

The victim - a 25-year-old man who dressed like a woman -

La victime - un homme de 25 ans qui s'habillait comme une femme

Même dans la mort, il faudrait surtout pas respecter le genre dans lequel se définissait cette personne. Non, c'était un homme qui se déguisait en femme.

Ah, et pour finir (enfin non, pas vraiment)

Stewart, more than 6 feet tall, was known to wear stylish, provocative outfits with towering high heels, neighbors said.

Stewart, qui mesurait plus d'un mètre 82, était connu pour porter des tunes «stylish», provocatrices avec de hauts talons, selon les voisins

Donc autant dire qu'elle l'a cherchée, quoi.

Sur un autre site, on a globalement la même merde transphobe.

Sources said McMillian was Stewart's john and became enraged when he learned his partner was not a woman.

Les sources disent que McMillian l'assassin était le client de Stewart la victime et est devenu enragé quand il a appris que son partenaire n'était pas une femme

Encore une fois, excusons le meurtre et nions tout droit à une femme trans' d'être reconnue comme femme.

Ceci étant dit, pour les lecteurs anglophones, plutôt que de lire le vomi journalistique je suggère les articles de quelques blogs, comme celui-ci ou Questioning Transphobia.