Red is still undead

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mardi, juillet 29 2008

Dégoûtée

Note: ce post a été autocensuré (ou, pour faire une version plus stalinienne, subi une révision de l'histoire).

En bref, je vis actuellement dans un certain cadre un moment assez difficile par rapport aux questions trans'. Ma réaction d'hier soir était un peu exagérée et surtout je pense que ce n'est pas forcément un mal que ce genre de choses se produisent, même si c'est assez dur à vivre. J'espère que ça permettra de percer l'abcès et d'avancer sur ces questions.

En attendant vu que c'est quelque chose en cours, je suis désolée, mais je ne m'étendrai pas pour l'instant sur le sujet.

jeudi, juillet 10 2008

Pourquoi je ne suis pas agenre (ou peut-être que si, un peu, après reflexion)

(Billet mis à jour le 10 juillet 2008)

Ce billet poursuit un peu, et contredit peut-être partiellement, ma réflexion commencée dans Pourquoi je suis trans'.

De la définition de «agenre»

Avant de commencer, je voudrais préciser quelques petites choses, pour ne pas être mal comprise. D'abord, je ne suis pas très intellectuelle. Je lis peu de textes vraiment politiques ou philosophiques fondamentaux. J'ai une idée très floue de ce qu'est la théorie queer ainsi que, pour être honnête, de la plupart des théories.

C'est pourquoi j'éviterai ici de parler de queer, parce que j'ai peur de ne pas vraiment maîtriser le terme.

Je me contenterai du terme «agenre», qui est simplement le fait de ne se retrouver ni dans un genre ni dans l'autre.

De la destruction des genres

Comme je l'ai dit, je ne suis pas énormément versée en théorie. Mais, tout de même, je pense que le système de genre est un système oppressant, aliénant et totalitaire qui dicte la façon dont on doit se comporter selon qu'on ait un pénis ou un vagin (et qui mutile ceux qui ont quelque chose entre un pénis et un vagin).

Je suis pour la destruction complète des genres. Pas immédiatement, parce que ce n'est pas vraiment envisageable, mais à terme je ne pense pas qu'on devrait avoir de rôle lié au fait qu'on soit un mâle, une femelle ou un intersexe.

Et c'est pour cela que j'ai souvent été tentée de m'identifier comme trans agenre : ni homme, ni femme, autre chose[1].

Du côté fluctuant de la subversion

Seulement, je pense maintenant que j'ai tort. Si j'étais identifiée comme une femme grâce à un traitement hormonal, une épilation définitive et/ou une corpulence moins importante, les choses seraient peut-être différentes. Et je pense que dans, mettons, cinq ans, les choses seront effectivement peut-être différentes.

Là, dire que je ne suis ni homme ni femme serait le plus subversif, du moins c'est ce qu'il me semble, parce que ça me paraît être dans l'absolu le plus subversif : dire «je n'ai pas de genre, je n'en ai pas besoin», c'est attaquer le système de genre.

Mais en tant que trans' en transition, et même en début de transition, puisque je n'ai encore eu droit ni à des hormones ni une épilation laser ni évidemment à de la chirurgie, les choses sont différentes. Les gens me voient comme ni l'un ni l'autre, plus ou moins. Parfois avec un côté méprisant, parfois non. En revanche beaucoup, y compris pas forcément censés être les pires réactionnaires, refusent de me voir comme une femme, parce que autant ils pourraient accepter de voir une trans' hormonée et opérée comme une femme, autant là ce n'est pas le cas.

Et du coup, il me semble que dans ces circonstances, dire «je suis une femme» est plus subversif que dire «je n'ai pas de genre».

Là, si j'étais une marxiste compétente, il me semble que je devrais insérer le mot «dialectique». Seulement, j'ai déjà dit que j'étais nulle en théorie ? Il se trouve que je n'ai jamais compris non plus le sens exact de ce mot. Il me semble juste qu'il y a une incohérence entre le genre dans lequel je suis vue et celui dans lequel je me ressens. Cet écart qui peut être dur à vivre quotidiennement a néanmoins, à mon avis, un intérêt : c'est qu'il remet en cause le système de genre.

De mon identité

Bien sûr je ne choisis pas mon identité de genre uniquement en fonction de mes convictions politiques et de ce qui est le plus efficace à un instant t pour essayer de les faire avancer un peu (sinon, je ne devrais logiquement pas prendre d'hormones ; pourtant si je n'en prends pas c'est uniquement parce que l'équipe officielle me fait poireauter).

Mais, ça joue. Et la réflexion politique me fait aussi remettre en question ce qui a fait que je me considérais de telle ou telle identité.

Le fait de se définir «ni homme ni femme» me semble ainsi partiellement être dû au fait qu'il est pour moi plus facile à l'heure actuelle de l'accepter comme ça. Par exemple il est plus glorifiant de me dire «je n'ai pas envie d'aller dans une réunion non-mixte femme car je ne me considère pas comme une femme, ah ah, je suis agenre, queer» que «j'ai envie d'aller dans une ag non-mixte femme, mais je n'ose pas y aller car j'ai peur qu'on me rejette car je suis trans'».

Donc voilà, je considère non seulement (comme c'était déjà le cas avant) que j'ai autant le droit d'être considérée comme une «vraie» femme qu'une femme bio ; mais maintenant, en plus, je décide de l'appliquer [2].

Je suis une femme, et cela implique le fait d'être reconnue comme une femme même quand je n'ai pas de maquillage, de jupe ou de tee-shirt dit «féminin».


Mise à jour du 10 juillet 2008 : après quelques mois «outée», je ne ressens plus les choses de la même manière. J'ai trouvé que beaucoup de personnes m'ont «acceptée» avec une certaine facilité, que ce soit pour parler de moi au féminin ou pour mon changement de prénom. Mais en même temps, j'ai l'impression que s'il y a un système assez tolérant au fait que je puisse devenir une «femme» (je pense qu'avec quelques milliers de dollars, je n'aurais pas trop de mal à me faire opérer et à changer d'état-civil), le fait que je sois trans' est beaucoup moins accepté.

Un exemple concret, c'est les formulaires, dont l'apogée est ce qui est au final marqué sur la carte d'identité. Il y a masculin, il y a féminin. Il y a homme, il y a femme. Or, autant je ressens le besoin de parler de moi au féminin, etc., j'ai l'impression que rentrer dans la catégorie «femme» revient à nier complètement mon identité trans'. Or, elle est importante pour moi : ce n'est pas juste une transition d'un état à un autre, c'est bien plus que ça.

Et je ressens comme une énorme violence de devoir choisir entre «homme» et «femme» sur un formulaire, même si j'ai le droit de mettre la case «femme».

Du coup, à la réflexion, je ne suis pas une femme. Ce qui ne veut pas dire que je sois sans genre : je parle au féminin, je m'habille de fait avec des vêtements plutôt associés à la féminité (sauf pour les chaussures), et si je dois le faire, je me définirais de genre «féminoïde», comme «une trans'» ou «une pasfemme». Si on prend le cliché un peu pourri comme quoi les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus, alors je serais sur un satellite de Vénus (sauf que autant cette jolie métaphore marcherait bien dans l'autre sens, en satellite de Mars, puisque je pourrais dire que je suis sur Phobos ou Deimos, autant là, vu que techniquement Venus a pas de satellite connu, ça tombe un peu à plat).

Voilà, petite mise à jour pour ceux que mes tergiversations transidentitaires intéressent.

Notes

[1] Pas «entre les deux», parce qu'«entre les deux», ça fait quand même très bayrouiste. Ni l'un ni l'autre, plutôt.

[2] Ou, en tout cas, d'essayer. Le fait que je considère que j'ai le droit de vivre d'une telle manière ne veut malheureusement pas dire que tout le monde va l'accepter.

lundi, juin 23 2008

Masturbation masculine, masturbation féminine

Bon, histoire de changer un peu des billets un peu sérieux, voilà un billet non seulement n'importe quoi, et destiné à raconter une partie de ma transition de genre.

Parce que bon, normalement les blogs de trans', c'est quand même surtout censé parler de comment on fait notre parcours, et j'ai un peu négligé ce sujet. Mais voilà un rattrapage.

Je suis depuis un certain temps sous anti-androgène, c'est-à-dire de l'acétate de cyprotérone, aussi appelé Androcur. Bon il paraît que ce médicament est pas super bon à long terme pour le foie, mais ce n'est pas si on en avait qu'un, hein ?

Je prends aussi de l'estradiol depuis moins longtemps, en complément pour féminiser le corps.C'est un traitement hormonal assez courant pour les trans', en tout cas en Europe (aux USA l'acétate de cyprotérone n'est pas autorisé, alors forcément...).

Je n'ai pas encore trop vu d'effet sur mon physique, mais par contre sur ma libido, carrément. Ce qui s'explique assez facilement vu que l'Androcur est un castrateur chimique ; il y a des pays où c'est filé aux pédophiles.

Ce qui ne veut pas dire qu'on ne peut pas jouir, juste que c'est plus long (en temps) et plus court (en taille).

L'effet le plus fragrant de ma féminisation se fait, dans mon cas, sentir sur les fantasmes quand il me prend l'envie de me masturber.

Avant, j'avais les trucs classiques, où je me projetais dans une relation sexuelle, par exemple en train de me faire monter par Viggo Mortensen.

Maintenant, ma libido est beaucoup plus féminine.

Je me mets une petite musique douce à fond dans les écouteurs et je m'imagine dans une situation romantique.

Par exemple avec une petite mini-jupe sexy, des grosses rangers et un haut un peu joli, perchée sur le toit d'une Mercedes de luxe.

(Sie wollen mein herz am rechten fleck

Doch sech ich dann nach unten weg)

Je saute sur le capot, l'enfonçant légèrement, et je balance un coup de pied dans le petit logo Mercedes qui est en pointe à l'avant.

(Da schlägt es links)

J'envoie un coup de ranger dans le pare-brise et commence à le démolir un peu, puis je saute à côté de la voiture.

(Sie wollen mein herz am rechten fleck

Doch sech ich dann nach unten weg)

Je me sors un gros cigare cubain et le met dans ma bouche, avant de l'allumer avec un briquet zippo.

(Da schlägt es links)

Ensuite, j'allume le cocktail Molotov que j'ai dans la main gauche avec mon cigare, et je le balance sur la Mercedes de luxe.

(Links ! Zwo ! Links ! Zwo ! Links ! Zwo ! Drei ! Vier !)

Bref, tout ça pour dire que la féminité, ben, c'est ce qu'on en fait.

mardi, mai 6 2008

Changement de nom

Aujourd'hui, c'est une annonce, car j'ai décidé de changer de nom. Ta-da !

Non pas de ce blog qui reste Red is Undead (et qui reste toujours aussi rouge, toujours aussi non-mort et toujours vaguement en anglais quand j'arrive à me bouger un peu).

Mais bel et bien de moi.

Et maintenant fini les pseudos, je poste sous mon nom d'état-civil[1], Élisabeth Henry, ou, plus court, Elly.

L'idée étant que vu que j'utilisais le pseudo depuis un certain temps sur Internet et que quelques copains m'appellent aussi comme ça en vrai (\o_ coucou s'ils passent ici), d'officialiser la chose et d'en finir avec "Fred" qui sonne au mieux mixte alors que j'aimerais bien qu'il y ait au moins un tru c chez moi qui fasse un peu féminin (d'accord, Elly est aussi un prénom d'homme, mais Élisabeth moins, déjà), non pas par goût religieux mais parce que ça permet d'expliquer plus facilement aux gens qu'il faut dire «elle» pour parler de moi.

Par contre je garde «Fred Nera» pour pseudo des textes que j'ai écrits (même si j'hésite à prendre «Eliza Battery» comme nouveau pseudo au moins pour les textes SF).

Autrement dit, quand l'opération sera terminée, mon pseudo sera devenu mon vrai nom et mon vrai nom mon pseudo /o\

Voilà, c'était un billet totalement inintéressant, mais je tenais à le dire.

Notes

[1] Sauf que l'état-civil n'est pas au courant

jeudi, mars 6 2008

Municipales

La campagne pour les municipales (ou en tout cas leur premier tour) touche maintenant à sa fin. Je n'ai pas écrit beaucoup de billets là-dessus, peut-être parce que j'ai eu moins le temps de militer ou de «bloguer» que je ne l'aurais voulu.

Bref.

Donc pour rappel je suis candidat(e) à Marseille sur les listes «Marseille contre-attaque à gauche». À noter que la situation du point de vue du genre est assez fun vu que j'apparais sous le prénom qui est sur ma carte d'identité mais avec ma profession au féminin[1]. Donc dans l'absolu niveau visibilité LGBT on peut difficilement faire mieux ; dommage qu'il est probable que 99,9% des gens verront ça comme une erreur d'impression.

Je vais pas détailler le programme des ces listes unitaires (qui regroupent du point de vue des organisations la LCR, les Alternatifs, des Collectifs antilibéraux, Les motivé-e-s, Ballon rouge, alterekolos) que vous trouverez sur le blog en lien et qui se résume très très sommairement à :

  • défense de l'emploi
  • logements sociaux
  • amélioration des transports publics et gratuité
  • remunicipalisation de l'eau
  • service public de la petite enfance
  • droit à la santé
  • réseau de structures socio-culturelles auto-gérées
  • refus de l'incinérateur, tri selectif

Personnellement je trouve ce genre de campagne (les municipales, mais c'est valable aussi pour les régionales) super frustrante, parce que du coup comme la municipalité n'a pas un énorme pouvoir on est vachement limité. Bien sûr on essaie toujours de parler des enjeux plus généraux mais ce n'est pas évident.

L'autre truc qui me gêne aussi, c'est l'impression d'être «cadencé» uniquement par les campagnes électorales : présidentielles, législatives, municipales, et ensuite (l'année prochaine) il y a aura les européennes et les régionales... Et le pire c'est de voir tous ces militants (moins à l'extrême-gauche, évidemment) qui ne s'activent qu'à ces moments là.

Ajouté au fait que j'ai de plus en plus de mal avec le principe même des élections telles qu'organisées actuellement et qu'il y a en plus la non-reconnaissance de mon identité par l'état... ben disons qu'il a vraiment fallu que je me motive pour finir sur ces listes ^ ^

Cela dit je dois bien reconnaître que les campagnes électorales sont une occasion de toucher des gens qui ne s'interessent pas forcément à la politique à d'autres moments...

Bref, pour moi les élections c'est un peu comme le dentiste : j'ai bien conscience qu'il faut y aller, mais c'est quand même pas franchement un moment de grand plaisir ^ ^

Notes

[1] D'ailleurs je tiens à remercier la tête de liste que j'ai embêtée pour que ça puisse se faire :o)

mercredi, janvier 30 2008

Mon approche de l'écriture

Je n'ai pas trop développé dans le passé l'aspect «écriture» sur ce blog ; c'est quelque chose que j'ai l'intention d'essayer de faire un peu plus dans l'avenir.

Pour commencer, voici un petit billet qui résume un peu ma théorisation (politique) sur ma façon d'écrire.

Ce que j'écris

J'écris avant tout dans le domaine dit des «littératures de l'imaginaire», ce qui regroupe en gros le fantastique, la science-fiction et la fantasy. Pour l'essentiel mes textes se déroulent soit :

  • directement dans un monde imaginaire de «fantasy», avec dragons, etc.
  • dans un monde qui ressemble au nôtre mais avec des élements irréels dont l'existence est parfois ambigue (on ne sait pas si c'est vrai ou une hallucination d'un personnage, par exemple) et parfois pas.

Je distinguerais principalement trois points «d'impact» entre écriture et politique dans mes textes, que je développerai ci-dessous : la parodie, la visibilité des LGBTI et, évidemment la lutte de classe.

Parodie

Il y a souvent un aspect humoristique dans mes textes parce que j'aime bien parodier des choses existantes. C'est particulièrement vrai dans les textes de «fantasy», comme «Elfe noire & démon rouge». Cela peut ne pas paraître vraiment politique à prime abord mais cela peut le devenir.

Cela pour la simple raison qu'un certain nombre de clichés et de stéréotypes me semblent réactionnaires. La fantasy en regorge particulièrement, entre les rois forts et héroïques, les peuples de monstres dégénérés inhumains qui veulent détruire les belles civilisations blanches, l'aspect très manichéen...

En ce sens la parodie peut être un moyen de dénoncer ces stéréotypes et de les détourner pour proposer autre chose à la place. Je vois donc là un aspect politique non négligeable.

Il ne faut cependant pas ignorer les limites de ce procédé. D'abord, le fonctionnement par parodie n'est pas toujours compatible avec le fait de garder une histoire un minimum sérieuse pour que le lecteur se sente plongé dedans.

Accessoirement, je me demande finalement si la parodie n'est pas qu'un moyen de faire semblant de faire du neuf avec du vieux... certes, on retourne certains clichés et on en détourne d'autres, mais à l'arrivée il y a un risque, si on se contente de ça, que le fond de l'histoire reste finalement le même.

Je ne me verrais pas écrire de longs textes entièrement parodiques. En revanche en avoir quelques éléments me semblent être un moyen agréable de se moquer ou de critiquer certaines choses tout en allégeant l'atmosphère.

Visibilité des lesbiennes-gays-bis-trans-intersexes

Un nombre non-négligeable de mes personnages sont lesbiennes, gay, bi, trans et/ou intersexes (bon, techniquement il n'y a pas encore d'intersexe visble). Cela n'est pas anodin et, il y a là encore, un aspect politique.

Cela pour la simple et bonne raison que l'identification à des personnages, notamment de fiction, me paraît être un aspect important de la construction d'un indvididu. Le fait de ne pas avoir de modèle auquel s'identifier est embêtant.

Par conséquent il me paraît important qu'il y ait des protagonistes qui soient autre chose que l'homme blanc cisgenre hétérosexuel. Pour les LGBTI cela me semble encore plus nécessaire parce que c'est une identité qui se «découvre» et où on n'a pas forcément de modèle de proches dans la famille : contrairement par exemple à un enfant noir, pusque ses parents sont a priori noirs aussi, sa famille, etc. Cela ne veut pas dire qu'il n'est pas nécessaire que les noirs et toutes les soi-disant «minorités» soient eux aussi représentés dans la fiction (et, là dessus, je pense que j'aurais beaucoup à revoir au niveau de la diversité dans mes textes). Simplement, pour avoir vécu une période de doute concernant mon identité trans', il me semble qu'avoir une référence, un personnage auquel m'identifier (qu'il soit fictif importe peu) m'aurait aidée.

En particulier, il me semble important de ne pas présenter, comme c'est trop souvent le cas, ces personnes comme uniquement définis par leur identité homosexuelle, trans', etc., mais au contraire de montrer qu'on est aussi et sans doute avant tout autre chose et que c'est finalement normal.

Cela ne veut pas dire pour autant qu'il faut tomber dans l'excès inverse et ne pas parler du tout d''homophobie, de racisme ou de sexisme et faire comme si cela n'existait pas, que les personnages étaient parfaitement acceptés.

Lutte de classe

Pour finir, la façon d'analyser le monde joue aussi un rôle évident lorsqu'on écrit. Je n'enlève pas mon étiquette de «marxiste» lorsque je commence à écrire. Mon analyse, ma façon de voir les choses reste la mienne et cela se traduit forcément dans mes nouvelles ou romans : ainsi la lutte de classe ou l'impérialisme seront en général plus présentés comme source de conflit que les guerres de civilisation ou le fait que telle race soit belliqueuse.

Je ne cherche pas forcément spécifiquement à faire passer telle ou telle idée politique, mais le fait de «baigner» d'être militante fait aussi que lorsque je lis, vis ou entends un truc intéressant sur telle grève ou telle révolte je vais parfois m'en inspirer pour un roman.

J'ai parfois tendance à un peu trop en mettre et j'ai conscience que cela peut être indigeste, surtout que je ne suis pas Ken Loach. En général j'épure pas mal à la relecture, notamment les débats politiques directs entre personnages (dans la version initiale du roman de fantasy que je suis en train de terminer de relire, un personnage citait directement Trotsky ; même si je trouve que c'était amusant et que la citation était bien, je l'ai supprimée par la suite).

Conclusion

Voilà, j'ai expliqué un peu comment je voyais l'articulation entre la poltique et l'écriture. C'est évidemment très personnel et pas nécessairement généralisable à d'autres personnes.

Au final, j'estime que je ne peux pas séparer l'écriture de fiction d'un militantisme politique et donc mes textes contiennent forcément un minimum cet aspect. Il y a un risque, évidemment, c'est qu'il devienne plus important que l'histoire et la phagocyte en la rendant inintéressante ; mais je pense qu'il peut aussi la nourrir et l'améliorer.

En tout cas, j'espère :o

vendredi, novembre 30 2007

Sur les médias

Un article d'acrimed, «Médias contestables, médias contestés par des étudiants en lutte» résume assez bien la situation entre les médias et les étudiants, entre la méfiance de ces derniers et les cris d'orfaie de ces premiers.

Du coup plutôt que d'avoir l'aspect «vu des médias» (que ce soit pour le critiquer ou pas), je me suis dit que ça pourrait être intéressant de donner un point de vue vue «des militants».

Déjà il faut bien dire que la façon de gérer les médias différèrent pas mal selon les moments, selon le sujet de militantisme, etc.

Par exemple pendant la campagne présidentielle, on a vu plein da caméras débarquer dans les meetings qu'on faisait (d'habitude la venue d'Olivier Besancenot en attire toujours une ou deux, mais là non seulement il y en avait plus mais il y avait un souci accru, pour meubler le temps d'antenne réparti «équitablement», d'interroger les militants, etc.). À vrai dire là ça se passait plutôt bien, mise à part que vu que je suis complètement nulle pour répondre rapidement quand on me pose une question, c'est encore pire quand il y a une caméra.

Au niveau étudiant c'est différent. Ne serait-ce que parce qu'en général les propos sont beaucoup plus déformés. Sur ma fac par exemple, on (je mets «on» mais j'étais pas super active à ce moment, enfin peu importe) avait organisé un débat contradictoire entre un «pro-cpe» et un «anti-CPE», et la salle évidemment. Il y avait une large majorité de contre, le comité d'organisation était évidemment contre et à vrai dire on avait eu du mal à trouver quelqu'un pour défendre la loi.

Il y avait une caméra présente ce jour-là.

Et elle n'a parlé pratiquement que du type qui était «pro-cpe», ce qui en soit aurait pu à la limite sPe justifier dans le cadre d'un reportage sur lui et si le journaliste avait eu la décence de prévenir avant, mais ce n'était pas le cas.

Autant dire que deux ans après, contre la loi LRU, il y avait un tout petit peu de défiance des militants étudiants, et quand une caméra est venue tourner, elle n'a pas échappée à quelques questions (la journaliste, pas la caméra, en fait).

On a juste discuté un peu, de matière très cool et courtoise. Elle a pu filmer, y compris nos discussions internes et la préparation d'une banderole.

Même si la banderole était déjà prête, «ce serait bien que vous repassiez un peu sur les lettres pour que je puisse filmer».

Et en fait, je n'ai aucune idée de comment ça a été montée à la télévision, parce que je n'ai pas de télé.

Ce que j'ai pu voir, par contre, c'est la différence entre un débat télévisé et un débat qui ne l'était pas.

Parce qu'évidemment, tout le jeu de la caméra c'est de faire «comme si elle n'était pas là». Sauf qu'en vrai, personne ne fait vraiment «comme si elle n'étati pas là». C'est un peu de la double pensée: faire comme si elle n'était pas là tout en faisant ce qu'on ne ferait pas si elle n'était vraiment pas là.

Il y a des petits trucs relativement volontaires, comme ne pas se mettre les doigts dans le nez ; ne pas se vautrer complètement sur le canapé, ne pas faire trop de référence aux goulags dans lesquels on va enfermer les antibloqueurs. Et il y a tout ce qui est un peu inconscient: prendre la voix qu'on ne prend que pour parler en public, genre meeting, alors qu'on est à cinq, six ; le malaise ressenti à l'idée qu'on risque de passer devant des milliers de personnes ; etcaetera.

L'observation modifie l'observé.

Ce que j'aimerais bien savoir, au moins une fois, c'est si dans ce cas là la modification modifie aussi l'observateur : comment un cameraman vit les choses ? Comment il peut lui-même soutenir/ne pas soutenir/se foutre complètement d'une revendication ? Si ça influence sur comment il fait les choses ?

Et, accessoirement, quand on se sont complètement trahis par le résultat final, si lui aussi se sent trahi par la façon dont ont été montées ses images ?

mardi, novembre 27 2007

Manifestation étudiante

Aujourd'hui à Marseille, il y avait une manifestation étudiante et lycéenne. En fait dans le titre j'ai mis «manifestation étudiante», mais c'est quand même surtout des lycéen/ne/s, venu/e/s en masse.

On doit être entre un bon millier, je dirais. Je ne sais pas trop compter. Beaucoup de lycéen/ne/s donc, qui occultent presque les étudiant/e/s, présent/e/s mais pas tant que ça. Une banderole «Sauver la recherche» regroupe derrière elle quelques militant/e/s plus âgé/e/s, mais ils ne sont quand même pas très nombreux.

Le service d'ordre étudiant est bien organisé et veille à ce qu'il n'y ait pas de soucis (en tout cas jusqu'à ce que j'ai bifurqué au métro, c'est peut-être parti en live après).

À un moment, deux camarades de Sud-étudiants discutent d'un type à l'allure patibulaire qui a ramassé une barre de fer et joue avec. C'est, expliquent-ils, un gars de la BAC. Ils le reconnaissent : ils avaient déjà eu affaire à lui. On discute, je regarde ce type, et là d'un coup le flash : je n'en suis pas tout à fait sûre, mais il me semble l'avoir déjà croisée.

Pas dans une manif, mais au bistro. Le copain du frère d'une copine. Un type effectivement flic et visiblement space qui se vantaient de ses exploits sans qu'on sache trop s'il était mythomane ou pas. Personnellement, j'espère.

Déjà là il m'avait mise mal à l'aise, mais dans une manif je n'ai vraiment pas envie qu'il me reconnaisse. Je tourne la tête pour éviter qu'il voit mon visage et me lance dans le mini-cortège de la Jeunesse Communiste en vaincant brièvement mon agoraphobie latente.

Je suis une lâche, mais j'assume pleinement.

mercredi, novembre 14 2007

Depuis Paris

  • Ouais maintenant je poste même quand je suis en déplacement, genre ce blog peut pas rester sans mise à jour une semaine...
  • Je sais pas si c'est à cause de la grève, mais j'ai l'impression que les voitureux conduisent encorent plus mal et sont encore plus des gros cons qu'à Marseille...
  • Le Velib c'est pas mal (enfin si, quand meme un peu, c'est pas idéal). Par contre je sais pas qui a dit que le vélo ne s'oubliait pas, mais il se plantait.
  • J'ai pas vu d'étudiants mobilisés. J'ai raté la manif à une demi heure près pour tomber sur les nettoyeurs de rue. Par contre qu'est-ce qu'est-ce que j'ai vu comme flics...
  • C'est un billet complètement inutile, certes, mais comme ça, ça fait vrai blog.

samedi, novembre 10 2007

Manif' contre ITER

Encore une manifestation où j'avais oubliée mon appareil photo. Oups.

Ça avait lieu à Marseille, 850 personnes selon la police, Un côté «baba cool écolo» un peu présent mais dans les limites du raisonnable. Du point de vue des forces politiques, seules les anars (FA et CNT), la LCR et un peu les Verts étaient présents.

Personnellement j'avoue que j'étais pas très convaincue par le rejet d'ITER. Je veux dire, j'aimais pas le côté peu démocratique du truc (je me rappelle qu'il y avait un débat organisé... après la décision), mais point de vue scientifique et écolo je me disais que quand même, si y'avait un moyen d'avoir du nucléaire propre ce serait cool.

Du coup histoire de me document un peu parce que j'y connaissais pas grand-chose, j'ai pris le petit argumentaire (fin, 12 pages A4, quand même) de Sortir du Nucléaire.

En gros les arguments que j'en retiens :

  • ITER n'est qu'un prototype et pas un réacteur. La fusion nucléaire si par miracle elle est possible, ce sera à long terme.
  • Le coût est faramineux : 10 milliards d'euros.
  • ITER est dangereux : il y aura besoin de tritium, un gaz à risque, très toxique et dur à stocker. Qui plus est c'est utilisé par les bombes H, d'où risque de prolifération.
  • En lien avec ces histoires de bombes H, ITER servirait aussi les intérêts militaires puisque à l'heure actuelle et dans un futur proche le processus de fusion nucléarire n'est utile que dans les bombes H.
  • ITER n'est pas propre et produirait 30 000 tonnes de déchets radioactifs.
  • La Fusion n'est absolument pas une réponse à l'effet de serre : dans le meilleur des cas, ce serait fonctionnel d'ici un demi-siècle. Autant dire que le climat a le temps de se réchauffer. Même là, ça resterait une solution insuffisante car vu comme c'est compliqué ça serait reservé à quelques pays riches.

Personnellement j'avoue que c'est le dernier argument que je trouve le plus pertinent, et je suis finalement assez convaincue que le fric qui part à ITER pourrait être utilisé d'une meilleur manière.D'un autre côté on pourrait se dire qu'il il y a encore des pires façons d'investir le fric : porte-avion nucléaire par exemple. Mais on le fait aussi, donc...


Sinon, anecdote qui n'a absolument rien à voir avec l'écologie ou le nucléaire : alors que, pendant la manif', la plupart des militants, y compris ceux qui sont aussi des militants actifs LGBT, persistaient à parler de moi au masculin malgré ma jupe, mon maquillage à la truelle et mes boucles d'oreilles roses, au retour, en m'arrêtant dans une boulangerie, des djeuns au look «caillera» indécis sur ce qu'ils allaient prendre ont laissé passer «la dame». Comme quoi parfois les petits mots anodins mais qui font plaisir ne viennent pas de ceux auxquels on s'attendait....

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