Red is still undead

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mardi, avril 8 2008

Un transsexuel enceint, OMG!!!!111

Pour celles et ceux qui auraient raté l'information capitale, c'est l'histoire de Thomas Beatie, qui est un trans ftm (femme vers homme). Si on parle (ou qu'on a parlé) de lui, c'est parce qu'il est enceint.

Et donc toutes les réactions du genre «OMG un homme enceint». J'avoue que moi aussi j'avais trouvé ce genre d'information intéressante parce que ça remet en cause le modèle binaire et tout ça.

Mais en fait, ce qui est surtout intéressant dans les articles et dans les commentaires, ce n'est pas tant ce que ça dit sur le(s) trans', sur le(s)quel(s) on en apprendra assez peu [1], mais plutôt ce que ça permet de dire sur les «observateurs» cisgenres.

Sans vouloir citer exactement en reprenant des exemples précis parus, en gros les quelques exemples de réaction étaient les suivantes (oui, je rajoute le style kikooolol pour bien illustrer le niveau):

C'est un poisson d'avril ? lol

Bon à la limite la réaction d'incrédulité, pourquoi pas, je peux comprendre. Mais c'est quand même un tout petit relou que ce qui touche aux trans' soit toujours considéré comme une blague.

Le premier transsexuel enceint au monde !!!!!!

Ça, ça en dit long sur les médias : quelque chose qui n'a pas été médiatisé n'existe pas. Et de fait, non, Thomas Beatie n'est pas le premier. Personnellement j'ai vu des photos d'un trans ftm enceint il y a à peu près un an, et il n'est pas improbable qu'il y en ait eu d'autres avant.

Enfin, c'est encore l'inexactitude la moins gênante.

ONOZ! Là quand même ça va trop loin !

Bon, ça c'est sans commentaire.

Mais non vous êtes vraiment cons de déverser votre haine comme ça. C'est une femme qui a un gosse, c'est pas anormal, elle a juste de la barbe.

C'est toujours amusant les réactions qui à la fois sont censées te défendre mais nient en même temps ton identité de genre.

C'est très con quand même, à cause de cas comme ça les réactionnaires vont plus laisser les trans' changer d'état-civil

Comme le cas précédent, une autre illustration du dicton : «avec des amis comme ça, pas besoin d'ennemis».

Bon, je vais m'arrêter là (je passe les commentaires qui dénotent d'une ignorance pire que moi en matière d'anatomie, du genre, non, les seins ne repoussent pas après une mastectomie), mais le traitement des trans' et autres personnes «bizarres» par les médias, qui vire toujours au spectaculaire (certes c'est assez vrai de tous les sujets traités méditiquement) mériterait une analyse plus poussée.

Notes

[1] Pour ceux que ça intéresse, je suggère plutôt de lire l'article écrit par l'intéressé, même s'il est en anglais. Il évoque notamment les réticences des médecins.

vendredi, mars 28 2008

La LCR, la démocratie et les médias

C'est Le Monde, via un article de Sylvia Zappi, qui a (à ma connaissance) tiré en premier : la direction de la LCR licencie son principal opposant. L'express a repris en le modifiant un peu : la LCR licencie le principal opposant de Besancenot, histoire de «personnaliser» un peu le débat[1]. Libération suit et relance : Soupçons de purge à la LCR après un licenciement.

La LCR a apporté un communiqué de précision, bon voilà.

En gros, récapitulons les faits, que les fidèles lectrices/eurs de ce blog n'ont peut-être pas suivi, ce qui n'est pas un gros manque :

  1. Picquet était permanent depuis 28 ans.
  2. Il est aussi membre du bureau politique de la LCR. Il y reste.
  3. Il animait parallèlement la «minorité» de la ligue. Depuis 2 ans, cette tendance se comportait en fraction publique ; elle l'a assumé véritablement depuis peu.
  4. La LCR a un nombre faramineux de permanents qui se compte sur les doigts d'une main.
  5. Comme Picquet ne faisait plus le travail pour lequel il était permanent mais à la place uniquement celui de la fraction «UNIR», la décision a effectivement été prise de revenir sur son statut (tout en faisant en sorte qu'il ne se retrouve pas «à la rue»).
  6. Parallèlement, afin de clarifier le rapport entre la LCR et sa fraction publique, il a été proposée à cette fraction un poste de demi-permanent, un budget pour permettre les déplacements et un espace hebdomadaire dans le journal «Rouge».

Je trouve l'argument selon lequel c'est une «purge» politique assez faiblard, aussi je ne reviendrais pas dessus. Cependant il y a une question qui peut être intéressante, c'est la comparaison qui a été faite avec une entreprise.

Autrement dit : le pauvre Picquet se fait licencier, alors qu'on est contre les licenciements. Quid ?

Cependant je pense que ce genre de remarque se base sur un présupposé faux, qui est qu'un parti est comparable à une entreprise.

Et si je pense que c'est faux, c'est parce que la décision de «licencier» un permanent après 28 ans me pose aussi problème.

28 ans.

Vingt-huit ans.

Je pense que c'est un problème, et pas qu'il soit licencié : qu'il soit resté près de trois décennies permanent.

Pour moi, pour être vraiment démocratique, il faudrait faire en sorte que les roles de permanent, mais aussi de direction, soit limités dans le temps à quelques années au maximum. Et quand je dis «quelques», ça veut dire largement moins de 28 ans.

On n'est pas des professionnels de la politique ; ou en tout cas, on ne devrait pas l'être. Je ne suis pas fondamentalement contre l'utilisation de permanents, qui me parait plus ou moins nécessaire dans certains cas, Mais il faut mettre des limites.

(Même si, par ailleurs, j'aimerais beaucoup être permanente à vie.)

Et là on voit bien qu'un parti n'a pas grand-chose à voir avec une entreprise : parce qu'évidemment, dans l'entreprise, je ne suis pas pour qu'il y ait des contrats limités à 4 ans au maximum. Ce n'est pas le seul point qui ne correspond pas : je suis contre travailler bénévolement pour une entreprise, alors que je pense évidemment que le militantisme doit être bénévole.

Il y a aussi une bête différence de classe. La grande majorité des militant/e/s de la LCR sont des travailleur/se/s ; c'est nous qui payons, par nos cotisations, les postes de permanents.

Et là-dessus, je trouve que tout le bruit qui se fait (notamment en parlant de purge) pour ce «licenciement» est plutôt insultant pour tous/tes les militants/es qui ne sont pas payé/e/s pour militer et ne le seront pour la plupart jamais.

Notes

[1] Qui devient du coup un peu absurde, puisque Besancenot, lui n'est pas permanent.

mardi, février 12 2008

Transphobies

Une femme trans' s'est faite assassiner à New York. , dans le Bronx.

Le traitement des journaux est assez formidable.

Par exemple, pour le New York Daily News :

A transgendered prostitute was stabbed to death in the Bronx Saturday by a customer who was apparently surprised by the hooker's true sex

Une prostituée transgenre a été poignardée à mort dans le Bronx dimanche par un client qui a apparemment été surpris par le vrai sexe de la pute

Donc déjà, on sent pas du tout la volonté d'excuser l'acte. Elle était pute, et le client a été supris, donc c'est normal de poignarder, hein ? C'est elle qui l'a trompée.

Mais le pire est à venir.

The victim - a 25-year-old man who dressed like a woman -

La victime - un homme de 25 ans qui s'habillait comme une femme

Même dans la mort, il faudrait surtout pas respecter le genre dans lequel se définissait cette personne. Non, c'était un homme qui se déguisait en femme.

Ah, et pour finir (enfin non, pas vraiment)

Stewart, more than 6 feet tall, was known to wear stylish, provocative outfits with towering high heels, neighbors said.

Stewart, qui mesurait plus d'un mètre 82, était connu pour porter des tunes «stylish», provocatrices avec de hauts talons, selon les voisins

Donc autant dire qu'elle l'a cherchée, quoi.

Sur un autre site, on a globalement la même merde transphobe.

Sources said McMillian was Stewart's john and became enraged when he learned his partner was not a woman.

Les sources disent que McMillian l'assassin était le client de Stewart la victime et est devenu enragé quand il a appris que son partenaire n'était pas une femme

Encore une fois, excusons le meurtre et nions tout droit à une femme trans' d'être reconnue comme femme.

Ceci étant dit, pour les lecteurs anglophones, plutôt que de lire le vomi journalistique je suggère les articles de quelques blogs, comme celui-ci ou Questioning Transphobia.

jeudi, décembre 13 2007

Signez la pétition pour sauver radio gazelle

Un billet rapide pour relayer la pétition de Radio Gazelle, une radio associative marseillaise dont le CSA a programmé la mort au profit d'une radio commerciale.

Pour signer, c'est par là.

Je copie/colle aussi la lettre d'infonet qui en parle (via Acrimed) :


Radio Gazelle condamnée à mort par le CSA

Le 27 mars 2007, le Conseil supérieur de l’audiovisuel a lancé un appel à candidatures dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le 27 novembre dernier, les neufs sages rendaient leur verdict en sélectionnant 218 fréquences Fm. L’autorisation de 6 nouveaux projets associatifs ne peut masquer la suppression de plusieurs radios associatives, notamment à Marseille, avec la disparition programmée de Radio Gazelle, qui, si la décision était confirmée, serait remplacée sur sa fréquence par le réseau commercial France Maghreb 2, et de Radio Diva. Ce faisant, le CSA transgresse deux engagements forts pris dans le passé : ne pas remplacer une radio associative par un opérateur commercial, ne pas supprimer une station qui n’a jamais démérité.

Radio Gazelle résiste Lorsque, consultant la liste des radios sélectionnées, les animateurs ont appris la mauvaise nouvelle, après un moment d’abattement, la décision de résister s’est immédiatement imposée. Radio Gazelle existe de puis 27 ans, une trentaine de communautés interviennent régulièrement sur ses ondes, elle est la radio associative préférée des Marseillaises et des Marseillais. Elle s’adresse à toutes les communautés. Pendant le Ramadan, son taux d’écoute explose littéralement. Gazelle a inauguré récemment ses nouveaux locaux en présence de nombreux élus, de la vice-présidente de la région, du président du département, de la plupart des représentants diplomatiques de la ville, des responsables religieux… Le poids et la représentativité de cette radio ne peuvent évidemment pas être mis en cause. Depuis que cette nouvelle a été connue, des centaines d’appels quotidiens viennent apporter soutien et courage à l’équipe. Une pétition, s’intitulant « Non à la condamnation à mort de Radio Gazelle » peut être signée sur le site de la radio. Rappelons pour finir que Radio Gazelle n’a jamais été rappelée à l’ordre par le Csa et, d’une manière générale, n’a jamais démérité. Un recours gracieux va être déposé. L’équipe a écrit au Csa pour lui demander un entretien de toute urgence.

La Mairie des Quartiers nord prend position Parmi les premières réactions, citons celle de la mairie des 15ème et 16ème arrondissements de Marseille (les quartiers Nord) : dans sa séance du 5 décembre 2007, le conseil a adopté un « vœu afférent à la défense de Radio Gazelle », dans lequel il dit notamment : « Par décision en date du 27 novembre 2007, (le CSA) faisait part de l’attribution de ladite fréquence à une radio nationale à vocation commerciale, privant ainsi Radio Gazelle de son autorisation d’émission. La décision prise par le CSA est totalement incompréhensible et inacceptable pour toutes celles et tous ceux qui, jour après jour, créent des émissions ou y participent. Elle l’est également à nos yeux, car privant ainsi Marseille et l’ensemble des Marseillaises et des Marseillais d’un moyen de communication à vocation non lucrative, impartial, reposant sur l’échange et sur l’expression de la diversité ».

Bilan d’une substitution France Maghreb 2 est un réseau commercial créé par Abderrahmane Dahmane. Encarté à l’Ump, il a été décoré de la légion d’honneur par Nicolas Sarkozy le 26 mai 2004. Si on tire le bilan de la décision du Csa, concernant Radio Gazelle, une radio marseillaise est remplacée par une radio parisienne, un opérateur associatif est chassé par un commercial, une équipe où on trouve les diverses sensibilités politiques, philosophiques et religieuses de la ville disparaît au profit de décideurs économiques au profil beaucoup plus restreint.

Pour soutenir Radio Gazelle On peut signer la pétition en ligne sur le site : http://www.radiogazelle.net/ On peut tirer sur papier la pétition et la faire signer, on peut appeler la station pour lui signifier soutien et encouragement : 04 91 91 48 13. On peut mobiliser les élus, appeler le CSA, et participer à toute action utile pour sauver l’une des grandes fréquences associatives, multicommunautaires, de Marseille.


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- Pour réagir à un article ou prendre contact avec la rédaction d’Infonet, écrivez à freqlibres@dial.oleane.com.< /br> - Les numéros d’Infonet se trouvent sur www.frequenceslibres.org.< /br> - Le dvd « Marseille, les médias du tiers secteur se rencontrent », peut être commandé à asso.corali@club-internet.fr. Il s’agit d’un film interactif qui rend compte des débats qui ont animé les Rencontres, du 5 au 8 mai 2006.

mardi, décembre 4 2007

La terreur transsexuelle

Parce que maintenant j'arrive à insérer des vidéos \o/

Donc c'est un petit reportage sur la situation des trans' en Turquie qui est assez dramatique. Ça pose aussi pas mal de questions je trouve sur le rapport aux médias, qui sont valables pour la Turquie mais aussi à mon avis ailleurs.