Red is still undead

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lundi, août 25 2008

Un peu de publicité

Pour changer un peu des billets habituels, voici une annonce pour la sortie de Crimes en Imaginaire, une anthologie de nouvelles éditée par les éditions Mille saisons mélangeant enquêtes et monde imaginaires dans laquelle j'ai l'honneur de voir une de mes nouvelles figurer :

Dans une prison aux portes de l'Eden, les anges sont devenus bourreaux. À l'abri de son cabinet, un médecin viole l'inconscient de ses patients.

Après avoir sauvé son peuple, une puissante magicienne se fait malmener par un enquêteur épris de justice.

Complots, trahisons, vengeances, révélations inattendues sont quelques-unes des intrigues qui attendent nos héros au cours de ce Solstice.

Des créatures de tout poil se sont donné rendez-vous pour l'occasion. Qu'elles soient témoins, complices ou enquêteurs du dimanche, toutes participent au climat de méfiance qui baigne ces pages.

Douze histoires pleines de poésie, d'humour et de suspense qui sauront troubler même les plus insensibles.

Tremblez, pleurez, suspectez mais surtout restez éveillé de peur qu'on vienne vous croquer le bout des pieds.

Avec comme auteurs au sommaire : Jean Baret, Fabien Clavel, Nicolas Cluzeau, Anne-Laure Daviet, Nicolas Delong, Mathieu Gaborit, Olivier Gechter, Benoît Giuseppin, Élisabeth Henry (NdMoi: pour ceux qui feraient pas le rapprochement avec «Elly», c'est moi \o/), Jessalynn, Nicolas Kempf, Meddy Ligner, Véronique Pingault, Anaël Verdier.

Tout cela est disponible au modeste prix de 18€ et peut-être commandé sur la boutique en ligne (ou dans une librairie quelconque), avec les frais de ports offerts pour la France.

mercredi, juin 4 2008

Essential qualities

In France, there has just been a "scandal" after a married guy canceled a marriage after discovering his wife wasn't virgin. The real debate was concerning the judge's decision, funded on the fact that the wife knew it was important for him and lied and was eventually OK to cancel; however there have been a lot of protestations from political currents, causing the "Parquet" (I don't know the english equivalent) to appeal the decision (which, to me, seems a bit strange since, however dislikable the husband seems to me, both he and the wife actually want a cancellation).

This has quite nothing to do with the following; but it inspired me to write a very short fantasy story which is loosely linked. Or maybe not. And since I currently have some english curses, I thought it would be cool to translate it. So, here it is.

If some native english speaker could give me some feedback on the translation part, I would greatly appreciate it ^ ^


The prince Antoine de Mayr was carrying his wife Carimall in his arms when they entered in the room.

It was their wedding night; Carimall was gorgeous with her white lace robe, which had, alone, costed a small fortune; they were entering in a prestigious room of a royal castle in order to "consummate the marriage"; and yet, Antoine wasn't happy.

The reason was that their union wasn't a true love story. Antoine had know Carimall for some years and he liked her; yet, they still were marrying themselves so their two powerful families would get closer.

Antoine was feeling he just had lost his freedom and he was engaging, for the rest of his life, in a desperately boring routine.

'You don't look that much enthusismed', Cariamll noticed.

The young man shrugged and forced himself to smile.

'Excuse me', he said. 'The wine. I am a bit tired.'

He kissed his wife. Then, they both lied on an expensive bed canopy.

After they kissed again, Carimall sit down, turning her back to her husband so he could untie the knots of her robe.

'Hum', Antoine said while he was looking at the immaculately white sheets. 'There is something we didn't talk about...'

'Yes ?'

'Personally, I don't really care, but it is important for my parents. You know, there is this ceremony with the sheet, and...'

'Oh', Carimall said.

'So I was wondering... are you virgin?'

'I have a good news', Carimall joyfully said while she was standing up to remove her robe, still turning her back to her husband. 'I am virgin.'

'Oh. Good.'

'But,' Carimall added, 'I also a bad news. I am afraid it won't be that easy to deflower me.'

Antoine wrinkled while Carimall was turning herself. The husband noticed with a surprise that she had between her legs what he hadn't expected a women to have between her legs.

'Oh', he said.

'But again,' Carimall said, 'I also have a good news.'

Antoine raised his eyes toward his wife's face and saw she was smiling, exposing her teeth. What the young man especially noticed was the prominent vampiric canines.

'I think', Carimall said, 'that it is still quite possible that there is some blood on the sheet, after all.'

For a second, the young man rose his eyebrows, looking puzzled. Then, he smiled.

The wedding didn't look as much a desperately boring routine as what he had expected.

mardi, juin 3 2008

Mes écrits : Qualités essentielles

Je ne sais pas si vous avez suivi, mais il y a eu un mariage annulé par le mari parce que la mariée n'était pas vierge, et ça fait beaucoup de bruit.

À vrai dire, ça ne m'inspire pas de commentaire éminemment politique pour l'instant (j'y reviendrai peut-être). Par contre ça m'a inspirée pour une toute petite nouvelle (que j'ai écrit d'une traite et que je n'ai pas relu, donc ça vaut ce que ça vaut).


Le prince Antoine de Mayr tenait sa femme Carimall dans ses bras en entrant dans leur chambre.

C'était leur nuit de noces ; Carimall était magnifique dans sa robe à dentelle blanche qui avait coûté à elle seule une petite fortune ; ils se préparaient à entrer dans une chambre de luxe d'un château royal pour «consommer le mariage» ; et pourtant, Antoine n'était pas heureux.

La raison en était que leur union n'était pas une véritable union d'amour. Antoine connaissait Carimall depuis un certain temps et il s'entendait bien avec elle ; pour autant, il n'en restait pas moins qu'ils se mariaient uniquement pour rapprocher leurs deux familles.

Antoine avait l'impression qu'il venait de perdre sa liberté et qu'il s'engageait, pour le reste de sa vie, dans une routine désespérement ennuyeuse.

« Tu n'as pas l'air enthousiasmé», remarqua Carimall.

Le jeune homme haussa les épaules et se força à sourire.

« Pardonne-moi. Le vin, je suis un peu fatigué.»

Il embrassa sa femme, puis ils s'allongèrent tous les deux sur un lit à baldaquins.

Carimall s'assit ensuite, lui tournant le dos, afin qu'il défasse les noeuds des lacets de sa robe.

«Hum», fit Antoine en laissant tomber son regard sur les draps d'une blancheur immaculée. «Il y a une chose dont on n'a pas parlé...

— Oui ?

— Personnellement, je m'en moque un peu, mais c'est important pour mes parents. Tu sais, la cérémonie du drap, et...

— Oh.

— Du coup je me demandais... Est-ce que tu es vierge ?

— J'ai une bonne nouvelle», répondit joyeusement Carimall en se levant pour retirer sa robe. Elle tournait toujours le dos à son mari. «Je suis vierge.

— Oh, bien.

— Cela dit, ajouta la jeune femme, j'ai aussi une mauvaise nouvelle. J'ai bien peur qu'il ne soit pas aisé de me déflorer.»

Antoine fronça les sourcils tandis que Carimall se retournait. Il constata alors avec surprise qu'elle avait entre les jambes ce qu'il ne s'était pas attendu à ce qu'une femme ait entre les jambes.

« Oh, lâcha-t-il.

Cela dit, répéta Carimall, j'ai aussi une bonne nouvelle.»

Antoine releva les yeux vers son visage et vit sa femme sourire de toutes ses dents, dévoilant des canines de vampires.

« Je pense qu'il y a des chances qu'il y ait quand même du sang sur le drap.»

Le jeune homme haussa les sourcils d'un air intrigué, puis eut un petit sourire.

Le mariage s'annonçait ne pas être autant une routine désespérement ennuyeuse que ce à quoi il s'était attendu.

mercredi, janvier 30 2008

Mon approche de l'écriture

Je n'ai pas trop développé dans le passé l'aspect «écriture» sur ce blog ; c'est quelque chose que j'ai l'intention d'essayer de faire un peu plus dans l'avenir.

Pour commencer, voici un petit billet qui résume un peu ma théorisation (politique) sur ma façon d'écrire.

Ce que j'écris

J'écris avant tout dans le domaine dit des «littératures de l'imaginaire», ce qui regroupe en gros le fantastique, la science-fiction et la fantasy. Pour l'essentiel mes textes se déroulent soit :

  • directement dans un monde imaginaire de «fantasy», avec dragons, etc.
  • dans un monde qui ressemble au nôtre mais avec des élements irréels dont l'existence est parfois ambigue (on ne sait pas si c'est vrai ou une hallucination d'un personnage, par exemple) et parfois pas.

Je distinguerais principalement trois points «d'impact» entre écriture et politique dans mes textes, que je développerai ci-dessous : la parodie, la visibilité des LGBTI et, évidemment la lutte de classe.

Parodie

Il y a souvent un aspect humoristique dans mes textes parce que j'aime bien parodier des choses existantes. C'est particulièrement vrai dans les textes de «fantasy», comme «Elfe noire & démon rouge». Cela peut ne pas paraître vraiment politique à prime abord mais cela peut le devenir.

Cela pour la simple raison qu'un certain nombre de clichés et de stéréotypes me semblent réactionnaires. La fantasy en regorge particulièrement, entre les rois forts et héroïques, les peuples de monstres dégénérés inhumains qui veulent détruire les belles civilisations blanches, l'aspect très manichéen...

En ce sens la parodie peut être un moyen de dénoncer ces stéréotypes et de les détourner pour proposer autre chose à la place. Je vois donc là un aspect politique non négligeable.

Il ne faut cependant pas ignorer les limites de ce procédé. D'abord, le fonctionnement par parodie n'est pas toujours compatible avec le fait de garder une histoire un minimum sérieuse pour que le lecteur se sente plongé dedans.

Accessoirement, je me demande finalement si la parodie n'est pas qu'un moyen de faire semblant de faire du neuf avec du vieux... certes, on retourne certains clichés et on en détourne d'autres, mais à l'arrivée il y a un risque, si on se contente de ça, que le fond de l'histoire reste finalement le même.

Je ne me verrais pas écrire de longs textes entièrement parodiques. En revanche en avoir quelques éléments me semblent être un moyen agréable de se moquer ou de critiquer certaines choses tout en allégeant l'atmosphère.

Visibilité des lesbiennes-gays-bis-trans-intersexes

Un nombre non-négligeable de mes personnages sont lesbiennes, gay, bi, trans et/ou intersexes (bon, techniquement il n'y a pas encore d'intersexe visble). Cela n'est pas anodin et, il y a là encore, un aspect politique.

Cela pour la simple et bonne raison que l'identification à des personnages, notamment de fiction, me paraît être un aspect important de la construction d'un indvididu. Le fait de ne pas avoir de modèle auquel s'identifier est embêtant.

Par conséquent il me paraît important qu'il y ait des protagonistes qui soient autre chose que l'homme blanc cisgenre hétérosexuel. Pour les LGBTI cela me semble encore plus nécessaire parce que c'est une identité qui se «découvre» et où on n'a pas forcément de modèle de proches dans la famille : contrairement par exemple à un enfant noir, pusque ses parents sont a priori noirs aussi, sa famille, etc. Cela ne veut pas dire qu'il n'est pas nécessaire que les noirs et toutes les soi-disant «minorités» soient eux aussi représentés dans la fiction (et, là dessus, je pense que j'aurais beaucoup à revoir au niveau de la diversité dans mes textes). Simplement, pour avoir vécu une période de doute concernant mon identité trans', il me semble qu'avoir une référence, un personnage auquel m'identifier (qu'il soit fictif importe peu) m'aurait aidée.

En particulier, il me semble important de ne pas présenter, comme c'est trop souvent le cas, ces personnes comme uniquement définis par leur identité homosexuelle, trans', etc., mais au contraire de montrer qu'on est aussi et sans doute avant tout autre chose et que c'est finalement normal.

Cela ne veut pas dire pour autant qu'il faut tomber dans l'excès inverse et ne pas parler du tout d''homophobie, de racisme ou de sexisme et faire comme si cela n'existait pas, que les personnages étaient parfaitement acceptés.

Lutte de classe

Pour finir, la façon d'analyser le monde joue aussi un rôle évident lorsqu'on écrit. Je n'enlève pas mon étiquette de «marxiste» lorsque je commence à écrire. Mon analyse, ma façon de voir les choses reste la mienne et cela se traduit forcément dans mes nouvelles ou romans : ainsi la lutte de classe ou l'impérialisme seront en général plus présentés comme source de conflit que les guerres de civilisation ou le fait que telle race soit belliqueuse.

Je ne cherche pas forcément spécifiquement à faire passer telle ou telle idée politique, mais le fait de «baigner» d'être militante fait aussi que lorsque je lis, vis ou entends un truc intéressant sur telle grève ou telle révolte je vais parfois m'en inspirer pour un roman.

J'ai parfois tendance à un peu trop en mettre et j'ai conscience que cela peut être indigeste, surtout que je ne suis pas Ken Loach. En général j'épure pas mal à la relecture, notamment les débats politiques directs entre personnages (dans la version initiale du roman de fantasy que je suis en train de terminer de relire, un personnage citait directement Trotsky ; même si je trouve que c'était amusant et que la citation était bien, je l'ai supprimée par la suite).

Conclusion

Voilà, j'ai expliqué un peu comment je voyais l'articulation entre la poltique et l'écriture. C'est évidemment très personnel et pas nécessairement généralisable à d'autres personnes.

Au final, j'estime que je ne peux pas séparer l'écriture de fiction d'un militantisme politique et donc mes textes contiennent forcément un minimum cet aspect. Il y a un risque, évidemment, c'est qu'il devienne plus important que l'histoire et la phagocyte en la rendant inintéressante ; mais je pense qu'il peut aussi la nourrir et l'améliorer.

En tout cas, j'espère :o