Red is still undead

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mardi, février 12 2008

Marseille contre-attaque à gauche

Ce matin, Olivier Besancenot donnait une conférence de presse à Marseille pour indiquer son soutien des listes «Marseille contre-attaque à gauche», la seule liste de vraie gauche à Marseille, regroupant la LCR, les Alternatifs et des groupes plus petits dont le nom m'échappe pour l'instant.

J'étais invitée en tant que blogueuse.

Bon évidemment, c'est pas vrai, mais ça fait classe. J'ai toujours eu envie de faire comme les blogs de l'élite de la blogosphère à raconter comment j'étais invitée à manger des petits fours. J'étais évidemment là en tant que militante (et candidate) de ces listes, mais dit comme ça, ça pète un peu moins. Encore que candidate, ça fait classe. Si on fait plus de 55% des voix, je suis élue, en plus.

Je n'ai pas entendu grand-chose de la conférence de presse étant donné que la salle était pleine et qu'il fallait gérer un peu les journalistes. Du genre à leur lancer des «chut» quand ils discutaient bruyamment après être sortis. Sales gosses. Bon en fait c'était aussi et surtout pour boire un coup en même temps, mais passons.

Donc je ne m'étalerai pas trop sur ce qu'Olivier ou les portes-paroles des listes ont bien pu dire.

Simplement, comme je n'en ai pas parlé avant, ça me semble un peu intéressant de présenter ce que c'est que Marseille contre-attaque à gauche.

Comme je l'ai dit, c'est une liste de la gauche alternative à Marseille ; et, comme je l'ai dit, c'est la seule liste de vraie gauche. Parce qu'en face, le PS a certes su débaucher à gauche, puisqu'il part accompagné des Verts mais aussi du PC et de... LO, mais il s'est aussi largement ouvert à la droite, puisqu'un certain nombre de candidats sur ces listes sont des anciens UMP, et pas anciens comme «il y a dix ans» mais plutôt comme «il y a dix mois» (et encore, je suis large). Le candidat, Guérini, se vantait (en tant que président du conseil général) d'avoir su virer des RMIstes.

Voilà donc même si personnellement j'ai pas franchement été super active dans la création de ces listes, c'est quand même super que ça ait pu se faire, surtout que ça a pas été évident puisque, pour se présenter dans tous les arrondissements de Marseille, il fallait un peu plus de 300 candidats. C'est quand même pas rien, et ils ont été trouvés. Je ne sais pas si ça se traduira par des scores monstrueux (le dernier sondage que j'ai vu passer indiquait tout de même 5% sur Marseille, ce qui n'est pas mal) ni si on aura des élus, mais je trouve ça déjà vachement bien que ça se soit fait, et on va donner le maximum pour qu'une autre voix à gauche que les capitulards puisse se faire entendre.

lundi, novembre 5 2007

Sondage premier tour des présidentielles

Non, ce billet ne sort pas d'un gouffre temporel. Il se trouve effectivement des sondeurs pour avoir l'idée un peu bizarre de faire un sondage sur le premier tour des présidentielles quelques mois après les élections.

Et on constate que Sarkozy serait toujours élu. Avec encore plus de voix (enfin, avec les intervalles d'incertitude c'est pas forcément gagné) : 35% au premier tour et 55% au second.

Ce qui peut paraître paradoxal, c'est que dans le même sondage, on apprend 59% des sondés estiment que son action n'a pas permis d'améliorer la situation.

Mais en fait, ce que je trouve vraiment cool dans ce sondage, ce n'est pas ça. C'est plutôt que «le candidat de la LCR, Olivier Besancenot, fait un bond de près de 3 points à 7% (contre 4,08%)». 7%, putain.

Je veux dire, ça veut pas dire grand-chose et y'a pas de quoi se branler la nouille (d'un autre côté, c'est pas comme s'il fallait forcément une raison pour se branler la nouille), mais peut-être que c'est un signe que cette idée de faire un «nouveau parti anticapitaliste» (nom de code NPA pour les intimes) a une petite chance de donner quelque chose, finalement.

jeudi, avril 26 2007

Réponse d'Olivier Besancenot et de la LCR au questionnaire du Caritig

(Mis à jour le 9 novembre 2007)

Comme un certain nombre de politiques, Olivier Besancenot avait répondu au questionnaire du Caritig. Le Caritig, c'est le Centre d'Aide, de Recherche et d'Information sur la Transsexualité et l'Identité de Genre. Il s'agit donc de questions trans'.

Bon je sais bien que le premier tour est passé, donc même si vous trouvez les réponses super bien, ce sera trop tard pour voter Besancenot, mais je me suis quand même permise de copier/coller les réponses, parce que je pense que c'est intéressant, surtout que ce coup-ci (contrairement aux réponses à l'Inter-LGBT qui étaient, je trouve, pas terribles) elles sont super. Vous pouvez aussi télécharger les réponses en PDF ici. Le Caritig propose une analyse résumée des positions des différents candidats à avoir répondu (et bien évidemment les réponses des autres candidats, mais ce blog est plutot orienté ligue, si vous l'aviez pas remarqué :p).

Les réponses d'Olivier Besancenot et de la LCR 1 - En matière de changement d'état civil, la France fonctionne toujours sur la jurisprudence, pensez-vous qu'il faudrait légiférer afin d'obtenir des procédures uniformisées et simplifiées sur l'ensemble du territoire ?

Réponse Olivier Besancenot

Oui, il est important de proposer dès maintenant des procédures simplifiées et plus rapides, qui permettent à chacun-e, où qu'il/elle réside, de modifier son état civil. Mais à terme, ne faudrait-il pas réfléchir à retirer tout bonnement la mention du sexe sur les papiers administratifs et d'identité ?

2 - Pour une meilleure intégration sociale, êtes-vous prêt(e) à autoriser le changement d'état civil et de prénoms des personnes qui vivent dans le genre opposé à leur sexe anatomique sans que celles-ci ne soient dans l'obligation de subir des opérations chirurgicales ?

Réponse Olivier Besancenot

Oui, il nous semble essentiel que chacun-e puisse vivre son genre et sa sexualité comme il/elle l'entend. Cela implique de faciliter ce type de procédures, sans les faire dépendre d'une opération ou d'une décision médicale.

3 - La méconnaissance de la thématique transgenre par la majorité des professionnels de la médecine et de la justice engendre nombre de difficultés pour les personnes transsexuelles, envisagez-vous d'instaurer une politique de formation et de sensibilisation de ces professionnels ?

Réponse Olivier Besancenot

Il est essentiel d'imposer les questions trans dans la formation médicale (formation initiale et continue), de même qu'une réelle approche des questions de sexualité, d'orientation sexuelle... Car à défaut de formation, les médecins font toujours primer leurs propres convictions... pour le meilleur et, souvent, pour le pire. Tout cela devra être élaboré, accompagné et validé avec les associations trans, afin de s'assurer de la mise en oeuvre effective. Il faudra aussi y mettre les moyens, car trop souvent, des mesures restent inappliquées faute de financement.

4 - Nombre de personnes transsexuelles se font opérer à l'étranger, ce choix symptomatique exprime une défaillance de qualité des services médicaux actuels français (suivi psychiatrique coercitif, qualité déplorable des opérations, déni du libre choix des intervenants). Devant ce constat, quelles mesures concrètes avez-vous l'intention de prendre ? Êtes-vous favorable à la prise en charge des interventions chirurgicales à l'étranger ?

Réponse Olivier Besancenot

Si, dans un premier temps, la prise en charge des opérations à l'étranger doit être envisagée et mise en oeuvre, il faut le plus vite possible faire évoluer les services médicaux français. Et imposer une autre approche des questions trans dans leur globalité. Là encore, le rapport de forces associatif et politique s'impose.

5 - Actuellement, les équipes médicales françaises utilisent des protocoles arbitraires, différents, voire contradictoires pour certains et peu détaillés. Pour apporter de la cohérence dans la prise en charge, vous engagez-vous à faire que les recommandations de soins internationaux élaborées par la WPATH (World Professional Association for Transgender Health - anciennement HBIGDA) devienne la référence ?

Réponse Olivier Besancenot

Sur ce point précis, nous nous en remettons à votre expertise militante, car nous considérons que les associations sont les mieux à même de définir ce qui est nécessaire pour les principaux-ales concerné-e-s. Nous approuvons donc cette proposition.

Bon cette réponse est problèmatique dans le sens où les standards WPATH prônent la psychiatrisation des trans' et les conservent sous le contrôle des psy. Cela dit c'est par erreur et manque de formation (à l'époque où j'ai écrit ce billet, j'avais pas remarqué non plus, et je savais pas non plus à quoi correspondait le WPATH) que par volonté politique.

Mais dans le sens où il y a une opposition assez forte entre d'un côté les trans' anti-psychiatrisation et les trans qui sont pour, il n'est pas possible de se contenter de dire «nous nous en remettons à votre expertise militante».

6 - Alors que les études scientifiques de ces vingt dernières années tendent à démontrer que les personnes transsexuelles ne relèvent pas de la psychiatrie, appuierez-vous auprès de l'OMS le retrait du transsexualisme des classifications psychiatriques ?

Réponse Olivier Besancenot

Bien évidemment.

7 - Selon certaines études épidémiologiques étrangères, la population transgenre aurait un accès restreint aux services et programmes de santé publique (lutte contre le suicide, IST, VIH, etc.). Aucune étude française n'a été entreprise à ce jour, par exemple sur la séroprévalence des personnes transsexuelles ou encore sur la compatibilité des traitements antiviraux et hormonaux. Comptez-vous mettre en oeuvre une politique de prévention efficace auprès des personnes transgenres et apporter les moyens nécessaires pour la réalisation de telles études ?

Réponse Olivier Besancenot

Etudes et actions doivent être engagées de concert, le plus rapidement possible. En s'appuyant sur l'expérience des trans eux/elles-mêmes, il faut initier des campagnes de prévention ciblées, proposer des formations pour les soignants et ouvrir si nécessaire des « centres de santé » trans. Des crédits publics doivent être affectés pour la recherche sur ces questions.

8 - Comptez-vous élargir le champ d'application des programmes de lutte contre les discriminations (HALDE, sensibilisation par l'éducation nationale, dans les administrations et services publics, etc.) à celles liées à l'identité de genre ou à l'expression du genre ?

Réponse Olivier Besancenot

Oui, cela paraît essentiel. Selon nous la lutte contre les discriminations doit s'opérer à tous les niveaux de la société : Ecole, entreprise, services publics, ... Là encore, des études sur les discriminations transphobes seraient nécessaires.

9 - Des personnes transgenres sont victimes de persécution dans certains pays (meurtres, viols, agressions physiques), vous engagez-vous à reconnaître ce motif d'asile et prévoyezvous des mesures pour leur accueil ?

Réponse Olivier Besancenot

Les violences liées à l'identité de genre, ou à l'orientation sexuelle doivent évidemment devenir un motif d'asile. L'accueil nécessitera d'offrir un logement, un emploi et/ou un accompagnement social pour ceux/celles qui le souhaitent. Les associations auront toute leur place pour définir les meilleures conditions d'accueil.

10 - Pour les personnes transgenres de nationalité étrangère résidant sur le territoire français, leur accorderez-vous la possibilité de modifier leur état-civil sur leur carte de séjour ou carte de résident ?

Réponse Olivier Besancenot

Bien évidemment.

11 - Les personnes transgenres ayant une double nationalité doivent actuellement effectuer deux procédures de changement d'état civil. La France, moteur de l'Europe, ne devrait-elle pas reconnaître les décisions de justice telles que les changements d'état civil effectuées dans les autres pays de l'Union européenne ?

Réponse Olivier Besancenot

Il serait constructif que l'Europe s'harmonise par le haut, dans l'intérêt des individus et non seulement des profits...et notamment sur ce type de questions. Nous soutenons cette revendication.

jeudi, avril 19 2007

Votez comme vous luttez

Oui, en ce moment l'activité de ce blog se limite un peu à relayer les vidéos du site de campagne de Besancenot.

Bon en fait j'arrive pas à inclure la vidéo, ce menchevik de blog s'amuse à réécrire le HTML qu'on lui file, alors forcément.... désolée, je peux pas faire mieux.

Promis, après la campagne je ferai des billets un peu plus de fond, avec notamment :

  • quelle perspective révolutionnaire un marxiste devrait-il apporter au milieu du culturisme ?
  • l'heroic-fantasy doit-elle être anticapitaliste, ou peut-on se contenter d'être anti-feodaliste lorsqu'elle se déroule dans un monde féodal ?

Autant dire que, même si je suis pas foutue d'inclure une vidéo, ce blog s'annonce méchamment intéressant.

La police nous protège, mais qui nous protège de la police ?

(En fait, c'est surtout un billet pour tester l'inclusion de vidéos, mais tant qu'à faire...)

samedi, mars 31 2007

Quelques réactions à propos de la LCR, notamment

Avec l'approche des présidentielles, les débats politiques se font plus fréquents et souvent plus vifs. J'ai eu l'occasion d'entendre ou de lire un certain nombre de choses concernant la LCR ou d'autres partis qui me semblent au mieux inexactes. Ceci est donc mes réactions (ce qui n'est pas forcément «LA» position officielle de la ligue :o)).

5 candidats au lieu d'un à gauche du PS, c'est nul, tout ça pour une question d'égo

Un sujet qui revient souvent c'est bien sûr l'éclatement des candidatures «antilibérales», ou, variantes, des candidatures dites «trotskistes». Le propos étant qu'il y a 5 candidats : Laguiller, Besancenot, Bové, Schivardi et Buffet, alors qu'il n'en faudrait qu'un.

Ce qui n'est, bien entendu, pas faux. En revanche la raison souvent évoquée serait qu'il y a des problèmes d'égos. Ce qui, par contre, me paraît faux.

Déjà, il y a tout de même différentes lignes politiques dans ces cinq candidats :

  • Laguiller et Besancenot sont deux candidats dits «trotskistes» (techniquement Besancenot ne se dit pas vraiment trotskiste, mais bon), avec un programme relativement proche sur les questions économiques, effectivement.
  • Schivardi est aussi un candidat parfois dit trotskiste mais qui, lui, ne se dit même pas d'extrême-gauche, préfère l'appellation (controversée) «candidat des maires» et axe sa campagne sur le retrait de l'UE.
  • Buffet et Bové se réclament de la charte antilibérale.

Les deux questions ne deviennent donc plus «pourquoi n'y a-t-il pas qu'un candidat à gauche de la gauche», mais «pourquoi n'y en a-t-il pas que trois».

La raison pour laquelle Laguiller et Besancenot ne se présentent pas ensemble est relativement simple : Lutte Ouvrière a toujours voulu faire cavalier seul. Donc la seule possibilité de la LCR pour exprimer ses idées (et il y a tout de même des points de désaccords avec LO, notamment la LCR prend beaucoup plus en compte à mon avis tout ce qui ne touche pas directement à l'économie, comme les discriminations, l'écologie, etc.) était d'avoir un candidat...

... sauf à faire une alliance avec d'autres que LO. Et c'est plutôt cette voie là qui a été explorée, même si au final ça n'a rien donné, avec les candidatures antilibérales. La raison de la «sortie» de la LCR de ces collectifs n'était pas directement le programme (pour une élection, la LCR était prête à faire des compromis) mais la question d'un accord avec le Parti Socialiste, qui n'a jamais été clairement tranché. Je ne vais pas revenir longuement là-dessus, mais en tout cas il ne s'agit certainement d'une question «d'égo».

Mais pourquoi n'y a-t-il pas eu une candidature «commune» de ces collectifs, au moins sans la ligue, mais avec Bové à l'intérieur ?Là, la divergence politique est moins claire, plus larvée, et on pourrait croire effectivement qu'il s'agit d'une question d'égo entre Buffet et Bové. Sauf que ce n'est pas le cas. Les «bovétistes» n'ont pas accepté le fait que les collectifs désignent Buffet, dirigeante du PCF, avec éventuellement des doutes sur des collectifs un peu fantômes de certaines sections du PCF, et se sont finalement regroupés autour de Buffet autour d'un thème très anti-parti. Ce qui justifie plus ou moins la candidature Bové.

Voilà, j'espère avoir expliqué un peu, à ma sauce, cette multiplication des candidatures. Il ne s'agit pas de dire que c'est bien ni que personne n'a fait d'erreur. Je pense que la LCR n'a pas fait tous les efforts possibles pour faire gagner cette candidature, notamment en n'appuyant pas assez des amendements d'Aubagne qui 1) clarifiaient la situation vis à vis du PS 2) disaient clairement que le candidat ne pourrait être issu d'un parti. Je pense que le PCF a tenté de pousser absolument pour une candidature Buffet sans prendre en compte le fait que ça allait faire péter les collectifs. Et je pense qu'il y a aussi un problème dans la campagne Bové, qui disait au départ qu'il ne se présenterait pas s'il y avait Buffet et Besancenot («ne pas ajouter de la division à la division»), sans compter le fait de repousser la discussion de leurs collectifs pour savoir si cette candidature se maintenant à APRÈS la date de remise des signatures, donc quand elle ne pouvait plus qu'être maintenue.

C'est sans doute un gâchis, et il faut espérer qu'on arrivera à reconstruire une alliance après les présidentielles, mais ça ne se limite pas juste à une question d'égo entre Besancenot, Buffet, et Bové.

Besancenot (variante: Bové) a eu ses signatures grâce à l'UMP (variante: au PS)

Besancenot, tout comme Bové, ont effectivement eu des parrainages venant d'élus appartenant au PS voire à l'UMP. Cette proportion reste cependant à relativiser, puisque la majorité des parrainages viennent de maires non encartés de petites communes.

Le sous-entendu qu'il y a derrière ça est en général que la candidature de Besancenot (variante: Bové) avantagerait l'UMP grâce à la division (ou parfois le PS, mais là c'est moins clair pourquoi ça les avantagerait, surtout en 2007).

Déjà, je ne suis pas persuadée que ce soit vrai. Oui, un ou deux candidats à l'extrême-gauche en plus, ça va diviser un peu les voix. Mais bon, il n'est pas gagné non plus que quelqu'un qui votera Besancenot ou Bové aurait voté pour, disons, Buffet. Je pense qu'une proportion non négligeable s'abstiendrait à la place. Alors oui, ça fera perdre quelques voix à Buffet et Laguiller, et peut-être un petit peu aussi à Royal, mais du coup ça veut dire aussi qu'il y aura un ou deux candidats de plus qu'on verra à la télé pour dire du mal de la droite. Est-ce que cet inconvénient (du point de vue de la droite) est compensé par la division des voix ? Je ne sais pas. Y compris, est-ce que la droite a intérêt à ce que la gauche soit divisée pour se retrouver au second tour face à Bayrou, je ne suis pas persuadée non plus.

Mais bon, tout ça c'est des calculs politiciens, qui peuvent se révéler exacts ou complètement faux. Maintenannt, prenons la chose dans l'autre sens. Au nom de quoi la LCR, qui pensait que présenter Besancenot se justifiait et apportait quelque chose (sinon, on l'aurait pas fait) devrait dire «ah ben non, on refuse vos signatures» (déjà, on peut pas si elles sont envoyées directement au conseil constitutionnel, mais bon, admettons) «parce que vous ne faites pas ça pour les bonnes raisons» ?

On devrait dire «on est contre le système, mais on accepte de se laisser étouffer par lui, parce que si vous nous donnez un peu d'air c'est pour les mauvaises raisons» ? À ce compte là, est-ce qu'on devrait aussi refuser de partir sans se faire arrêter quand, après une manifestation, des policiers nous laissent nous en aller ? Leur demander de nous tabasser sous prétexte que s'ils ne le font pas, ce n'est pas parce qu'ils sont «gentils» mais pour emmerder tel commissaire ou tel préfet ?

S'ils y a plusieurs candidats c'est pour des raisons de fric, pour être plus remboursé

Ça, j'ai vu sur un blog je ne sais plus où, mais bon là c'est moins fréquent déjà :o). Bon est-ce que c'est vraiment la peine de rappeler le remboursement aux présidentielles ? Dans le doute...

  • 800 000 euros remboursés quoiqu'il en soit (enfin, faut les avoir dépensés pour des trucs liés à la campagne quand meme)
  • 10 fois plus, donc 8 000 000 si le candidat fait plus de 5%.

Donc, avec une candidature unitaire relativement assurée de faire plus de 5%, la gauche «antilibérale» aurait encore été remboursée deux fois plus qu'avec 5 candidatures à moins de 5%.

Donc l'argument économique ne tient pas vraiment la route.

La LCR cherche à récupérer tout mouvement

La LCR cherche à s'infiltrer dans des mouvements

Quand on est présent dans un mouvement, il y a en général deux possibilités: soit on sort les drapeaux, les autocollants, et tout, soit on ne les sort pas.

Si on les sort, «on» (enfin, certaines personnes très anti-parti) reprochera de vouloir récupérer le mouvement ; si on les sort pas, «on» nous reprochera de vouloir pas dire qu'on est à la ligue pour «noyauter» le mouvement.

samedi, mars 24 2007

Drapeau tricolore

Ségolène Royal souhaite que les Français aient tous "chez eux le drapeau tricolore".

Je trouvais un peu ridicule la tendance de la LCR à dire pour le deuxième tour "on appellera à voter pour la gauche mais on peut pas vous le dire tout de suite", mais avec ce genre de galimatias sur l'identité nationale, j'avoue que je commence à penser que j'aurais beaucoup de mal à glisser un bulletin Royal dans l'urne au deuxième tour.

Si je dois mettre un drapeau tricolore à ma fenêtre, ce sera pour une et une seule chose : le brûler.

vendredi, mars 23 2007

Réponse d'Olivier Besancenot à l'inter-lgbt

L'inter-LGBT avait envoyé des formulaires à la quasi-totalité des candidats à la présidentielle (sauf l'extrême droite). Certaines réponses sont maintenant disponibles, notamment celle d'Olivier Besancenot que je me permets de copier/coller ici.

1. Réformes institutionnelles

Si vous êtes élu-e, mettrez-vous en œuvre une réforme de l’article 1 de la Constitution, afin d’enrichir le principe d’égalité, qui devra alors s’appliquer « sans distinction d’origine, de religion, de sexe, de handicap, de situation de famille, d’apparence physique, de patronyme, d’état de santé, de caractéristiques génétiques, de mœurs, d’orientation sexuelle, d’identité de genre ou d’âge » (selon la liste des motifs de discriminations usuellement interdites par la loi) ?

Nous nous sommes prononcé en faveur de cette modification et aussi pour son extension à l’échelle de l’Union Européenne, lors du débat référendaire.

Signerez-vous et ferez-vous ratifier le Protocole 12 à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, pour une interdiction générale des discriminations ?

Oui, par contre nous disons droits de la personne humaine (et pas droits de l’Homme).

Négocierez-vous avec vos partenaires européens une application effective de la Charte des droits fondamentaux dans les États de l’Union Européenne, qui aurait alors des effets contraignants ?

La question est ambiguë. Nous sommes contre cette charte pour des raisons qui ne tiennent pas à ce qui vous préoccupe (elle comporte par exemple une remise en cause potentielle du droit de grève). En revanche, comme indiqué ci-dessus, nous sommes favorables à donner à la fin des discriminations une portée constitutionnelle à l’échelle européenne. 2. Couples

Êtes-vous favorable à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, avec tous ses effets, incluant notamment la possibilité pour un couple marié d’adopter ?

Sans aucune réticence. Nous ne sommes pas des adorateurs de l’institution du mariage, mais il va de soi qu’y souscrire ou pas ne doit dépendre que d’un choix personnel, sans aucune limite. Nous sommes aussi favorable à la possibilité de l’homoparentalité, sous la forme de l’adoption ou autre.

Êtes-vous favorable au maintien et à une amélioration du pacs, qui permettrait en particulier une égalité des droits sociaux et fiscaux entre les couples pacsés et mariés, soumis aux mêmes obligations de solidarité et d’assistance ?

Un bilan avait été promis lors de l’adoption du Pacs. On voit bien que l’absence d’égalité des droits (en particulier fiscaux et de partage des biens) pose un problème parfois grave. Donc oui, nous sommes favorables à cette égalité.

Êtes-vous comme nous opposé-e à la création d’un statut spécifique pour les couples de même sexe ?

L’égalité des droits interdit tout statut spécifique, inévitablement discriminatoire et infériorisant.

Souhaitez-vous conserver la souplesse des conditions de dissolution d’un pacs ?

Oui, et nous le sommes aussi pour l’institution du mariage en général.

Êtes-vous favorable à une amélioration du droit au séjour pour les personnes étrangères pacsées avec un-e Français-e ?

Nous sommes favorables à la libre circulation des personnes, à leur droit d’installation sans limitation, à la disposition de droits civiques après une courte période de séjour. C’est pour nous un principe général. Mais au moins devrait-on aligner les droit liés au Pacs à ceux à la mise en couple dans le mariage. Tout en soulignant que même le droit lié au mariage est attaqué et presque réduit à néant par la politique menée par Sarkosy.

Par quels moyens institutionnels comptez-vous faire aboutir ces réformes éventuelles (projet de loi ou proposition de loi) et sur quel calendrier ?

Nous avons décidé d’une campagne anticapitaliste et antidiscriminations. Ce second point nécessitera un arsenal de lois et de décisions politiques, dont l’essentiel devra être réalisé dans la première année de la législature. 3. Parentalité

Êtes-vous favorable à l’ouverture de l’adoption, simple aussi bien que plénière, à tous les couples, mariés, pacsés ou concubin, homo- ou hétérosexuels ?

Oui, c’est une position ancienne de la LCR.

Êtes-vous favorable à l’ouverture de l’adoption, simple aussi bien que plénière, de l’enfant par le second parent si la filiation n’est établie qu’avec un seul parent ?

Oui, mais vu la décision récente de la Cour de Cassation, cela nécessitera peut-être une loi propre.

Êtes-vous favorable à un assouplissement des conditions de partage de l’autorité parentale, afin de reconnaître la relation qu’un enfant peut tisser avec des tiers (beaux-parents et co-parents notamment) sur la base d’un projet familial, et pas seulement quand « les circonstances l’exigent » ?

Nous sommes favorables à tous les dispositifs qui tiennent compte à la fois de l’intérêt de l’enfant et de nouvelles formes de parentalité qui se sont généralisées. Il y a là un aspect réglementaire (peut-être législatif) mais surtout jurisprudentiel, dans lequel les préjugés et les conservatismes pèsent lourd et qu’il faudra changer.

Êtes-vous favorable à l’ouverture du droit à l’AMP (insémination artificielle avec donneur et fécondation in vitro) pour les couples de femmes ?

Nous sommes pour l’égalité complète de tous les droits quelle que soit la nature des couples. Donc à celui-ci aussi.

Par quels moyens institutionnels comptez-vous faire aboutir ces réformes éventuelles (projet de loi ou proposition de loi) et sur quel calendrier ?

Renvoi à la même question ci-dessus. Ce sont des questions qui doivent être résolues dans la première année de la législature 4. Lutte contre les discriminations

Quelles sont vos propositions pour que l’école s’engage concrètement contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre ?

L’école n’est pas un lieu en dehors des lois. Toutes les mesures qui stigmatisent l’homophobie et informent sur les orientations sexuelles alternatives doivent s’y appliquer (que ce soit en classe ou dans les cours d’école). Les programmes eux-mêmes doivent comporter une adresse spécifique de cette question.

Quelle politique de lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre comptez-vous mener dans la fonction publique et les entreprises publiques vis-à-vis des agents et des salarié-e-s, mais aussi vis-à-vis des usager-e-s de l’administration et des services publics ?

Dans l’attente d’une amélioration de la législation, il faut déjà faire en sorte que les lois existantes (parfois bien en avance sur les pratiques) soient mises en œuvre. Dans ce sens, les institutions qui relèvent de l’État doivent donner l’exemple.

De quelle manière comptez-vous mobiliser les partenaires sociaux pour que se mettent en place des politiques de lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre dans le monde du travail ?

La notion de « partenaires sociaux » nous est étrangère. Il n’y a rien à négocier en la matière, mais il faut imposer déjà les lois existantes.

Plus généralement, quelles mesures comptez-vous prendre en matière de lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre dans toutes les politiques publiques ?

Dans le cadre des entreprises, nous proposons d’instituer une obligation de bilan annuel devant les comités d’entreprises (ou commissions paritaires), sur la base d’un audit public extérieur, en liaison avec les associations concernées. Plus globalement, cela entre dans le cadre des politiques antidiscrimination que nous avons évoquées ci-dessus. 5. Personnes trans

Aujourd’hui, les pratiques des tribunaux dans les procédures de changement d’état civil pour les personnes trans diffèrent grandement selon les juridictions, en particulier sur le recours aux expertises médicales. Que comptez-vous faire pour que ces procédures soient harmonisées ?

Là encore, il y a deux aspects. Garantir d’un côté par la loi l’égalité des droits (qui va jusqu’au changement d’état civil) et en même temps lutter contre les jurisprudences conservatrices par un engagement ferme de l’État (par exemple par des appels systématiques du parquet contre les mesures discriminatoires).

Êtes-vous favorable à permettre le changement d’état civil sans obligation d’une opération chirurgicale pour les personnes qui vivent socialement dans le genre opposé à leur sexe d’origine ?

Oui

Devant les graves lacunes du système hospitalier français (obstruction de la part de psychiatres idéologues, qualité insuffisante des opérations chirurgicales), comment comptez-vous réorganiser les soins que nécessitent les personnes trans désirant changer de sexe ? Dans l’attente, êtes-vous favorable à la prise en charge par la Sécurité sociale des opérations effectuées à l’étranger, souvent de bien meilleure qualité ?

La priorité est la modification des mentalités et des pratiques en France même.

Êtes-vous favorable à la redéfinition de la liste des affections de longue durée nécessitant une prise en charge à 100 % des soins, de façon à ce que le transsexualisme et le transgenderisme ne soient plus définis comme des « troubles graves de la personnalité », notion stigmatisante pour les personnes concernées ?

Evidemment. En espérant qu’il n’y faudra pas le même temps qu’il a fallu pour s’en défaire dans le cas de l’homosexualité. 6. Solidarité internationale

Quelle réforme du droit d’asile proposez-vous, pour permettre un accueil des demandeurs d’asile qui soit respectueux de leurs droits (formation des personnels de l’OFPRA aux problématiques de persécutions fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, reconnaissance des menaces d’origine non-étatiques) ?

Êtes-vous favorable à la suppression de la notion de pays d’origine sûr ?

Comment comptez-vous intervenir auprès des États et des organisations internationales pour faire respecter les droits fondamentaux des personnes LGBT persécutées dans plus de 60 pays dans le monde ?

Sur l’ensemble de ces questions, nous rappelons notre position de principe : liberté de déplacement des personnes, liberté d’installation, disposition des droits civiques. Tout ce qui va dans ce sens, par l’élargissement du droit d’asile en particulier, par l’extension des cas qui peuvent favoriser l’installation en France, nous y sommes bien entendu favorable dans l’immédiat. 7. La santé des personnes LGBT

Quelle politique de prévention du suicide comptez-vous mettre en œuvre à destination des personnes LGBT, notamment des jeunes qui courent de 7 à 13 fois plus de risques de faire une tentative de suicide que les jeunes hétérosexuels ?

Il y a deux aspects à cette angoissante question. Celle d’une publicité assumée par les institutions publiques pour lutter contre les discriminations, appuyée sur les réformes indispensables. Cela doit aller de pait avec la mise en place et le développement d’institutions d’aide spécifique, avec un numéro vert gratuit d’accès.

Quels moyens et quelles orientations seront les vôtres pour mettre en œuvre une politique de prévention efficace contre le VIH et les IST ?

Les axes généraux sont connus. Gratuité des préservatifs, lieux de distribution de seringues, produits de substitution à certaines drogues injectables. Campagne soutenue contre la persistance de l’épidémie. Lutte contre la dégradation des conditions d’existence et d’accès aux soins de populations menacées (sans-papiers)

Quels moyens mettrez-vous en œuvre pour combattre les discriminations subies par les personnes séropositives ?

La loi doit être appliquée avec rigueur, c’est la première mesure. Ceci ne sera efficace que soutenu par des campagnes d’explication publiques.

Quelles mesures comptez-vous mettre en œuvre pour que les politiques de prévention destinées aux femmes (dépistage des cancers du sein et de l’utérus) incluent les lesbiennes, qui sollicitent moins souvent un suivi gynécologique ?

Les lesbiennes sont des femmes, aussi, même s’il faut distinguer le genre du sexe biologique. En la matière un vrai soutien institutionnel et financier aux associations devrait permettre ce travail d’information et d’incitation sanitaire.

Je suis évidemment d'accord avec la majorité des réponses. Je trouve tout de même dommage la réponse évasive sur le remboursement des opérations de changement de sexe à l'étranger :-/

vendredi, mars 16 2007

Feeling (a bit) useful

Jeudi soir, 19h, réunion publique LCR de ma section (ou cellule selon le genre qu'on veut se donner). Une quarantaine de personnes sont venues, le débat est intéressant et porte sur des points variés (économiques, impérialisme, LGBT, etc.). Bref, soirée sympa, d'autant qu'on vient d'apprendre qu'on a réussi à réunir les 500 sésames et donc qu'Olivier Besancenot pourra être candidat à la présidentielle.

Le lendemain, enfin après deux heures de sommeil, réveil à 4h pour aller à l'aéroport de Marignane soutenir Sedat, un sans-papier kurde qui va être expulsé, une première tentative ayant déjà eu lieu deux jours plus tôt. Il risque la prison en Turquie, et s'est mis en grève de la faim, mais ça ne perturbe pas la police, déterminée à le faire expulser. À cinq heures (le vol étant prévu à 6h50), malgré l'horaire très matinal, une cinquantaines de militants du Réseau Éducation Sans Frontières sont présents, informent les passagers et scandent des slogans. Après une heure de «suspens» et d'angoisse vécue depuis le hall de l'aéroport en essayant d'apercevoir ce qui se passe aux abords de l'avion, on finit par apprendre que grâce à certains passagers, Sedat n'embarquera pas cette fois-ci. Victoire donc, même si rien ne permet de dire que la police n'essaiera pas à nouveau de l'expulser d'ici quelques jours voire quelques heures.

Bref, je suis complètement crevée, mais, pour une fois, même si dans les deux évènements l'effet de ma présence est tout à fait anecdotique, j'ai l'impression de me sentir un tout petit peu utile, et ça fait du bien.

(Mise à jour dimanche 18 mars : une nouvelle tentative d'expulsion a eu lieu hier, et a une troisième fois échoué. Espérons que ce sera la dernière)

lundi, mars 12 2007

Concert de soutien à la candidature d'Olivier Besancenot

Pour les (éventuels :p) lecteurs parisiens de ce blog :

Concert de soutien à la candidature d’Olivier Besancenot

Dimanche 18 mars, 17 h, au Cabaret sauvage, M° Porte-de-la-Villette, (entrée libre) avec : Monsieur R, Youssoupha, 2 bal, Skunk, Alibi Montana, Ministère des Affaires populaires

et des interventions d’Olivier Besancenot, d’acteurs des mouvements sociaux, de représentants des collectifs de sans-papiers et des JCR.

(Cf l'annonce sur le site de la LCR)

En espérant qu'on aura les 500 signatures requises le 16 mars, parce que sinon ça risque de pas être la super bonne ambiance au concert... :o)

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(À noter pour ceux que ça amuse, avec le nouveau «look» des tracts et autre matériels de la LCR où on voit les différents manifestants en noir en bas, c'est qu'on peut jouer à «Où est le Che ?». Là c'est une version un peu petite, désolée, donc vous abîmez pas trop les yeux quand même)

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