Red is still undead

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mardi, août 12 2008

Message for reader of the english version...

Since it was a bit a pain to manage (and it wasn't possible to change the language of what was not in the posts, e.g. menus), I decided to separate the english version of "Red is undead", so this blog now becomes french-only.

My english posts are now on my "Traningrad" weblog.

samedi, août 2 2008

L'impérialisme transsexuel

Le titre, pour ceux qui n'auraient jamais entendu parler de ce merveilleur livre, est une référence à «L'empire transsexuel» de Janice Raymond, qui explique comment les transsexuels colonialisent l'identité et la culture féminine. Je ne résiste pas à citer une phrase que j'adore :

Tous les transsexuels violent les corps des femmes en réduisant la forme féminine réelle à un artefact, s'appropriant ce corps pour eux-mêmes. Les transsexuels coupent simplemennt le moyen le plus évident d'envahir les femmes, pour paraître non-invasifs.

Bon, je vous rassure, je ne vais pas parler de ce bouquin plus longtemps, parce que je ne pense pas que les trans' colonialisent l'identité des femmes.

En revanche, je pense qu'il y a une certaine colonisation de certaines identités dans certaines cultures sous le terme occidental de «transsexuel», dont j'ai vu quelques exemples dans des news ces jours-ci.

Commençons par la moins pire :

Des toilettes pour les élèves travestis

Tous les matins, avant d’aller en cours, les élèves du lycée Kampang, dans une région rurale de Thaïlande font un petit tour aux toilettes. Les toilettes des filles d’un côté, celles des garçons de l’autre et… celles pour les travestis au milieu, symbolisées par une silhouette coupée en deux, moitié homme en bleu et moitié femme en rouge. Des toilettes réservées aux plus de 200 garçons qui se considèrent comme «transgenre». Les «katoey», nom thaïlandais des transgenres «pourront aller aux toilettes tranquillement sans avoir peur qu'on les regarde, qu'on se moque d'eux ou qu'on les pelote», souligne le directeur de l'établissement.

Au moins, là, on utilise le terme thaïlandais (katoey ou kathoey), et on fait le lien avec le terme «transgenre», qui a au moins l'avantage d'être suffisamment large et flou pour être a priori capable de les inclure, même si je ne suis pas persuadée que dire que le terme «katoey» est «le nom thaïlandais des transgenres» soit vraiment pertinent.

Un autre article sur le même sujet est un peu plus problèmatique :

Une école secondaire de la Thaïlande a installé des toilettes destinées au «troisième sexe».

Cette décision a été prise après que la direction eut découvert que 10% des garçons qui fréquentent l'école se considèrent comme transsexuels et n'aiment pas utiliser les toilettes pour les garçons.

Le directeur de l'école explique à la BBC que la situation était une source de distraction pour ces jeunes garçons.

«C'est bien que l'école nous voit comme nous sommes», déclare un jeune transsexuel.

Cette fois-ci, non seulement on n'a plus le terme thaïlandais, et surtout on utilise le terme «transsexuel» à la place de transgenre. Transsexuel, c'est quand même beaucoup plus restrictif, et pour le coup ça ne correspond plus franchement. On fait rentrer dans une définition occidentale (et qui vient du monde médical) une réalité qui n'y rentre vraiment que très moyennement.

Pour finir, un autre article en anglais parle d'un rassemblement religieux des Hijras en Inde. Ou plutôt, c'est moi qui le déduis, parce que l'article ne parle que de «transsexuels». Là encore, c'est assez aberrant, puisque la majorité des Hijras ne sont pas transsexuels, et la plupart, si j'ai bien compris, se voient comme ni homme ni femme ou d'un troisième genre et n'essaient pas de «passer» pour des femmes.

Accessoirement il y a un rapport à la religion et au système de caste que je ne maîtrise certainement pas, mais qui explique pourquoi il y a ce genre de rassemblement religieux. La base même de ce rassemblement n'a aucun sens si on l'analyse juste en terme de «transsexuels».

Bref, tout ça pour dire que je trouve dommage, simpliste, et au final colonialiste la tendance à vouloir faire rentrer dans les termes occidentaux des réalités qui n'y correspondent pas (ou pas entièrement), sans même chercher à expliquer qu'il y a des «nuances». C'est nier la spécificité de ces identités et de ces cultures.

mercredi, juillet 30 2008

Irréelle

Je ne suis pas un vrai mec. Ça, je l'avais compris de puis longtemps.

On me dit aussi que je ne suis pas une vraie femme non plus.

On me dit que je ne suis pas une vraie lesbienne.

On me dit que je ne suis pas une vraie trans',

On me dit que je ne suis pas une vraie féministe, vu que je suis trans', même si pas une vraie.

Ce qui, au final, m'amène à me poser la question suivante :

Est-ce que j'existe vraiment, au final ?

On me fait quand même bien comprendre que non.

Mise à jour du 31 juillet : je crois que j'ai trouvé ma réponse dans des paroles de la chanson Achtung de Laibach[1] :

Achtung beide seiten

Achtung beide pole

Das wahre ist nicht immer wahrheit

Aber wir sind immer hier

Ce qui, si google traduction ne me trahit pas, veut dire en gros :

Attention les deux côtés

Attention les deux pôles

Le vrai n'est pas toujours la vérité

Mais nous sommes toujours là

Notes

[1] Oui, je crois qu'il n'y a que moi pour trouver le rapport avec des questions de genre dans un groupe souvent qualifié de néo-nazi, mais c'est pas grave :p

mardi, juillet 29 2008

Dégoûtée

Note: ce post a été autocensuré (ou, pour faire une version plus stalinienne, subi une révision de l'histoire).

En bref, je vis actuellement dans un certain cadre un moment assez difficile par rapport aux questions trans'. Ma réaction d'hier soir était un peu exagérée et surtout je pense que ce n'est pas forcément un mal que ce genre de choses se produisent, même si c'est assez dur à vivre. J'espère que ça permettra de percer l'abcès et d'avancer sur ces questions.

En attendant vu que c'est quelque chose en cours, je suis désolée, mais je ne m'étendrai pas pour l'instant sur le sujet.

lundi, juillet 28 2008

Rassemblements pour Rosa Pazos

Un peu en retard, mais pour signaler rapidement qu'aujourd'hui ont lieu en Espagne un certain nombre de rassemblement suite au meurtre de la militante trans' et anarchiste Rosa Pazos, assassinée le 11 juillet à Séville.

Je n'ai pas pu avoir à cette heure la traduction française du communiqué signé par un certain nombre d'organisations LGBTI, aussi je me contente de le résumer et de copier/coller la version espagnole.

Ils exigent notamment un éclaircissement des faits et le traitement du processus sous des conditions respectant la personne assassinée, de la part des autorités et des médias, dont le travail informatif a pour l'heure été offensant et transphobe.

Ils dénoncent la transphobie qui était présente dans la vie quotidienne de Rosa Pazos, notamment le fait qu'elle n'ait pas eu droit à de la chirurgie ou un changement de papiers parce que les personnes souffrant d'un diagnostic de "schizophrénie" ou une autre "maladie mentale" n'ont pas le droit de disposer de leurs corps.

Ils dénoncent aussi la transphobie quotidienne présente dans la rue, les lois, les médias. Ils demandent que l'Administration Publique assume ses responsibilités et effectue un travail sérieux pour l'intégration des personnes trans'.

Ils dénoncent la vulnérabilité dans laquelle se trouve les personnes trans' et la fréquence alarmante des meurtres dans des circonstances "étranges".

Enfin, ils revendiquent que le combat contre la transphobie est une lutte de tous et toutes et que la seule manière de combattre la transphobie quotidienne est d'apprendre à l'identifier et à la dénoncer dans tous les endroits où cette violence est produite.

(Merci aux camarades de la Guerilla Travolaka pour avoir transmis l'information.)


Comunicado por el asesinato de Rosa Pazos

La activista transexual y anarquista sevillana, Rosa Pazos fue asesinada el pasado 11 de julio en su domicilio. Organizaciones de minorías sexuales de todo el estado español han convicado concentraciones para este lunes como repulsa. Adjuntamos comunicado conjunto de estas organizaciones.

"El pasado viernes 11 de julio, Rosa Pazos, activista transexual de 47 años, fue hallada muerta en su domicilio de Sevilla. Tras someter su cuerpo a la correspondiente autopsia, el Instituto Anatómico Forense emitió un informe en cual se expresaba que Rosa había sido objeto de apuñalamiento.

Los grupos y colectivos firmantes de este manifiesto exigimos con carácter de urgencia:

1- El esclarecimiento de los hechos que rodearon la muerte de Rosa Pazos y ello a la mayor brevedad con el fin de evitar difamaciones sobre las causas asociadas a su muerte así como incrementar el dolor que ya de por sí supone para familiares, amigas/os y compañeras/os de Rosa.

2- La implicación en el caso del Fiscal General del Estado, Sr. Cándido Conde Pumpido con el fin de exigir y agilizar el esclarecimiento de los citados hechos.

3- El tratamiento del proceso bajo las condiciones de máximo respeto a la dignidad de la fallecida y de quiénes le rodean, tanto por parte de las instancias policiales y judiciales involucradas en el proceso como por parte de los medios de comunicación, cuya labor informativa sobre el caso de Rosa hasta el momento ha resultado extremadamente ofensiva y transfóbica tal y como se viene denunciando desde el conocimiento de la noticia. El respeto a la identidad de Rosa y a la intimidad de su persona descarta el sensacionalismo de los medios y el talante discriminatorio con el que hasta la fecha se ha abordado la noticia.

Al mismo tiempo, denunciamos la enorme transfobia que rodeó la vida cotidiana de Rosa, así como el hecho de que se le negara su derecho al cambio de documentación y acceso a la cirugía debido a que nuestro sistema de salud entiende que una persona con un diagnóstico de esquizofrenia o cualquier otra "enfermedad mental" no puede decidir sobre su cuerpo o su identidad de género. Esa era la denuncia de Rosa y sin duda también la nuestra.

Las transfobias cotidianas que se encuentran en las calles, en las leyes, en los medios de comunicación, etc, son las que impiden a muchas personas acceder a derechos básicos como el acceso al mundo laboral, el respeto a la propia identidad y el derecho a la autodeterminación del propio cuerpo lejos de la tutela psiquiátrica.

Exigimos que la Administración Pública asuma su responsabilidad y trabaje para la integración laboral y social de las personas trans. Exigimos un trabajo serio, a la altura de la gravedad y la importancia de la situación: no queremos más parches, creemos firmemente que la manera de evitar este tipo de situaciones es trabajar directamente desde la raíz del problema y hacerlo sin excusas. No es una propuesta seria ni consecuente aquella que aprueba una "ley de identidad de género" para evitar la discriminación y al mismo tiempo trata de enfermas a quienes manifiestan una identidad de género diferente a la mayoritaria. Diferente, no por ello patológica. Reivindicamos que se trabaje para deconstruir los estereotipos que asocian la identidad trans con lo extraño, lo monstruoso y lo perverso, por destruir todos esos mensajes que generan odio y nos convierten en marginados y marginadas sociales.

Denunciamos una vez más la extrema vulnerabilidad de nuestro colectivo y la más que alarmante frecuencia con la que nos encontramos casos de personas trans muertas en extrañas circunstancias.

Reivindicamos nuevamente que la lucha contra la transfobia es una lucha de todos y de todas, es un compromiso de quienes queremos construir una sociedad distinta. Que la única forma de acabar con estas discriminaciones y violencias que se visibilizan en las calles de nuestras ciudades, en los despidos, en la exclusión, en las agresiones verbales y físicas es identificarlas en nuestro entorno más cercano y denunciarlas en todo momento. Porque aunque desde los movimientos sociales luchemos para acabar con la transfobia, la verdadera lucha está en nuestras calles, nuestros barrios, nuestras escaleras, donde cada día se vive la violencia.

Por todo ello, los grupos abajo firmantes convocamos a todas las personas el próximo lunes 28 de Julio a las 18 horas para acudir a las concentraciones que tendrán lugar en las diversas ciudades en aras de exigir una investigación transparente de rigor y el cese de la transfobia que ha venido acompañando al tratamiento del caso de la muerte de Rosa Pazos.

Recordamos que los grupos de Barcelona, Bilbao, Donosti, Gastéiz, Galicia, Madrid y Zaragoza aquí firmantes realizamos ya una labor de observación sobre la evolución judicial y mediática del caso con objeto de denunciar cualquier tipo de injerencia o de vulneración que por acción u omisión pueda tener lugar durante el proceso. Así mismo, denunciaremos por los cauces formales pertinentes cualquier tipo de acto que atente contra la dignidad de la fallecida y en particular aquellos de naturaleza discriminatoria que se dirijan contra el respeto a la identidad de género.

BARCELONA - 18:00 - Frente a la sede de Delegación de Gobierno

BILBO - 19:30 - Plaza Circular Abando

DONOSTI - 19:30 - Frente al Boulevar

GASTÉIZ - 19:30 - Plaza de la Virgen Blanca

MADRID - 18:00 - Frente a la sede de la Fiscalía General del Estado (c/ Fortuny, nº4, Colón)

SANTIAGO DE COMPOSTELA - 20:00

CORUÑA - 21:00 - El Obelisco

ZARAGOZA - 20:30 - Plaza de España

SEVILLA - 20:00 - Pza. Barrio de la Barzola

Firman este manifiesto: Acera del Frente, Madrid Guerrilla Travolaka, Barcelona MariBolheras Precárias, Corunha Stonewall, Aragón Medeak, Donosti Mass Medeak, Bilbo Ehgam, Euskal Herria ATA (Asociación de Transexuales de Andalucía) 7menos20, Gastéiz Amasol, Aragón Asoc. madres y padres de lesbianas, gays, transexuales y bisexuales de Aragón ATURUXO (Federaçom de Associaçons LGBT da Galiza) Col·lectiu Gai de Barcelona Emaize, asesoría sexológica del ayuntamiento de Gasteiz Énfasis, Gasteiz Errespetuz-Asociación Vasca de Transexuales (Euskadi) Front d’Alliberament Gai de Catalunya Gaytasuna, Gastéiz Gaztehgam, Euskal Herria Grupo de Respuesta Antipatriarcal, Madrid Liberacción, Madrid Panteras Rosas, Galiza Nomepisesofreghao (feministas desgeneradas), Galiza Centro Social Atreu, Galiza Panteras Rosas, Sevilla Queer Ekintza, Bilbo RQTR, Madrid Towanda, Aragón Panteras Rosa, Portugal

mercredi, juillet 16 2008

C'est la même chose...

Et par "la même chose", on parle de la Burqa et du voile, en tout cas selon Fadela Amara, et pas, mettons, de la gauche parlementaire et de la droite parlementaire, qui semblent pourtant complètement à l'unisson sur le sujet.

Mais Fadela Amara, je la trouve plus balaise encore que les autres.

Par exemple :

Je ne suis pas favorable au port du voile», dit-elle avant de rectifier: «Je ne parle pas de nos mères mais des filles nées en France».

Je suis tout à fait d'accord avec elle pour dire que la génération des «filles nées en France» ne porte pas forcément le voile pour de même raisons que la génération précédente. Mais dire qu'il y a un bloc de «mères» pour qui c'est OK mais les «filles» non, euh... Surtout si c'est pour des raisons de sexisme, j'ai pas forcément l'impression que la génération précédente soit spécialement plus émancipée.

Le voile, oui, mais seulement si t'es vieille, quoi. Logique.

Continuons :

Il y a aussi des mecs qui kiffent des filles avec la burqa, c'est donc parfois de l'ordre du fantasme sexuel

Donc, le problème de la Burqa c'est que ça cache les filles du regard sexuel des autres hommes. Mais aussi que ça les sexualise parce que c'est un fantasme sexuel.

Euh, c'est pas un peu contradictoire ?

Je ne nie pas le fait que quelque chose qui est destiné à limiter la sexualité finisse comme fantasme sexuel, il n'y a qu'à voir les ceintures ou les cages de chasteté.

Est-ce que ça veut dire que toutes les femmes (parce que leur logique féministe veut, je le rappelle, qu'on ne fasse pas chier les mecs) qui aiment être «bottom» dans les relations BDSM sont des anti-républicaines aussi ?

Après Fadela Amara dit des choses vraies :

Fadela Amara juge cette décision «excellente, légitime, particulièrement crédible parce qu'elle se fonde sur les valeurs de notre République».

Je pense effectivement que cette décision se fonde sur les mêmes valeurs qui ont conduit à la collaboration enjouée pour faire la chasse aux juifs et aux cérémonies de dévoilement pendant la guerre d'Algérie.

Et puis bon, sérieusement, à force de stigmatiser les personnes qui portent le voile, je pense que ça encourage plus à le porter en réaction à l'islamophobie gouvernementale qu'autre chose. Je veux dire, putain, je crois que si j'avais pas peur que ce soit mal interprétée des femmes musulmanes et que je sois pas capable de le faire tenir sur ma tête, je me mettrais à le porter aussi, ce putain de voile, rien que pour faire chier ces cons.

lundi, juillet 14 2008

The construction of transgender

While many feminists defend the rights of transpeople and even see "transgender" as something positive in the fight against patriarchy, there have also been feminist criticisms of "transgender" or "transgenderism" (a recent one being from miss Andrea, who triggered quite hostile reactions but who at least allowed me to find a title for this post :p). While the "transgender" term is quite large and groups different things (crossdressers, gender-queer, ...), the main reproaches are concentrated on people who physically "transition" (i.e., go through hormonotherapy or surgery) and/or who define as being in the "opposite" gender than the one they were assigned to. (For me, that would more or less correspond to the "transsexual" category, but since the debate has been launched on "transgender" and I prefer this term, I'll stay with it.)

Personally, I'd tend to divide those criticisms into two trends:

  1. an essentialist one, which basically says "you'll never be a woman because you'll never be pregnant".
  2. a more constructivist one, which would rather say "transgender actually reinforces gender norms".

While I don't think the first is interesting, my opinion is that the second one needs to be adressed.

I think it raises interesting questions, one of them being: "are transgender people 'compatible' with social constructivism ?". I believe the answer is YES, and this is why I'd like to explain my (social constructivist) vision of "transgender construction" (i.e, how an individual can end up as transgender, not the construction of the transgender movement[1]). Since I am not an intensive reader, I don't know if what I say here has already been said elsewhere, or proven to be wrong. I guess that, for a tranny, it is a bit of a difficult exercise since it requires to have an analysis which is sometimes in contradiction with personal feelings ; I just hope I didn't get too wrong on it.

A woman soul in a man body

There is this expression, over and over: "a woman soul in a man body". There are other sentences to describe transgenderism which I find essentialist (e.g, "an error from Nature" or "being born in the wrong body"), but this one is #1. It has been repeated so much that the mere fact of saying that you're trans' can trigger reactions such as "Oh, yeah, a woman soul in a man body. Must be hard for you."

I don't like this expression. Actually, I hate it. First, I'm a materialist, I don't believe in some obscure soul. I don't think I was a woman who has been reincarnated or something like that.

And, what with the "man body" part ? My body is mine. So, if I'm a woman, it's a woman body. Since I rather define as a tranny, it's a tranny body. But it's not a "man body". It may be a biologically male body, but not a man one, since, well, "man" and "woman" are social constructs.

Now, I have to admit that there is actually some truth in this sentence, even if I don't like the formulation. Basically, it says that the person, though she has a biologically male body and is seen and assigned as "man", deepely feels being a woman.

A constructivist hypothesis

I saw some constructivist feminists having problems with this (people feeling being of the "other" gender). Personally, while I don't remember I ever felt my "soul" was a woman's one, I think it is quite understandable.

In a nutshell, I would say that "transgender" exists because of gender.

Gender, for me, is a social construct; but I think the assignation process is not 100% reliable. I think part of the explanation is just "sometimes, things don't work"[2].

Basically, for a reason or another, transgender people end up "feeling" that they are not "true men" or "true women"[3]. Since there is a very high social pressure to be either man or woman, well, if you're not one, you're the other. And since men are supposed to have biologically male bodies, and women are supposed to have biologically female bodies, it ends up being easier to take hormones and have surgery.

Now, something which must be made clear before going further: what I say here is at an analysis level. When you live it, of course, you don't say to yourself "oh, I don't feel good as a man, let's say I'm a woman".

Personally, I am taking hormones, and I didn't do it because I thought "oh, it will be easier this way". What I felt is that I hated my body and it wasn't me and taking hormones to make it more "female" was making peace with myself. But that is at the "feeling" level; from a feminist analysis, I believe that the reason of these feelings lies not in a innate female brain or female soul, but in what society made me understand since I was born.

While I understand that some people find easier to say that they were "born" like that, I don't think it's less "respectable" to say that what you are and what you feel are the results of a social construction.

Now all of this doesn't mean that I think the biological body of a person doesn't play a role at all in the gender they determines themself.

What I don't think is that biological features of a body are per se "man" or "woman" features. Of course, if I live in a society where all men are expected to be physically strong, and I'm not, this can play a role in whether I can feel "man" or not. But it is not because being strong is in itself a man thing; it is because being strong is a man thing in this culture.

On the "reinforcing gender" thing

Now all of this doesn't answer the initial feminist criticism: by identifiying as the opposite gender and undergoing physical changes, do transpeople reinforce gender norms ?

Since I say that the feeling of being a "man" or a "woman" and the need to undergo physical changes are the results of social pressure, the answer could be: "yes", because, well, they just don't resist enough. And the same could be said of, well, non-trans people who define as "men" or "women" and don't resist gender norms "enough".

But I have trouble saying that the act in itself is "sexist" or "reinforcing gender norms" because it depends how it is seen. E.g., I think saying "I will be a real woman when I have surgery" does reinforce gender norms (in this case, the link "vagina=woman"), while I don't think it is the case for "I will accept my body better when I have surgery". It's the same thing for, say, high heels. I don't have a problem with a woman wearing high heels if she likes that, but I think there is one if the only reason to wear them is because she's a woman.

Now I think that, concerning transgender, the real way to fight gender norms is not to label some people or movements "subversive" or "feminists" and some others "gender reinforcing" or "reactionary"[4], but to fight the social pressure (starting by the one coming from psychiatrist teams) which requires people to be either men or women and to have a "sex" that match their gender. Which isn't to say that transpeople shouldn't be able to have hormones or surgery, but they should not be required to have them.

And I think that, for transpeople and everyone, the real question is not whether you wear lipstick or not, whether you had your breasts augmented or not (or whether you stuff your bra or not), or even whether you define as a man/woman or not. The only really important thing is what you concretely DO against (or for, but I hope that for most readers it will be against) patriarchy, sexism and all oppressions.

Notes

[1] Just a side note on the "transgenderism" and "transsexuality" construction as a whole. From what I understand, "transsexuality" was mainly constructed by psychiatrists (e.g., Harry Benjamin) who tended to be quite normative about gender norms. So, indeed, you could say that it is quite gender-reinforcing. On the other hand, the inclusion of "trans" in LGBT (and feminist) community and the development of transgender associations allowed to take some distances from initial psychiatrical and norms. I think that currently, "transgenderism" is still full of tensions and contradictions because of these two opposite forces pulling in opposite directions.

[2] Probably because of the contradictions in gender. The "true man" and the "true woman" concepts not only are impossible to reach and somewhat contradictory, but also depend on the cultures and even individual people.

[3] Of course, there are degrees in that. Many people don't feel they are "true men" or "true women" either, but on a scale where they can still cope with their assigned gender.

[4] And I think labelling them like this is also a bit of "essentialising" them, since it is equivalent to saying that homosexuality is in itself subversive and transgenderism in itself reactionary (or subversive too, depends who you are asking, but whatever). I personally don't think an identity or a sexuality is in itself politically subversive, revolutionary or anything. It is the analysis and the concrete struggles which are politically charged.

samedi, juillet 12 2008

La soumission, mais tant qu'elle est bien de chez nous

Histoire d'arrêter un peu sur les trans' et de revenir à mes premiers amours, c'est-à-dire l'islamo-gauchisme[1].

Libé notamment parle d'une Marocaine qui se serait vu refuser la naturalisation française en bonne partie parce qu'elle portait la burqa.

Bon, déjà, on notera que Libé illustre l'article avec une femme qui porte un niqab, et pas une burqa. Donc bon, ha ha, quoi (voilà, ça c'était pour faire croire que je m'y connaissais sur le sujet, maintenant je vais pouvoir dire n'importe quoi).

Ensuite, si c'était pas plutôt triste, ça me ferait plutôt marrant, ce genre de logique.

D'abord, la raison de la non-naturalisation : un comportement en société incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment le principe d'égalité des sexes. C'est quoi, ce comportement ? Venir draguer lourdement ? Traiter une femme de salope ? Frapper sa copine ou sa femme ? Ah, non. Là, faudrait quand même pas déconner. Je veux dire, y'aurait, quoi, un mec sur deux dont il faudrait supprimer la nationalité française ?

Non, le problème, entendons nous bien, c'est que la dame est soumise. Et ça, c'est contraire aux valeurs de la France. En France, personne n'est soumis à son mari ou aux hommes.

Sauf que bien sûr, c'est du flanc. La vérité c'est qu'on la voit pas, la soumission, même quand elle est sous nos yeux en permanence. Que les femmes soient obligées de se taper les boulots précaires, c'est pas de la soumission ? Que les femmes se tapent deux fois plus de tâches ménagères, c'est pas de la soumission ? Qu'à travail égal, elles soient payées entre 20% et 30% de moins, c'est pas de la soumission ? Et putain, devoir se maquiller la tronche pour être jolie parce que c'est ce que doit être une femme, c'est pas une forme de soumission, aussi ?

Mais ça, on le voit pas. La burqa, c'est visible, par contre. C'est étranger. C'est choquant. Le reste, c'est juste normal.

Bref. Voilà la raison de la non-naturalisation : la femme est soumise aux hommes tandis que les bonnes françaises ne le sont pas, ou en tout cas pas de cette manière. Et là, on atteint l'apogée de l'hypocrisie franchouillarde (quoiqu'on l'avait déjà atteint avec la loi sur le voile) : cette femme est une victime, donc on l'enfonce encore plus. Parce que bon, je suis pas super calée en droit, mais ne pas la naturaliser maintenant, ça revient pas à dire que, ben, du coup, elle est totalement dépendante de son mari si elle veut un jour espérer avoir cette nationalité ? Le mari auquel on était censé vouloir qu'elle soit moins soumise?

Et on a le même petit détail qu'avec la loi contre le voile à l'école : c'est bien beau, toute cette agitation pour se dire «pour l'égalité des sexes» ou «féministe», mais au final, quand on fait les comptes, qui c'est qu'on a fait chier ? Des femmes. Moi je suis pas forcément pour une position «guerre des sexes», mais il me semble que si on fait vraiment un truc féministe, c'est plutôt des mecs qu'on devrait emmerder. Non ?

Notes

[1] Ça, c'est quand on est gentil. Je me suis faite traiter d'islamo-fasciste, aussi, qui est quand même plus marrant.

vendredi, juillet 11 2008

Qu'un sang impur n'abreuve pas nos perfusions

Aujourd'hui, j'ai eu le droit à mon premier refus de me prendre mon sang.

(... Ou pas. En fait, je m'étais déjà fait éjecter parce que je venais d'être malade).

Je leur ai demandé directement, histoire de ne pas perdre de temps (je veux bien arriver en retard au boulot pour donner mon sang, mais quitte à ne pas le donner, autant le savoir tout de suite. Ou alors qu'ils me fassent au moins la piqure, histoire qu'on voit la marque et que ça me donne une excuse) : est-ce que vous acceptez les transsexuels ?

La réponse est : non.

Sur ce, l'infirmière a voulu me convaincre de rester pour avoir les explications du médecin, mais comme je devais aller bosser et qu'il fallait attendre, j'ai refusé. Je me disais aussi que je n'aurais qu'à chercher un peu sur Internet pour trouver la raison.

En fait, non. En cherchant "don du sang transsexuel" sur google, on ne trouve que des pages parlant de l'exclusion... des homos. Discrimination d'un côté, invisibilité de l'autre. (MàJ du 11 juillet : et ce billet. Aha !)

Enfin, discrimination... bon, moi en soi je m'en fous quand même un peu de pas pouvoir donner mon sang. Je veux dire, c'est pas dramatique. Maintenant, bon, vu qu'on est en manque de sang, je me dis que c'est con de se baser sur des préjugés pour ça.

Cela dit, je vais essayer de repasser discuter ce soir, parce qu'il y a peut-être des bonnes raisons, pour le coup. Je prends un traitement hormonal et c'est peut-être gênant pour le don du sang ; je le comprendrais tout à fait.

Par contre ça me ferait chier qu'on me considère comme «à risque» du point de vue du Sida parce que je suis trans', alors que, bon, faut être honnête, niveau risque de ce côté là, il n'y en a vraiment pas beaucoup, vu comment ma sexualité est à peu près aussi vive qu'un zombie (et je parle des vrais zombies tout morts et qui avancent pas vite, pas de ceux qui courent, hein).

Post-scriptum: après un coup d'oeil rapide sur les conditions pour donner son sang, il semblerait que certains anti-androgènes posent problème :

Par exemple, le délai d'attente après arrêt de Roaccutane (Acné), de Chibroproscar (Prostate), de Propétia ( repousse des cheveux), peut atteindre 1 mois.

Le Chibroposcar, c'est de la finastéride, et j'ai l'impression que le Propétia aussi (même si je l'ai vu sous le nom de «Propecia»), c'est-à-dire un anti-androgène assez léger. Du coup j'ai du mal à imaginer que l'acétate de cyprotérone (Androcur), qui est beaucoup plus lourd (c'est un castrateur chimique, quoi) ne me vaille pas une exclusion pour le coup assez légitime.

Post-post-scriptum (mise à jour du 11 juillet 2008): après être retournée dans un camion à sang et avoir discuté un peu, la réponse est : non, ça ne vient pas des médicaments, c'est parce qu'on est une population à risques.

Je lui ai demandé si moi, du coup, je pouvais quand même donner vu que, niveau rapport sexuel, ben voilà, euh, on va dire que y'a pas beaucoup de risque : nein.

Du coup, ce que j'en pense :

  • l'idée de population à risque, plutôt que de pratique à risque, je trouve ça idiot. Il me semble que ça manque complètement de finesse.
  • si les trans' sont une population à risque, est-ce qu'il ne faudrait pas axer plus de prévention vers ces personnes plutôt que de laisser quelques associations faire comme elles peuvent ? La seule étude sur la prévalence du Sida chez les trans' en France doit avoir une semaine et a été l'oeuvre d'associations et non pas du ministère de la santé. Donc d'un côté on se sert de la prévalence pour éjecter du don du sang mais de l'autre côté on ne fait rien pour réduire ce taux. Ça me fout un peu en rogne.
  • s'il y a un rejet de la population "trans'", je me demande sur quelle base ça se fait : autant pour les homos il y a un acte clair "relation sexuelle avec une personne de même sexe", autant pour les trans', euh... Si je retourne dans le même camion et que j'explique que je suis juste un mec qui s'habille en jupe parce qu'il a du sang écossais, je peux donner ? (Ah non, le sang du Royaume-Uni n'est pas trop apprécié non plus). Si je rejette l'appellation "transsexuelle", est-ce que je peux donner ? Ou alors c'est le simple fait de porter une jupe ou de parler au féminin quand on a un zizi qui fait rentrer dans une «population à risque» ?
  • ils m'ont quand même proposé une boisson, ce qui prouve qu'ils ne sont pas si méchants que ça, mais tout de même, ça n'empêche pas.

Post-post-post-scriptum (mise à jour du 18 juillet 2008): j'ai eu un témoignage d'au moins une personne trans' ayant pu donner son sang sans problème. Apparemment, il faut juste ne pas y aller avec ses gros sabots et demander «vous prenez les trans' ?». Si on remplit juste le formulaire, ça passe. (Ça dépend peut-être des médecins, aussi.)

jeudi, juillet 10 2008

Pourquoi je ne suis pas agenre (ou peut-être que si, un peu, après reflexion)

(Billet mis à jour le 10 juillet 2008)

Ce billet poursuit un peu, et contredit peut-être partiellement, ma réflexion commencée dans Pourquoi je suis trans'.

De la définition de «agenre»

Avant de commencer, je voudrais préciser quelques petites choses, pour ne pas être mal comprise. D'abord, je ne suis pas très intellectuelle. Je lis peu de textes vraiment politiques ou philosophiques fondamentaux. J'ai une idée très floue de ce qu'est la théorie queer ainsi que, pour être honnête, de la plupart des théories.

C'est pourquoi j'éviterai ici de parler de queer, parce que j'ai peur de ne pas vraiment maîtriser le terme.

Je me contenterai du terme «agenre», qui est simplement le fait de ne se retrouver ni dans un genre ni dans l'autre.

De la destruction des genres

Comme je l'ai dit, je ne suis pas énormément versée en théorie. Mais, tout de même, je pense que le système de genre est un système oppressant, aliénant et totalitaire qui dicte la façon dont on doit se comporter selon qu'on ait un pénis ou un vagin (et qui mutile ceux qui ont quelque chose entre un pénis et un vagin).

Je suis pour la destruction complète des genres. Pas immédiatement, parce que ce n'est pas vraiment envisageable, mais à terme je ne pense pas qu'on devrait avoir de rôle lié au fait qu'on soit un mâle, une femelle ou un intersexe.

Et c'est pour cela que j'ai souvent été tentée de m'identifier comme trans agenre : ni homme, ni femme, autre chose[1].

Du côté fluctuant de la subversion

Seulement, je pense maintenant que j'ai tort. Si j'étais identifiée comme une femme grâce à un traitement hormonal, une épilation définitive et/ou une corpulence moins importante, les choses seraient peut-être différentes. Et je pense que dans, mettons, cinq ans, les choses seront effectivement peut-être différentes.

Là, dire que je ne suis ni homme ni femme serait le plus subversif, du moins c'est ce qu'il me semble, parce que ça me paraît être dans l'absolu le plus subversif : dire «je n'ai pas de genre, je n'en ai pas besoin», c'est attaquer le système de genre.

Mais en tant que trans' en transition, et même en début de transition, puisque je n'ai encore eu droit ni à des hormones ni une épilation laser ni évidemment à de la chirurgie, les choses sont différentes. Les gens me voient comme ni l'un ni l'autre, plus ou moins. Parfois avec un côté méprisant, parfois non. En revanche beaucoup, y compris pas forcément censés être les pires réactionnaires, refusent de me voir comme une femme, parce que autant ils pourraient accepter de voir une trans' hormonée et opérée comme une femme, autant là ce n'est pas le cas.

Et du coup, il me semble que dans ces circonstances, dire «je suis une femme» est plus subversif que dire «je n'ai pas de genre».

Là, si j'étais une marxiste compétente, il me semble que je devrais insérer le mot «dialectique». Seulement, j'ai déjà dit que j'étais nulle en théorie ? Il se trouve que je n'ai jamais compris non plus le sens exact de ce mot. Il me semble juste qu'il y a une incohérence entre le genre dans lequel je suis vue et celui dans lequel je me ressens. Cet écart qui peut être dur à vivre quotidiennement a néanmoins, à mon avis, un intérêt : c'est qu'il remet en cause le système de genre.

De mon identité

Bien sûr je ne choisis pas mon identité de genre uniquement en fonction de mes convictions politiques et de ce qui est le plus efficace à un instant t pour essayer de les faire avancer un peu (sinon, je ne devrais logiquement pas prendre d'hormones ; pourtant si je n'en prends pas c'est uniquement parce que l'équipe officielle me fait poireauter).

Mais, ça joue. Et la réflexion politique me fait aussi remettre en question ce qui a fait que je me considérais de telle ou telle identité.

Le fait de se définir «ni homme ni femme» me semble ainsi partiellement être dû au fait qu'il est pour moi plus facile à l'heure actuelle de l'accepter comme ça. Par exemple il est plus glorifiant de me dire «je n'ai pas envie d'aller dans une réunion non-mixte femme car je ne me considère pas comme une femme, ah ah, je suis agenre, queer» que «j'ai envie d'aller dans une ag non-mixte femme, mais je n'ose pas y aller car j'ai peur qu'on me rejette car je suis trans'».

Donc voilà, je considère non seulement (comme c'était déjà le cas avant) que j'ai autant le droit d'être considérée comme une «vraie» femme qu'une femme bio ; mais maintenant, en plus, je décide de l'appliquer [2].

Je suis une femme, et cela implique le fait d'être reconnue comme une femme même quand je n'ai pas de maquillage, de jupe ou de tee-shirt dit «féminin».


Mise à jour du 10 juillet 2008 : après quelques mois «outée», je ne ressens plus les choses de la même manière. J'ai trouvé que beaucoup de personnes m'ont «acceptée» avec une certaine facilité, que ce soit pour parler de moi au féminin ou pour mon changement de prénom. Mais en même temps, j'ai l'impression que s'il y a un système assez tolérant au fait que je puisse devenir une «femme» (je pense qu'avec quelques milliers de dollars, je n'aurais pas trop de mal à me faire opérer et à changer d'état-civil), le fait que je sois trans' est beaucoup moins accepté.

Un exemple concret, c'est les formulaires, dont l'apogée est ce qui est au final marqué sur la carte d'identité. Il y a masculin, il y a féminin. Il y a homme, il y a femme. Or, autant je ressens le besoin de parler de moi au féminin, etc., j'ai l'impression que rentrer dans la catégorie «femme» revient à nier complètement mon identité trans'. Or, elle est importante pour moi : ce n'est pas juste une transition d'un état à un autre, c'est bien plus que ça.

Et je ressens comme une énorme violence de devoir choisir entre «homme» et «femme» sur un formulaire, même si j'ai le droit de mettre la case «femme».

Du coup, à la réflexion, je ne suis pas une femme. Ce qui ne veut pas dire que je sois sans genre : je parle au féminin, je m'habille de fait avec des vêtements plutôt associés à la féminité (sauf pour les chaussures), et si je dois le faire, je me définirais de genre «féminoïde», comme «une trans'» ou «une pasfemme». Si on prend le cliché un peu pourri comme quoi les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus, alors je serais sur un satellite de Vénus (sauf que autant cette jolie métaphore marcherait bien dans l'autre sens, en satellite de Mars, puisque je pourrais dire que je suis sur Phobos ou Deimos, autant là, vu que techniquement Venus a pas de satellite connu, ça tombe un peu à plat).

Voilà, petite mise à jour pour ceux que mes tergiversations transidentitaires intéressent.

Notes

[1] Pas «entre les deux», parce qu'«entre les deux», ça fait quand même très bayrouiste. Ni l'un ni l'autre, plutôt.

[2] Ou, en tout cas, d'essayer. Le fait que je considère que j'ai le droit de vivre d'une telle manière ne veut malheureusement pas dire que tout le monde va l'accepter.

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