Ce week-end j'ai participé à la réunion nationale des comités pour un Nouveau Parti Anticapitaliste.
D'abord il y a eu des réunions plénières à 800 le samedi de 10h à 16h (je n'ai assisté que le matin, puisque de 13h à 16h30 j'étais partie à la marche des fiertés), plutôt intéressantes mais qui à mon avis étaient plus faites pour se "donner la pêche" que pour permettre de vraiment discuter.
Ensuite, réunion en commissions de 16h30 à 20h. Personnellement j'ai suivi la commission féministe. C'est triste de constater qu'alors qu'il n'y a que 35% de femmes dans le NPA, dans les réunions féministes pourtant non-mixtes on atteint les 80%... Bien sûr c'est normal que les femmes se sentent plus concernées, mais que les mecs le soient si peu ?
Cela dit, cette commission a été riche en débats, qui ont porté sur des sujets comme permettre aux femmes de militer plus facilement, notamment en abordant des questions pratiques comme les gardes d'enfants, mais aussi des questions de la construction du genre. J'ai d'ailleurs fait une petite intervention qui reprenait les grandes lignes de mon billet précédent sur le lien entre LGBTI et féminisme et la necessité de mettre en avant la question des genres.
Le dimanche matin, nouvelle réunion en commission, cette fois-ci je vais dans la commission LGBTI (pas réunie la veille, notamment vu qu'il y avait la marche des fiertés). Questions sur l'état de mobilisation dans le parti, assez faible, même si on peut quand même se lancer des fleurs : la LCR a, parait-il, été le premier parti à se doter d'une commission homosexualités ; et, plus récemment, c'est à ma connaissance également le premier à avoir une commission LGBTI.
Là encore j'ai poussé pour un lien avec les questions féministes pour un antisexisme large, mais les camarades n'étaient pas très convaincu/e/s, argumentant du fait qu'une commission séparée augmentait la visibilité alors que sinon on se dissolvait. Personnellement, j'estime que c'est vrai pour les gays, mais que les lesbiennes, trans et intersexes sont invisiblisé/e/s dans les deux groupes. Je pense qu'il y aurait plus de chose à dire sur le lien entre mouvements lesbiens et trans' avec mouvements LGBT et féministes, mais ça demanderait un peu plus de recherche vu que je connais assez peu (je commence à un peu mieux comprendre l'histoire du mouvement trans', mais je ne suis pas une historienne non plus).
Après ces débats, nouvelle réunion plénière jusqu'à 13h pour exposer les conclusions des commissions. Notamment un appel a été rédigé et communiqué (je l'ai uniquement en version papier, et j'ai la flemme de le taper, donc désolée vous ne pourrez pas le lire ici).
Donc globalement un week end fatiguant mais intéressant et riche en débats. Et puis j'ai pu croiser des copains très geeks mais très sympas à Paris, ce qui est d'autant plus cool :)
Quelques points négatifs quand même :
- grrrrr j'en ai marre de devoir expliquer sur les formulaires que si on veut demander le genre on peut mettre autre chose que "sexe: homme/femme", vu que ça revient à dire qu'on ne peut être qu'homme ou femme, d'une part, et d'autre part que c'est la même chose que le sexe biologique. Je pense donc que c'est binaire, essentialiste et transphobe. Du coup ça m'a un peu enervée et comme j'en avais marre de griffoner deux pages d'explications sur le formulaire pour que ça ne change rien, j'ai juste barré et écrit en gros : "Questionnaire transphobe = poubelle". Quitte à ce que les choses avancent pas, autant faire comprendre que je suis en colère, merde.
- je suis passée en vitesse à la marche des fiertés, et je n'ai pas pu voir les camarades d'act-up bloquer le char de gaylib, ou, mieux, y participer, ce qui est décevant.
- En 48h de non accès au net, le moins qu'on puisse dire en voyant les journaux est qu'ils se lachent contre le NPA, entre le fait que Besancenot serait "manipulé par la droite" et Jean-Marc Rouillan qui s'intéresse au NPA, ce qui prouve bien qu'on est des sales terroristes. (Moi perso je suis pas fan des méthodes, même si j'en ai déjà eu envie, mais avoir un camarade qui pourrait nous parler de la prison je trouve vraiment ça intéressant et à mon avis là dessus on a de grosses lacunes là-dessus. Ce qui me fait penser, pour passer du sérieux au divertissement, qu'il faut que je m'achète la saison 5 de Oz.)
Post-scriptum: ah, en fait je viens de recevoir la déclaration par mail, alors je vais vous la mettre.
Appel de la coordination nationale des comités d’initiatives pour un Nouveau Parti Anticapitaliste
Le Nouveau parti anticapitaliste est en marche !
Nous sommes des milliers de travailleur-s-es, des villes et des campagnes, avec ou sans emploi, avec ou sans papiers, des jeunes, des retraité-e-s, des précaires, des militant-e-s politiques, associatifs, syndicaux, nouveaux ou anciens, en train de concrétiser ce projet.
Il regroupe aujourd’hui plus de 300 comités et la dynamique se renforce. Elle est le résultat d’une prise de conscience : on ne peut plus laisser faire un système capitaliste mondialisé qui conduit le monde dans le mur ! Entré dans une crise économique, financière, énergétique, alimentaire dont nul ne peut prédire les conséquences, ce système met plus que jamais la seule recherche du profit au centre de ses décisions au mépris de millions de vies. Les grands équilibres écologiques sont menacés. Parce qu’il est à la source du problème, le capitalisme, comme tous les systèmes productivistes, est incapable d’y apporter une solution. Dans un monde où les inégalités se creusent, les émeutes de la faim se généralisent, conséquence de la politique des grandes puissances impérialistes, des institutions à leur service (FMI, OMC...) et de la spéculation honteuse sur les produits de première nécessité.
La guerre « sans limites » décrétée par Bush et ses alliés dont la France, étend ses horreurs à travers le monde.
Ici, Sarkozy et le Medef multiplient les attaques qui traduisent l’arrogance des puissants. Rarement la politique de la droite a été aussi ouvertement agressive envers l’immense majorité de la population. Rarement les possédants, les actionnaires, le patronat se sont montrés aussi avides de profits au mépris du bien-être élémentaire des populations. Oui, l’exaspération est partout, contre la mise en cause des acquis, des solidarités, des services publics, la difficulté à « joindre les deux bouts », contre la dégradation des conditions de vie et de logement, le racisme et les discriminations, les politiques sécuritaires… Il ne faut pas gaspiller les potentialités de cette exaspération en se prêtant au jeu de dupes du « dialogue social » avec le gouvernement, par la division, les journées de grève saucissonnées, secteur après secteur. Ici et maintenant, nous pouvons réagir ! Un « tous ensemble » déterminé et unitaire, la généralisation des luttes et des grèves, voilà ce qu’il faut pour battre le gouvernement et ses contre-réformes !
Pour peser dans ce sens, il faut regrouper nos forces dans un parti qui ne lâche rien, n’abandonne personne. Il n’est pas possible de rassembler dans un même parti ceux qui veulent en finir avec le capitalisme et ceux qui s’en accommodent. Il n’est pas possible de rassembler dans un même gouvernement ceux qui défendent les droits des travailleurs et ceux qui défendent le pouvoir des actionnaires, ceux qui veulent rompre avec les politiques libérales et ceux qui les mettent en pratique, ceux qui veulent construire une Europe des travailleurs et les plus zélés artisans de l’Europe de la libre concurrence et du profit. C’est pourquoi nous voulons un parti totalement indépendant du Parti socialiste, un parti qui défende jusqu’au bout les intérêts de tous les exploité(e)s.
Nous vous appelons à construire toutes et tous ensemble une gauche qui ne renonce pas, une gauche de combat, anticapitaliste, internationaliste, antiraciste, écologiste, féministe, révoltée par toutes les discriminations. Pour changer le monde, il nous faut un parti qui se bat jusqu’au bout contre le système, pour la transformation révolutionnaire de la société. La gauche que nous voulons doit s’organiser à l’échelle internationale et notamment européenne, être présente aux élections sans jamais oublier que ce sont les mobilisations sociales, culturelles et écologistes qui imposeront le changement.
Avec la mémoire des expériences passées, nous allons élaborer ensemble, en prenant le temps du débat, une nouvelle perspective socialiste démocratique pour le 21ème siècle. Nous n’avons pas de modèle, et surtout pas les régimes prétendument « communistes » du siècle dernier, mais nous avons des objectifs. En finir avec la dictature que le capital impose à l’économie et à la société toute entière, pour construire la démocratie la plus large que l’humanité ait jamais connu, où la « main invisible du marché » sera remplacée par des décisions collectives.
Nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir répondre à ce défi. Individus, équipes militantes, courants politiques révolutionnaires, libertaires, communistes, socialistes, écologistes, antilibéraux, continuons à nous rassembler !… Dans son village, son quartier, son entreprise, son lieu d’étude, chacune, chacun peut et doit apporter, à son rythme, sa pierre à la construction de cet outil pluraliste et démocratique. La réussite est à notre portée.
En avant !
St Denis, le dimanche 29 juin 2008.