Red is still undead

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mercredi, juillet 30 2008

Irréelle

Je ne suis pas un vrai mec. Ça, je l'avais compris de puis longtemps.

On me dit aussi que je ne suis pas une vraie femme non plus.

On me dit que je ne suis pas une vraie lesbienne.

On me dit que je ne suis pas une vraie trans',

On me dit que je ne suis pas une vraie féministe, vu que je suis trans', même si pas une vraie.

Ce qui, au final, m'amène à me poser la question suivante :

Est-ce que j'existe vraiment, au final ?

On me fait quand même bien comprendre que non.

Mise à jour du 31 juillet : je crois que j'ai trouvé ma réponse dans des paroles de la chanson Achtung de Laibach[1] :

Achtung beide seiten

Achtung beide pole

Das wahre ist nicht immer wahrheit

Aber wir sind immer hier

Ce qui, si google traduction ne me trahit pas, veut dire en gros :

Attention les deux côtés

Attention les deux pôles

Le vrai n'est pas toujours la vérité

Mais nous sommes toujours là

Notes

[1] Oui, je crois qu'il n'y a que moi pour trouver le rapport avec des questions de genre dans un groupe souvent qualifié de néo-nazi, mais c'est pas grave :p

mardi, juillet 29 2008

Dégoûtée

Note: ce post a été autocensuré (ou, pour faire une version plus stalinienne, subi une révision de l'histoire).

En bref, je vis actuellement dans un certain cadre un moment assez difficile par rapport aux questions trans'. Ma réaction d'hier soir était un peu exagérée et surtout je pense que ce n'est pas forcément un mal que ce genre de choses se produisent, même si c'est assez dur à vivre. J'espère que ça permettra de percer l'abcès et d'avancer sur ces questions.

En attendant vu que c'est quelque chose en cours, je suis désolée, mais je ne m'étendrai pas pour l'instant sur le sujet.

vendredi, juillet 11 2008

Qu'un sang impur n'abreuve pas nos perfusions

Aujourd'hui, j'ai eu le droit à mon premier refus de me prendre mon sang.

(... Ou pas. En fait, je m'étais déjà fait éjecter parce que je venais d'être malade).

Je leur ai demandé directement, histoire de ne pas perdre de temps (je veux bien arriver en retard au boulot pour donner mon sang, mais quitte à ne pas le donner, autant le savoir tout de suite. Ou alors qu'ils me fassent au moins la piqure, histoire qu'on voit la marque et que ça me donne une excuse) : est-ce que vous acceptez les transsexuels ?

La réponse est : non.

Sur ce, l'infirmière a voulu me convaincre de rester pour avoir les explications du médecin, mais comme je devais aller bosser et qu'il fallait attendre, j'ai refusé. Je me disais aussi que je n'aurais qu'à chercher un peu sur Internet pour trouver la raison.

En fait, non. En cherchant "don du sang transsexuel" sur google, on ne trouve que des pages parlant de l'exclusion... des homos. Discrimination d'un côté, invisibilité de l'autre. (MàJ du 11 juillet : et ce billet. Aha !)

Enfin, discrimination... bon, moi en soi je m'en fous quand même un peu de pas pouvoir donner mon sang. Je veux dire, c'est pas dramatique. Maintenant, bon, vu qu'on est en manque de sang, je me dis que c'est con de se baser sur des préjugés pour ça.

Cela dit, je vais essayer de repasser discuter ce soir, parce qu'il y a peut-être des bonnes raisons, pour le coup. Je prends un traitement hormonal et c'est peut-être gênant pour le don du sang ; je le comprendrais tout à fait.

Par contre ça me ferait chier qu'on me considère comme «à risque» du point de vue du Sida parce que je suis trans', alors que, bon, faut être honnête, niveau risque de ce côté là, il n'y en a vraiment pas beaucoup, vu comment ma sexualité est à peu près aussi vive qu'un zombie (et je parle des vrais zombies tout morts et qui avancent pas vite, pas de ceux qui courent, hein).

Post-scriptum: après un coup d'oeil rapide sur les conditions pour donner son sang, il semblerait que certains anti-androgènes posent problème :

Par exemple, le délai d'attente après arrêt de Roaccutane (Acné), de Chibroproscar (Prostate), de Propétia ( repousse des cheveux), peut atteindre 1 mois.

Le Chibroposcar, c'est de la finastéride, et j'ai l'impression que le Propétia aussi (même si je l'ai vu sous le nom de «Propecia»), c'est-à-dire un anti-androgène assez léger. Du coup j'ai du mal à imaginer que l'acétate de cyprotérone (Androcur), qui est beaucoup plus lourd (c'est un castrateur chimique, quoi) ne me vaille pas une exclusion pour le coup assez légitime.

Post-post-scriptum (mise à jour du 11 juillet 2008): après être retournée dans un camion à sang et avoir discuté un peu, la réponse est : non, ça ne vient pas des médicaments, c'est parce qu'on est une population à risques.

Je lui ai demandé si moi, du coup, je pouvais quand même donner vu que, niveau rapport sexuel, ben voilà, euh, on va dire que y'a pas beaucoup de risque : nein.

Du coup, ce que j'en pense :

  • l'idée de population à risque, plutôt que de pratique à risque, je trouve ça idiot. Il me semble que ça manque complètement de finesse.
  • si les trans' sont une population à risque, est-ce qu'il ne faudrait pas axer plus de prévention vers ces personnes plutôt que de laisser quelques associations faire comme elles peuvent ? La seule étude sur la prévalence du Sida chez les trans' en France doit avoir une semaine et a été l'oeuvre d'associations et non pas du ministère de la santé. Donc d'un côté on se sert de la prévalence pour éjecter du don du sang mais de l'autre côté on ne fait rien pour réduire ce taux. Ça me fout un peu en rogne.
  • s'il y a un rejet de la population "trans'", je me demande sur quelle base ça se fait : autant pour les homos il y a un acte clair "relation sexuelle avec une personne de même sexe", autant pour les trans', euh... Si je retourne dans le même camion et que j'explique que je suis juste un mec qui s'habille en jupe parce qu'il a du sang écossais, je peux donner ? (Ah non, le sang du Royaume-Uni n'est pas trop apprécié non plus). Si je rejette l'appellation "transsexuelle", est-ce que je peux donner ? Ou alors c'est le simple fait de porter une jupe ou de parler au féminin quand on a un zizi qui fait rentrer dans une «population à risque» ?
  • ils m'ont quand même proposé une boisson, ce qui prouve qu'ils ne sont pas si méchants que ça, mais tout de même, ça n'empêche pas.

Post-post-post-scriptum (mise à jour du 18 juillet 2008): j'ai eu un témoignage d'au moins une personne trans' ayant pu donner son sang sans problème. Apparemment, il faut juste ne pas y aller avec ses gros sabots et demander «vous prenez les trans' ?». Si on remplit juste le formulaire, ça passe. (Ça dépend peut-être des médecins, aussi.)

jeudi, juillet 10 2008

Pourquoi je ne suis pas agenre (ou peut-être que si, un peu, après reflexion)

(Billet mis à jour le 10 juillet 2008)

Ce billet poursuit un peu, et contredit peut-être partiellement, ma réflexion commencée dans Pourquoi je suis trans'.

De la définition de «agenre»

Avant de commencer, je voudrais préciser quelques petites choses, pour ne pas être mal comprise. D'abord, je ne suis pas très intellectuelle. Je lis peu de textes vraiment politiques ou philosophiques fondamentaux. J'ai une idée très floue de ce qu'est la théorie queer ainsi que, pour être honnête, de la plupart des théories.

C'est pourquoi j'éviterai ici de parler de queer, parce que j'ai peur de ne pas vraiment maîtriser le terme.

Je me contenterai du terme «agenre», qui est simplement le fait de ne se retrouver ni dans un genre ni dans l'autre.

De la destruction des genres

Comme je l'ai dit, je ne suis pas énormément versée en théorie. Mais, tout de même, je pense que le système de genre est un système oppressant, aliénant et totalitaire qui dicte la façon dont on doit se comporter selon qu'on ait un pénis ou un vagin (et qui mutile ceux qui ont quelque chose entre un pénis et un vagin).

Je suis pour la destruction complète des genres. Pas immédiatement, parce que ce n'est pas vraiment envisageable, mais à terme je ne pense pas qu'on devrait avoir de rôle lié au fait qu'on soit un mâle, une femelle ou un intersexe.

Et c'est pour cela que j'ai souvent été tentée de m'identifier comme trans agenre : ni homme, ni femme, autre chose[1].

Du côté fluctuant de la subversion

Seulement, je pense maintenant que j'ai tort. Si j'étais identifiée comme une femme grâce à un traitement hormonal, une épilation définitive et/ou une corpulence moins importante, les choses seraient peut-être différentes. Et je pense que dans, mettons, cinq ans, les choses seront effectivement peut-être différentes.

Là, dire que je ne suis ni homme ni femme serait le plus subversif, du moins c'est ce qu'il me semble, parce que ça me paraît être dans l'absolu le plus subversif : dire «je n'ai pas de genre, je n'en ai pas besoin», c'est attaquer le système de genre.

Mais en tant que trans' en transition, et même en début de transition, puisque je n'ai encore eu droit ni à des hormones ni une épilation laser ni évidemment à de la chirurgie, les choses sont différentes. Les gens me voient comme ni l'un ni l'autre, plus ou moins. Parfois avec un côté méprisant, parfois non. En revanche beaucoup, y compris pas forcément censés être les pires réactionnaires, refusent de me voir comme une femme, parce que autant ils pourraient accepter de voir une trans' hormonée et opérée comme une femme, autant là ce n'est pas le cas.

Et du coup, il me semble que dans ces circonstances, dire «je suis une femme» est plus subversif que dire «je n'ai pas de genre».

Là, si j'étais une marxiste compétente, il me semble que je devrais insérer le mot «dialectique». Seulement, j'ai déjà dit que j'étais nulle en théorie ? Il se trouve que je n'ai jamais compris non plus le sens exact de ce mot. Il me semble juste qu'il y a une incohérence entre le genre dans lequel je suis vue et celui dans lequel je me ressens. Cet écart qui peut être dur à vivre quotidiennement a néanmoins, à mon avis, un intérêt : c'est qu'il remet en cause le système de genre.

De mon identité

Bien sûr je ne choisis pas mon identité de genre uniquement en fonction de mes convictions politiques et de ce qui est le plus efficace à un instant t pour essayer de les faire avancer un peu (sinon, je ne devrais logiquement pas prendre d'hormones ; pourtant si je n'en prends pas c'est uniquement parce que l'équipe officielle me fait poireauter).

Mais, ça joue. Et la réflexion politique me fait aussi remettre en question ce qui a fait que je me considérais de telle ou telle identité.

Le fait de se définir «ni homme ni femme» me semble ainsi partiellement être dû au fait qu'il est pour moi plus facile à l'heure actuelle de l'accepter comme ça. Par exemple il est plus glorifiant de me dire «je n'ai pas envie d'aller dans une réunion non-mixte femme car je ne me considère pas comme une femme, ah ah, je suis agenre, queer» que «j'ai envie d'aller dans une ag non-mixte femme, mais je n'ose pas y aller car j'ai peur qu'on me rejette car je suis trans'».

Donc voilà, je considère non seulement (comme c'était déjà le cas avant) que j'ai autant le droit d'être considérée comme une «vraie» femme qu'une femme bio ; mais maintenant, en plus, je décide de l'appliquer [2].

Je suis une femme, et cela implique le fait d'être reconnue comme une femme même quand je n'ai pas de maquillage, de jupe ou de tee-shirt dit «féminin».


Mise à jour du 10 juillet 2008 : après quelques mois «outée», je ne ressens plus les choses de la même manière. J'ai trouvé que beaucoup de personnes m'ont «acceptée» avec une certaine facilité, que ce soit pour parler de moi au féminin ou pour mon changement de prénom. Mais en même temps, j'ai l'impression que s'il y a un système assez tolérant au fait que je puisse devenir une «femme» (je pense qu'avec quelques milliers de dollars, je n'aurais pas trop de mal à me faire opérer et à changer d'état-civil), le fait que je sois trans' est beaucoup moins accepté.

Un exemple concret, c'est les formulaires, dont l'apogée est ce qui est au final marqué sur la carte d'identité. Il y a masculin, il y a féminin. Il y a homme, il y a femme. Or, autant je ressens le besoin de parler de moi au féminin, etc., j'ai l'impression que rentrer dans la catégorie «femme» revient à nier complètement mon identité trans'. Or, elle est importante pour moi : ce n'est pas juste une transition d'un état à un autre, c'est bien plus que ça.

Et je ressens comme une énorme violence de devoir choisir entre «homme» et «femme» sur un formulaire, même si j'ai le droit de mettre la case «femme».

Du coup, à la réflexion, je ne suis pas une femme. Ce qui ne veut pas dire que je sois sans genre : je parle au féminin, je m'habille de fait avec des vêtements plutôt associés à la féminité (sauf pour les chaussures), et si je dois le faire, je me définirais de genre «féminoïde», comme «une trans'» ou «une pasfemme». Si on prend le cliché un peu pourri comme quoi les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus, alors je serais sur un satellite de Vénus (sauf que autant cette jolie métaphore marcherait bien dans l'autre sens, en satellite de Mars, puisque je pourrais dire que je suis sur Phobos ou Deimos, autant là, vu que techniquement Venus a pas de satellite connu, ça tombe un peu à plat).

Voilà, petite mise à jour pour ceux que mes tergiversations transidentitaires intéressent.

Notes

[1] Pas «entre les deux», parce qu'«entre les deux», ça fait quand même très bayrouiste. Ni l'un ni l'autre, plutôt.

[2] Ou, en tout cas, d'essayer. Le fait que je considère que j'ai le droit de vivre d'une telle manière ne veut malheureusement pas dire que tout le monde va l'accepter.

mardi, mai 6 2008

Changement de nom

Aujourd'hui, c'est une annonce, car j'ai décidé de changer de nom. Ta-da !

Non pas de ce blog qui reste Red is Undead (et qui reste toujours aussi rouge, toujours aussi non-mort et toujours vaguement en anglais quand j'arrive à me bouger un peu).

Mais bel et bien de moi.

Et maintenant fini les pseudos, je poste sous mon nom d'état-civil[1], Élisabeth Henry, ou, plus court, Elly.

L'idée étant que vu que j'utilisais le pseudo depuis un certain temps sur Internet et que quelques copains m'appellent aussi comme ça en vrai (\o_ coucou s'ils passent ici), d'officialiser la chose et d'en finir avec "Fred" qui sonne au mieux mixte alors que j'aimerais bien qu'il y ait au moins un tru c chez moi qui fasse un peu féminin (d'accord, Elly est aussi un prénom d'homme, mais Élisabeth moins, déjà), non pas par goût religieux mais parce que ça permet d'expliquer plus facilement aux gens qu'il faut dire «elle» pour parler de moi.

Par contre je garde «Fred Nera» pour pseudo des textes que j'ai écrits (même si j'hésite à prendre «Eliza Battery» comme nouveau pseudo au moins pour les textes SF).

Autrement dit, quand l'opération sera terminée, mon pseudo sera devenu mon vrai nom et mon vrai nom mon pseudo /o\

Voilà, c'était un billet totalement inintéressant, mais je tenais à le dire.

Notes

[1] Sauf que l'état-civil n'est pas au courant

mercredi, janvier 9 2008

Twin peaks

Histoire de commencer doucement l'année, un petit billet pas trop recherché...

J'ai découvert Twin peaks l'année dernière, et j'ai tout de suite été fan (du prix de la version DVD en France, moins...).

J'aime beaucoup l'ambiance générale de la série, malgré le côté parfois un peu lent de l'intrigue. Le côté un peu surréaliste. Dale Cooper.

Mais je crois que ce que j'ai vraiment aimé, c'est le personnage de Denise Bryson, interprêté par David Duchovny (oui, celui qui a ensuite joué Fox Mulder dans X-Files).

Sans trop «spoiler» pour ceux qui n'auraient pas vu cette série, dans la deuxième saison Denise Bryson travaille pour le DEA et doit enquêter sur le héros de la série, Dale Cooper. denise_bryson.jpg

Accessoirement, elle est trans' : le héros s'attend à voir arriver Denis (qu'il connaissait auparavant) et voit à la place Denise.

Ce que j'aime vraiment c'est que, contrairement à d'autres personnages de trans' apparaissant dans la fiction, cet aspect du personnage n'en est finalement qu'un parmi d'autre et elle n'est pas définit que par ça. En cela je trouve cette présentation vachement plus positive que la grande majorité de celles que j'ai pu voir dans la fiction jusqu'à présent.

Mais bon, mon avis est peut-être biaisé par le fait que je sois fan au départ de la série :o

mardi, novembre 27 2007

Manifestation étudiante

Aujourd'hui à Marseille, il y avait une manifestation étudiante et lycéenne. En fait dans le titre j'ai mis «manifestation étudiante», mais c'est quand même surtout des lycéen/ne/s, venu/e/s en masse.

On doit être entre un bon millier, je dirais. Je ne sais pas trop compter. Beaucoup de lycéen/ne/s donc, qui occultent presque les étudiant/e/s, présent/e/s mais pas tant que ça. Une banderole «Sauver la recherche» regroupe derrière elle quelques militant/e/s plus âgé/e/s, mais ils ne sont quand même pas très nombreux.

Le service d'ordre étudiant est bien organisé et veille à ce qu'il n'y ait pas de soucis (en tout cas jusqu'à ce que j'ai bifurqué au métro, c'est peut-être parti en live après).

À un moment, deux camarades de Sud-étudiants discutent d'un type à l'allure patibulaire qui a ramassé une barre de fer et joue avec. C'est, expliquent-ils, un gars de la BAC. Ils le reconnaissent : ils avaient déjà eu affaire à lui. On discute, je regarde ce type, et là d'un coup le flash : je n'en suis pas tout à fait sûre, mais il me semble l'avoir déjà croisée.

Pas dans une manif, mais au bistro. Le copain du frère d'une copine. Un type effectivement flic et visiblement space qui se vantaient de ses exploits sans qu'on sache trop s'il était mythomane ou pas. Personnellement, j'espère.

Déjà là il m'avait mise mal à l'aise, mais dans une manif je n'ai vraiment pas envie qu'il me reconnaisse. Je tourne la tête pour éviter qu'il voit mon visage et me lance dans le mini-cortège de la Jeunesse Communiste en vaincant brièvement mon agoraphobie latente.

Je suis une lâche, mais j'assume pleinement.

mercredi, novembre 14 2007

Depuis Paris

  • Ouais maintenant je poste même quand je suis en déplacement, genre ce blog peut pas rester sans mise à jour une semaine...
  • Je sais pas si c'est à cause de la grève, mais j'ai l'impression que les voitureux conduisent encorent plus mal et sont encore plus des gros cons qu'à Marseille...
  • Le Velib c'est pas mal (enfin si, quand meme un peu, c'est pas idéal). Par contre je sais pas qui a dit que le vélo ne s'oubliait pas, mais il se plantait.
  • J'ai pas vu d'étudiants mobilisés. J'ai raté la manif à une demi heure près pour tomber sur les nettoyeurs de rue. Par contre qu'est-ce qu'est-ce que j'ai vu comme flics...
  • C'est un billet complètement inutile, certes, mais comme ça, ça fait vrai blog.

samedi, novembre 10 2007

Pourquoi je suis trans'

Si globalement les revendications trans' commencent doucement à être un tout petit peu prises en compte, il y a l'air de rien une question qui revient de temps en temps : «pourquoi ?».

Les explications au pourquoi de la transsexualité sont en fait diverses. Personnellement, je pense que ça n'a pas vrai grande importance ; mais, d'un autre côté, c'est un blog, alors...

Bien sûr, c'est sommaire ; bien sûr, c'est basé sur du vécu et des impressions, mais voilà, en tout cas à cet instant T, mon explication à cela. Pas pourquoi des gens sont trans' en général ; pourquoi moi, je le suis.

Et la raison tient, en fait, en quelques mots : «parce qu'on m'a élevée pour être un homme».

Ce n'est pas «parce qu'on m'a élevée pour être un homme alors que je me sentais femme à l'intérieur». C'est de la connerie que je peux sortir à un psy, mais ce n'est pas vrai. Je ne suis pas née en ayant une «âme» féminine. Non. Juste «parce qu'on m'a élevée pour être un homme».

Entendons-nous bien. Si j'avais eu un vagin et qu'on m'avait élevée pour être une femme, je pense que ça reviendrait au même. Ou pas vraiment, puisque je serais «ftm» (female-to-male) au lieu de «mtf » (male-to-female). Ou «fto» (female-to-other) au lieu de «mto» (male-to-other), bien que ce soit moins usité.

Ce n'est pas une question de nature de mon âme ou de quoi que ce soit.

C'est simplement que l'assignation de genre pue.

Qu'on m'empêche de mettre des jupes ou qu'on me force à en mettre, ça revient au même : on décide à ma place. La société décide que j'ai un pénis et que par conséquent je dois parler au masculin. La société décide que j'ai un pénis et que par conséquent je dois parler au féminin.

Qu'ils aillent au diable.

C'est politique.

Ce n'est pas que politique, parce qu'il y a aussi un vrai malaise à être considéré comme un homme. Mais c'est aussi politique. C'est juste une réaction à la coercition de genre.

Bien sûr, c'est une théorisation. Des fois, ça m'arrive de me dire «ah, si j'étais une femme biologique». Ou simplement «ah, si je n'avais pas des épaules aussi larges, un poids aussi important et aussi peu de chance pour passer pour une femme biologique».

Mais, à mon avis, la source de tout ça est la coercition de genre. [1] S'il m'arrive de désirer être une «vraie» femme (au lieu de simplement une femme trans' comme c'est le cas la plupart du temps), ce n'est pas parce que j'ai un cerveau féminin, que mes parents m'ont fait porter des jupes quand j'étais petite ou parce que je suis un homosexuel refoulé. C'est parce que je ne suis pas un homme. Je suis mâle, oui, mais toute mon adolescence a été conduite à me montrer que je n'étais pas un vrai homme. Je ne pense pas que grand-monde le soit, en fait. C'était juste un peu plus le cas que pour d'autres. Je n'étais pas un garçon effeminé. Je n'étais juste.. ben, pas viril non plus. Et ça pose déjà problème.

J'aurais pu vivre avec, je pense. Honnêtement. Je ne vis pas si mal que ça en homme. Ça m'énerve un peu, c'est tout.

Seulement, et c'est là éminemment politique, je pense que j'avais un choix. Le choix entre vivre en homme, pas franchement bien mais pas desespérement mal non plus, en compensant sur la nourriture ou en m'échappant dans des livres, films et jeux vidéos : ça m'allait plutôt bien (et je ne compte pas tant que ça arreter les livres, films et jeux vidéos, en fait :p) ; ou alors, vivre en trans', avec tous les problèmes que ça peut entraîner, notamment au niveau de l'emploi et du rapport aux proches, mais avec un avantage certain : me sentir peut-être mieux (pas gagné) et, surtout, dire MERDE à ce système essentialiste binaire.

Honnêtement, je ne pense pas que j'aurais fait le second choix si je n'avais pas été révolutionnaire. (Ou peut-être que je l'aurais fait, mais plus tard. Ou peut-être que le monde entier n'aurait rien à voir à cause de ça. Ce qui est bien avec des hypothèses, on peut tout se permettre). En ce qui me concerne ce n'est pas vraiment deux choses que je peux séparer.

Notes

[1] Voire, pour être un peu provoc', le totalitarisme de genre. Totalitarisme ça fait tout de suite extrême, mais j'avais entendu quelqu'un qui expliquait que la différence entre une dictature et un totalitarisme, c'est qu'une dicatuture impose des choses, tandis que le totalitarisme va plus loin : il impose qu'on soit d'accord avec elles. Or, c'est bien ça : le simple fait de ne pas montrer une adoration pour le genre dans lequel on a été assigné peut valoir d'être discriminé, du mauvais regard au meurtre en passant par le refus d'embauche.