Red is undead

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jeudi, mai 15 2008

DSM-V

Prélude : ceci est un simple copier/coller d'un post écrit sur le forum de l'association trans' Sans Contrefaçon, ce qui explique le style moins travaillé que les autres billets :p

Pour donner un peu de contexte, le DSM (Diagnostic and Statistics Manual) est un outil de classification américain des maladies mentales. La version actuelle est la quatrième (DSM-IV). Parmi les maladies mentales se trouvent le «trouble de l'identité sexuelle» concernant les transsexuels, et le «transvestisme fétichiste» pour les travestis. On aurait pu espérer qu'une réforme de ce système améliorerait les choses de ce côté ; mais c'est mal barré.)


Bon si j'ai bien compris le DSM-IV devrait être révisé dans pas trop longtemps.

J'ai vu un billet ricain comme quoi l'assoce des psychiatres américains (APA) avait choisi des représentants on ne peut plus réacs poaur discuter là-dessus (j'ai trouvé ça via le blog Questioning Transphobia que je trouve intéressant pour suivre un peu ce qui se passe sur les questions trans' outre-atlantique)

Je copie/colle/traduis qu'une partie du post parce que j'ai la flemme, le reste est en anglais mais je vous encourage à lire.

Dans la "Task Force", nommé en tant que "chair" (responsable?) des Troubles Sexuels et d'Identité de genre, nous trouvons le Dr. Kenneth Zucker, du fameux Centre for Addictions and Mental Health (CAMH, auparavant le Clarke Institute) de Toronto. Dr. Zucker est connu pour utiliser des thérapies réparatives (i.e. "ex-gay") pour "guérir" les enfants gender-variant. Nommés dasn son groupe de travail, nous trouvons le mentor de Zucker, le Dr. Ray Blanchard, Chef des services de sexologie clinique au CAMH et createur de la théorie de autogynephilie, categorisée comme paraphilie et définie comme "la tendance paraphile d'un homme à être sexuellement excité par la pensée ou l'image de lui en femme".

Les Drs. Blanchard, Zucker, J. Michael Bailey (dont les traveaux ont même été jusqu'à toucher à l'eugénisme) et un petit cadre d'autres sont les «proposeurs» de diviser la population transsexuelle par l'orientation sexuelle ("transsexuels homosexuels" vs "autogynophiles") et se sont, de manière répété, opposées à la World Professional Association for Transgender Health (WPATH, auparavant HBIGDA), et ont de manière ouvertes «défiés» les Standards de Soins que maintient WPATH (modelé d'après les Standards de Soins originels développés par le Dr. Harry Benjamin) en faveur de techniques de conversion. Les «supporters» de Blanchard et Bailey incluent aussi le Dr. Alice Dreger, qui a re-stigmatisé le traitement des intersexes, le sexologue controversé Dr. Anne Lawrence, et le Dr. Paul McHugh, qui avait commencé sa carrière en lançant une croisade pour fermer la Clinique de Genre à Johns Hopkins University et en étant un de nos plus fervenst détracteurs.

Un danger additionnel dont les communautés gay et lesbienne doivent être informées est que si Zucker et compagnie fixent la thérapie de conversion dans le DSM-V, alors c'est une aussi étape claire et dangereuse vers une légitimisation des thérapies "ex-gay" et de re-stigmatisation de l'homosexualité.

(en m'excusant pour les anglicismes et les erreurs. Le terme "thérapie ex-gay" telle que je l'ai compris désigne une thérapie qui "guérirait" les homos en les rendant hétéros.)

Si je comprends bien le DSM n'est fait que par les psychiatres ricains, contrairement au CIM (classification internationale des maladies) qui vient de l'OMS. Cependant je pense qu'un changement, positif comme négatif, aurait des repercussions qui se limiteraient pas aux states.

Mise à jour du 15 Mai : il y a maintenant une pétition à signer !

mardi, mai 6 2008

Changement de nom

Aujourd'hui, c'est une annonce, car j'ai décidé de changer de nom. Ta-da !

Non pas de ce blog qui reste Red is Undead (et qui reste toujours aussi rouge, toujours aussi non-mort et toujours vaguement en anglais quand j'arrive à me bouger un peu).

Mais bel et bien de moi.

Et maintenant fini les pseudos, je poste sous mon nom d'état-civil[1], Élisabeth Henry, ou, plus court, Elly.

L'idée étant que vu que j'utilisais le pseudo depuis un certain temps sur Internet et que quelques copains m'appellent aussi comme ça en vrai (\o_ coucou s'ils passent ici), d'officialiser la chose et d'en finir avec "Fred" qui sonne au mieux mixte alors que j'aimerais bien qu'il y ait au moins un tru c chez moi qui fasse un peu féminin (d'accord, Elly est aussi un prénom d'homme, mais Élisabeth moins, déjà), non pas par goût religieux mais parce que ça permet d'expliquer plus facilement aux gens qu'il faut dire «elle» pour parler de moi.

Par contre je garde «Fred Nera» pour pseudo des textes que j'ai écrits (même si j'hésite à prendre «Eliza Battery» comme nouveau pseudo au moins pour les textes SF).

Autrement dit, quand l'opération sera terminée, mon pseudo sera devenu mon vrai nom et mon vrai nom mon pseudo /o\

Voilà, c'était un billet totalement inintéressant, mais je tenais à le dire.

Notes

[1] Sauf que l'état-civil n'est pas au courant

samedi, avril 19 2008

Mes écrits : la faux et le marteau

Pour continuer sur les textes que j'ai écrits, cette semaine ce sera La faux et le marteau, qui est une nouvelle assez courte, que je peux donc me permettre de copier ici.


Le colonel Colin regardait les déserteurs alignés contre le mur lorsqu’il s’aperçut de la présence de la femme, au bord de son champ de vision.

Du moins, il pensait que c’était une femme, mais elle avait un physique plutôt androgyne. Si le colonel Colin ne l’avait jamais vue par le passé, il se serait demandé ce qu’elle faisait là, mais il avait déjà eu l’occasion de la croiser de nombreuses fois sur le champ de bataille. Quand bien même cela n’aurait pas été le cas, le fait qu’elle était appuyée contre une faux dont la lame était au sol aurait pu lui donner une idée de son identité.

Le colonel Colin se rappelait avec beaucoup de détails la première fois qu’il avait vu la Mort. C’était pendant son service militaire, lorsqu’il avait abattu un terroriste du coin qui voulait s’en prendre à son régiment avec un cocktail molotov. Il n’avait aperçu la Faucheuse que pendant peut-être un quart de seconde, mais l’image s’était gravée sur sa rétine à vie, et il n’avait jamais douté de ce qu’il avait vu.

Au cours de sa carrière militaire, il l’avait recroisée à de nombreuses reprises. Pour ce qu’il en savait, il était le seul à être capable de la voir. Il considérait cela comme une sorte de privilège, et aimait à penser qu’il avait une sorte de lien avec elle, peut-être en raison du nombre importants d’ennemis qu’il lui avait envoyés.

Pour cette raison, le colonel sourit brièvement en voyant la Faucheuse assister à l’exécution, puis il se mit à lister les noms des déserteurs et les raisons de leur condamnation.

Ils étaient environ une vingtaine. Non seulement ils avaient refusé de se battre, mais avaient carrément sympathisé avec les soldats ennemis. Le colonel prononça quelques phrases dont il fut assez fier pour humilier les traîtres à leur patrie, puis il donna l’ordre d’exécution.

Un des condamnés, plus brave ou plus illuminé que les autres, commença à répondre :

« Je pisse sur la patrie ! Tous les hommes sont... »

Mais il n’eut pas le temps de terminer sa phrase car une balle l’atteignit entre les deux yeux, et il s’écroula.

Le colonel jeta un coup d’œil satisfait et s’apprêtait à donner l’ordre de ramasser les cadavres lorsqu’il entendit :

« ... frères. Si les voleurs qui sont au pouvoir... »

Il y eut de nouvelles détonations et le condamné qui avait manifestement du mal à mourir se tut à nouveau. Avant de reprendre, en commençant à se relever :

« ... veulent piller un autre pays, qu’ils le fassent... »

Nouvelle salve. Le colonel constata avec horreur que l’homme n’était pas le seul à se relever, mais que tous les fusillés semblaient encore en vie, malgré les trous dans leur peau et le sang qui coulait de partout.

« ... eux même », termina l’homme, non sans difficulté, car une balle lui avait perforé la gorge.

Il était maintenant debout, tandis que les autres condamnés finissaient de se relever. Un certain nombre des soldats qui avaient assisté au spectacle avaient déjà lâché leur arme et pris leurs jambes à leur cou.

Le colonel Colin alla se planter en face de la Mort, qui était toujours appuyée contre sa faux, et lui demanda :

« Bon sang ! Qu’est-ce qu’il se passe ? Pourquoi ils ne meurent pas ?

— Vous pouvez me voir ? demanda la Mort, manifestement étonnée.

— Évidemment, sinon je ne vous parlerais pas ! s’emporta le colonel. Qu’est-ce qu’il se passe ?

— Il se passe, expliqua calmement la Mort, que je suis en grève.

— Quoi ? demanda le colonel. Vous ne pouvez pas !

— Si, je peux. Vous savez combien de morts vous m’avez envoyés depuis les cinq dernières années ? Vous avez idée du travail que ça demande ? Alors, voilà. Je suis en grève. »

Les morts, ou en tout cas ceux qui auraient dû l’être, s’approchaient lentement du colonel, mais celui-ci ne leur prêta pas attention.

« Vous n’avez pas le droit ! s’emporta le colonel alors qu’un non-mort posait sa main sur son épaule. Je vous ordonne de reprendre le travail !

— Oh ? fit la Mort. Vous m’ordonnez ? Dans ce cas, d’accord. »

Elle s’empara de sa faux au moment précis ou un non-mort mordait le colonel au cou.


A noter que c'est une version légèrement raccourcie du texte initiale, qui concluait une conclusion supplémentaire qui ne rajoutait pas grand-chose. Je voulais le mettre aussii mais manque de pot, je ne le retrouve plus /o\

Ce texte date un peu (bon le précédent aussi, soyons honnête), et je l'avais écrit un peu comme ça, sans trop me prendre la tête. Bizarrement, j'ai eu pas mal de retours positifs dessus quand je l'ai posté sur InLibroVeritas.

Avec le recul je pense que l'aspect intéressant c'est justement qu'il est court et basé sur une idée (la Mort qui fait grève), contrairement à beaucoup d'autres de mes nouvelles qui servent finalement plus à "tester" si un personnage peut faire des histoires intéressantes et pour commencer à m'y familiariser. Du coup fatalement en général en tant que nouvelles elles sont pas forcément géniales. Bref.

Bon sur ce texte je vois pas trop commenter étant donné que l'interprétation est assez directe. La seule chose que je peux dire c'est que j'ai été inspirée par un couplet de l'Internationale dont je suis vraiment fan :

Les rois nous saoulaien de fumée, paix entre nous, guerre aux tyrans. Appliquons la grève aux armées, crosse en l'air et rompons les rangs. S'ils s'obstinent, ces cannibales, à faire de nous des héros, ils sauront bientôt que nos balles sont pour nos propres généraux.

mercredi, avril 16 2008

Pourritures

Alors en vrac, les news du moment: Croix gammée façon John Heartfield

D'ores et déjà, les préfectures piègent les sans-papiers. Certes, ce n'est pas une nouveauté.

On va précariser encore plus les chômeurs..

Et puis, cerise sur le gâteau, Bachelot qui explique que quand même, les lunettes, c'est pas à la sécu de le prendre en charge (le peu qui l'était, en tout cas). Les pauvres n'ont pas besoin de voir, de toutes façons ils ne peuvent pas se payer de bouquins ou de dvd.

Et, pour finir la journée, le collectif contre l'homophobie qui saisit la Halde parce que le ministère de l'Intérieur compte mettre en place chez les keufs un nouveau logiciel, nommé Ardoise, pour remplir plein d'informations sur non seulement les «suspects» mais aussi les témoins et les gens qui viennet porter plainte. Comme genre d'information ? Si quelqu'un est permanent syndical, homosexuel, ou transsexuel.

Hé, les gars, vous faites les choses à moitié, ou quoi ?

Vous avez oublié la case «juif»...


(Mise à jour du 16/04/08: pour compléter mon point Godwin - que j'assume pleinement)

Par contre, je sais pas si les cases disponibles seront vraiment utilisées dans toute leur dimension sur leur terrain... ça existe vraiment, des flics qui savent faire la différente entre les pédés, les travelos et les trans' ?

mardi, avril 8 2008

Mes écrits : Impossible mission

Dorénavant, histoire que ce blog parle aussi un peu de littérature comme c'était voulu au départ, je vais faire quelques billets sur les nouvelles et romans que j'ai pu écrire. En plus l'intérêt c'est que c'est assez facile, puisque c'est déjà écrit. J'essaierai de pondre un billet là-dessus régulièrement.

Cette fois-ci, c'est à propos de Impossible mission, qui est l'une des nouvelles courtes les plus anciennes que j'ai écrites et pas jetées à la poubelle depuis.

Comme c'est un texte pas trop long, je vais le mettre en entier, et je mettrai mes commentaires à la suite.

Lire la suite...

Un transsexuel enceint, OMG!!!!111

Pour celles et ceux qui auraient raté l'information capitale, c'est l'histoire de Thomas Beatie, qui est un trans ftm (femme vers homme). Si on parle (ou qu'on a parlé) de lui, c'est parce qu'il est enceint.

Et donc toutes les réactions du genre «OMG un homme enceint». J'avoue que moi aussi j'avais trouvé ce genre d'information intéressante parce que ça remet en cause le modèle binaire et tout ça.

Mais en fait, ce qui est surtout intéressant dans les articles et dans les commentaires, ce n'est pas tant ce que ça dit sur le(s) trans', sur le(s)quel(s) on en apprendra assez peu [1], mais plutôt ce que ça permet de dire sur les «observateurs» cisgenres.

Sans vouloir citer exactement en reprenant des exemples précis parus, en gros les quelques exemples de réaction étaient les suivantes (oui, je rajoute le style kikooolol pour bien illustrer le niveau):

C'est un poisson d'avril ? lol

Bon à la limite la réaction d'incrédulité, pourquoi pas, je peux comprendre. Mais c'est quand même un tout petit relou que ce qui touche aux trans' soit toujours considéré comme une blague.

Le premier transsexuel enceint au monde !!!!!!

Ça, ça en dit long sur les médias : quelque chose qui n'a pas été médiatisé n'existe pas. Et de fait, non, Thomas Beatie n'est pas le premier. Personnellement j'ai vu des photos d'un trans ftm enceint il y a à peu près un an, et il n'est pas improbable qu'il y en ait eu d'autres avant.

Enfin, c'est encore l'inexactitude la moins gênante.

ONOZ! Là quand même ça va trop loin !

Bon, ça c'est sans commentaire.

Mais non vous êtes vraiment cons de déverser votre haine comme ça. C'est une femme qui a un gosse, c'est pas anormal, elle a juste de la barbe.

C'est toujours amusant les réactions qui à la fois sont censées te défendre mais nient en même temps ton identité de genre.

C'est très con quand même, à cause de cas comme ça les réactionnaires vont plus laisser les trans' changer d'état-civil

Comme le cas précédent, une autre illustration du dicton : «avec des amis comme ça, pas besoin d'ennemis».

Bon, je vais m'arrêter là (je passe les commentaires qui dénotent d'une ignorance pire que moi en matière d'anatomie, du genre, non, les seins ne repoussent pas après une mastectomie), mais le traitement des trans' et autres personnes «bizarres» par les médias, qui vire toujours au spectaculaire (certes c'est assez vrai de tous les sujets traités méditiquement) mériterait une analyse plus poussée.

Notes

[1] Pour ceux que ça intéresse, je suggère plutôt de lire l'article écrit par l'intéressé, même s'il est en anglais. Il évoque notamment les réticences des médecins.

jeudi, avril 3 2008

Non mixité

À l'extrême-gauche, quand on s'implique un peu dans les questions féministes, on est souvent confronté, à un moment ou à un autre, à la non-mixité.

Voire, je serais tentée de dire, LA non-mixité.

En effet il n'est en général pas jugé nécessaire de préciser de quelle non-mixité il s'agit, vu qu'il est bien connu qu'il n'y a pas d'autres critères pertinents qui pourraient mériter une non-mixité.

Cette non-mixité, c'est la non-mixité «femmes».

Du point de vue politique, je suis tout à fait pour cette non-mixité. Je pense effectivement qu'il est pertinent qu'un groupe opprimé puisse se regrouper sans individus du groupe opresseur, quand bien même ces individus jurent qu'ils ne peuvent pas être sexistes.

Je trouve que les arguments donnés pour combattre cette non-mixité sont souvent nuls, voire parfois problématiques (par exemple, nier qu'il y ait toujours une oppression sexiste, y compris dans les groupes d'extreme-gauche, je trouve ça problématique).

Ceci étant dit, du point de vue personnel, j'ai toujours très mal vécu cette non-mixité.

Déjà parce que, comme je l'ai dit plus haut, il n'est jamais précisé de quelle non-mixité il peut bien s'agir et je trouve que ça revient à enlever la légitimité des autres formes de réunion en non-mixité, qui pourtant existent parfois sans être assumées (par exemple si on fait un truc spécifique «jeunes» c'est de fait très souvent une réunion non-mixte jeunes.)

Mais ce n'est pas ce qui me gêne le plus, parce qu'on pourrait arguer du fait que le mot de «mixte/non-mixte» renvoie à la question du genre et que par conséquent pour d'autres critères il faudrait d'autres termes. À la limite, peu importe.

Ce qui me gêne surtout, c'est que ce n'est pas précisé comment ça s'applique.

Concrètement, est-ce que c'est une réunion sans hommes ? ou une réunion avec que des femmes ?

Et c'est là qu'on touche à un problème : y compris à l'extreme-gauche, il est très très très très très très très dur de faire admettre qu'il peut y avoir autre chose qu'homme et femme.

Ou plutôt, plus exactement, il est très facile de faire admettre qu'il peut y avoir autre chose qu'homme et femme au moment de signer un texte LGBTI ; le problème est l'application en pratique.

Et accessoirement, se pose une autre question : pour moi, une réunion non-mixte femmes c'est une réunion non-mixte de TOUTES les femmes, y compris les femmes transsexuelles.

Cependant, je sais que ce n'est pas toujours évident pour les personnes qui organisent la réunion. Donc concrètement s'il n'y a pas plus de précision, voir «réunion on-mixte» ou «groupe non-mixte» ça veut dire concrètement angoisser parce qu'on ne sait pas si on va être rejetée ou pas.

Et du coup, en général ça veut dire ne pas prendre le risque et s'abstenir.

Donc voilà, pour moi LA non-mixité à l'heure actuelle c'est nécessaire, mais c'est douloureux.

Sauf parfois, il faut le signaler, les groupes qui disent explicitement que les trans sont acceptées (ou acceptés[1]), ce qui fait du bien.

J'espère qu'à l'avenir ça se generalisera ou que, mieux, il n'y aura plus à se poser la question, mais en attendant, c'est pas toujours évident d'être trans' et féministe.

Notes

[1] L'idée lorsque c'est le cas c'est de dire que les hommes trans, quoique honmes, sont aussi victimes de par leur statut trans' de l'oppression masculine

mardi, avril 1 2008

Lette publique

Je n'avais pas prévu de le faire sur ce blog, mais voilà une lettre publique suite à ma démission de la LCR, pour ceux que ça intéresse.


Suite :

  • au sectarisme de plus en plus grave de la LCR qui l'a conduit à ne pas faire d'accord politique avec le parti socialiste dans le but de faire gagner la gauche ;
  • à son refus de voir le MODEM comme une force progressiste de gauche ;
  • à l'initiative de création d'un «Nouveau Parti Anticapitaliste» qui fait de sa haine du Parti Socialiste une clé de voute ;
  • à la purge néo-stalinienne de Christian Picquet et de la minorité ouverte de la LCR ;
  • au refus, en 2007, de suivre la candidature antilibérale unitaire qui avait désigné démocratiquement Marie-George Buffet ;
  • au refus, en 2007, de suivre la candidature antilibérale unitaire qui avait désigné démocratiquement autrement José Bové ;

je démissionne de la LCR. J'avais espoir que ce parti espérait vraiment refonder une gauche, mais je m'aperçois qu'il ne s'agit que de s'ancrer dans l'opposition.

Il me paraît clair que la période nécessite une gauche véritablement unie, proposant une alternative politique claire, capable de prendre le pouvoir.

C'est pourquoi j'ai décidé, même si je peux avoir quelques désaccords minoritaires avec certaines de ces tendances, de rentrer au Parti Socialiste, le seul capable de proposer une alternative politique à la situation actuelle.

dimanche, mars 30 2008

Binarité, déconstruction, etc.

Dans un certain milieu «lgbt» radical il me semble qu'on parle beaucoup de déconstruction ; en particulier de déconstruction de genre. Je n'ai pas grand-chose contre. Personnellement, je trouve que ça a des limites et que c'est quand même beaucoup parler pour ne pas faire grand-chose, mais comme on dit, chacun fait ce qu'il veut, ou en tout cas se pose les questions qu'il veut et se définit comme il veut.

Par contre, à la longue, ça m'énerve un peu qu'on m'explique que je suis dans cette approche.

Prenons un exemple concret.

Je porte des jupes. C'est un fait.

Il y a des raisons pour lesquelles je porte des jupes ; ou en tout cas on essaie parfois d'en trouver. Et les raisons que l'on me prête en disent souvent plus sur la personne qui formule l'hypothèse que sur moi. Dans le milieu «hétéro» pas conscient des problématiques de genre, par exemple, on m' a souvent sorti que c'était parce que je viendrais d'Écosse[1], pour faire samouraï ou parce que je serais «excentrique» ; dans le milieu «trans», l'hypothèse est souvent que c'est parce que je suis trans', ce qui me paraît la raison la plus plausible [2]; et enfin dans le milieu dont je parlais ci-dessus on avance que ce serait par déconstruction de genre.

Je peux comprendre qu'il y ait confusion entre une trans mtf en début de transition, pas super visible et un homo au look «folle» qui porte des jupes aussi. La différence n'est pas super visible. (Elle est, cependant, perceptible ; il est significatif qu'aux UEEH par exemple 100% des trans' m'aient adressée la parole en me parlant dans le bon genre et 98% des non-trans' dans le mauvais).

Cependant, quand je parle de manière répétée au féminin, que j'essaie de corriger quand les interlocuteurs se trompent (pas assez fort, parce que je suis timide), ou que je dis clairement que je suis trans', la persistance dans les erreurs et à parler de déconstruction de genre me pèse un peu.

Du point de vue du genre, je me considère un peu comme le chat de Schrödinger.

C'est-à-dire que certaines personnes (notamment, donc, le milieu gay radical) me prennent pratiquement comme un exemple vivant de personne à la fois masculin et féminin, tout comme le chat de Schrödinger est pris comme exemple de la théorie quantique pour dire qu'un truc peut s'être s'être produit et ne pas s'être produit en même temps, tant qu'on n'a pas regardé.

Comme pour le chat de Schrödinger, schrodinger_s-lolcat.jpgc'est simplement que les gens n'ont pas compris.

Schrödinger prend l'exemple de ce chat parce qu'il ne croit pas en la théorie quantique. C'est une démonstration par l'absurde : un chat est mort ou il est vivant, ce n'est pas décidé au moment où on regarde dans la boîte ; c'est juste qu'on ne sait pas. (Il se trouve que Schrödinger avait tort, mais ce n'est pas le débat.)

De même ce n'est pas parce qu'une personne ne sait pas quel est mon genre que ce genre n'est pas défini et que je serais les deux en même temps.

Je suis de genre féminin. Point.

Il n'y a pas de déconstruction de genre là dedans ; puisqu'au contraire toute la difficulté pour moi a été d'accepter ce fait. Il y a déconstruction éventuelle de certaines habitudes que l'on m'a fait prendre, mais pas de mon genre. Quand je porte une jupe je ne «déconstruis» pas mon genre : je l'affirme.

Après on pourrait se poser la question de pourquoi je me suis construite comme ça ; je ne crois pas que ce soit de naissance, mais je ne saurais pas expliquer dans le détail comment ça s'est fait.

Dans l'ensemble, je vois à peu près, mais dans le détail non. Dans l'ensemble, c'est le résultat complet du système binaire de genre : on est un homme ou une femme. Je ne rentre pas dans le modèle masculin, ergo je suis une femme. Le côté subversif, déconstruction, queer, là-dedans, on repassera.

La déconstruction, pour moi, ce n'est pas l'utopie tant vantée par ceux qui ont ce mot à la bouche. C'est la proposition, voire l'imposition, implicite ou explicite, de me «déconstruire» pour être peut-être un homme «marginal», «bizarre», «pédé», «qui se travestit chez lui» ou je ne sais quoi ; mais en tout cas pour ne pas être une femme.

Parce que finalement, maintenant, on arrive à tolérer assez facilement (en particulier dans le milieu gay) un type marginal, bizarre, pédé ou qui se travestit chez lui : après tout, chacun fait ce qu'il veut, tout le monde est gentil, tout le monde est tolérant. Par contre, lorsque cette personne prétend être une femme, la tolérance abstraite devient plus compliquée et c'est, pour le coup, très binaire : soit on accepte et on fait l'effort de parler de cette personne dans le bon genre et de la considérer comme une femme ; soit on refuse et il n'y a plus d'hypocrisie possible, on ne peut plus se cacher derrière la troisième voie de la «tolérance» qui ne demande aucun effort.

Autrement dit : je n'ai absolument rien qu'on m'explique que je fais de la déconstruction de genre parce que je ne porte pas de maquillage, ou parce que je ne me rase pas les jambes ; en revanche, si c'est parce que je porte une jupe ou des bas, j'ai du mal à ne pas trouver ça insultant, parce que ça veut dire qu'au final, on me considère toujours comme un mec.

Notes

[1] J'ai des origines lointaines écossaises, cela dit, mais à moins que ça ne soit génétique, ça ne vient pas de la.

[2] Même si on pourrait se demander si je porte des jupes parce que je suis trans' ou si je suis trans' parce que je porte des jupes ; mais en tout cas je pense que si je n'étais pas trans, je n'aurais jamais porté de jupe.

vendredi, mars 28 2008

La LCR, la démocratie et les médias

C'est Le Monde, via un article de Sylvia Zappi, qui a (à ma connaissance) tiré en premier : la direction de la LCR licencie son principal opposant. L'express a repris en le modifiant un peu : la LCR licencie le principal opposant de Besancenot, histoire de «personnaliser» un peu le débat[1]. Libération suit et relance : Soupçons de purge à la LCR après un licenciement.

La LCR a apporté un communiqué de précision, bon voilà.

En gros, récapitulons les faits, que les fidèles lectrices/eurs de ce blog n'ont peut-être pas suivi, ce qui n'est pas un gros manque :

  1. Picquet était permanent depuis 28 ans.
  2. Il est aussi membre du bureau politique de la LCR. Il y reste.
  3. Il animait parallèlement la «minorité» de la ligue. Depuis 2 ans, cette tendance se comportait en fraction publique ; elle l'a assumé véritablement depuis peu.
  4. La LCR a un nombre faramineux de permanents qui se compte sur les doigts d'une main.
  5. Comme Picquet ne faisait plus le travail pour lequel il était permanent mais à la place uniquement celui de la fraction «UNIR», la décision a effectivement été prise de revenir sur son statut (tout en faisant en sorte qu'il ne se retrouve pas «à la rue»).
  6. Parallèlement, afin de clarifier le rapport entre la LCR et sa fraction publique, il a été proposée à cette fraction un poste de demi-permanent, un budget pour permettre les déplacements et un espace hebdomadaire dans le journal «Rouge».

Je trouve l'argument selon lequel c'est une «purge» politique assez faiblard, aussi je ne reviendrais pas dessus. Cependant il y a une question qui peut être intéressante, c'est la comparaison qui a été faite avec une entreprise.

Autrement dit : le pauvre Picquet se fait licencier, alors qu'on est contre les licenciements. Quid ?

Cependant je pense que ce genre de remarque se base sur un présupposé faux, qui est qu'un parti est comparable à une entreprise.

Et si je pense que c'est faux, c'est parce que la décision de «licencier» un permanent après 28 ans me pose aussi problème.

28 ans.

Vingt-huit ans.

Je pense que c'est un problème, et pas qu'il soit licencié : qu'il soit resté près de trois décennies permanent.

Pour moi, pour être vraiment démocratique, il faudrait faire en sorte que les roles de permanent, mais aussi de direction, soit limités dans le temps à quelques années au maximum. Et quand je dis «quelques», ça veut dire largement moins de 28 ans.

On n'est pas des professionnels de la politique ; ou en tout cas, on ne devrait pas l'être. Je ne suis pas fondamentalement contre l'utilisation de permanents, qui me parait plus ou moins nécessaire dans certains cas, Mais il faut mettre des limites.

(Même si, par ailleurs, j'aimerais beaucoup être permanente à vie.)

Et là on voit bien qu'un parti n'a pas grand-chose à voir avec une entreprise : parce qu'évidemment, dans l'entreprise, je ne suis pas pour qu'il y ait des contrats limités à 4 ans au maximum. Ce n'est pas le seul point qui ne correspond pas : je suis contre travailler bénévolement pour une entreprise, alors que je pense évidemment que le militantisme doit être bénévole.

Il y a aussi une bête différence de classe. La grande majorité des militant/e/s de la LCR sont des travailleur/se/s ; c'est nous qui payons, par nos cotisations, les postes de permanents.

Et là-dessus, je trouve que tout le bruit qui se fait (notamment en parlant de purge) pour ce «licenciement» est plutôt insultant pour tous/tes les militants/es qui ne sont pas payé/e/s pour militer et ne le seront pour la plupart jamais.

Notes

[1] Qui devient du coup un peu absurde, puisque Besancenot, lui n'est pas permanent.

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